BOLIVIE : du Sud Lipez au Salar d’Uyuni du 17 au 26 mai 2017

Le trajet le plus aléatoire de notre voyage prend forme et nous excite.

Nous voici enfin en Bolivie, au Sud Lipez, à deux pas du volcan Licancabur.

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Nos lèvres se dessèchent en raison du vent très froid qui, de plus nous rabat toute la poussière de la piste sur nos véhicules ( l ‘Iveco de Lucien et Mélanie, et le nôtre).

Au poste de police, nous sommes reçus par une charmante Bolivienne qui nous rassure : il fera beau, ce sera très venté, mais nos camping-cars passeront si nous roulons doucement.DSC09490

Nous sommes en altitude à plus de 4000m, et la piste s’annonce d’emblée difficile : forte tôle ondulée qui ébranle tout dans nos pauvres véhicules, même en roulant très lentement.

Mais nous n’arrêtons pas de nous émerveiller  » que c’est beau !  »

Nous descendons sur la Laguna Blanca,

…puis sur la Laguna Verde, turquoise…P1040095

…où un motard urugayun un peu fou va se baigner …dans une eau glacée chargée en arsenic et cuivre !DSC09514

Après un passage à gué entre les deux lagunes assez pentu et périlleux, la piste devient …  » pistes …euh…laquelle ?  » toutes aussi épouvantables les unes que les autres ( sable, ornières profondes, cailloux, marches rocheuses).

On descend tous les quatre pour reconnaître le terrain, essayer de savoir par ou passer. Ca commence bien ! Enfin, Lucien se décide à passer en force et, le suivant, nous finissons par retrouver  » la  » piste principale, plus large.

Tous les mots ne pourraient décrire ce trajet indescriptible :

désert de Dali, salar Chalviri, thermes de Polquès, où nous nous garons le premier soir près de refuges ou vigognes, oies et mouettes vivent tranquillement.DSC09547.JPG

…désert de DaliDSC09575.JPG

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Si notre premier souci est de nettoyer  » à fond  » ( euh.. autant qu’on le peut),l’intérieur du camping-car blanc de poussière – elle traverse même nos couches d’habits -, la deuxième chose consiste à bien se couvrir pour la nuit.Notre chauffage fonctionne bien, heureusement, mais je (MA) sors le bonnet en laine de Fernande pour dormir… et les chaussettes ! Ca va bien descendre à moins 10°.

Notre deuxième journée débute très bien par un bain à 40 degrés. Nous sommes seuls dans la piscine, une fois les 4X4 partis. Malgré les bourrasques de vent qui nous couvrent parfois de sable et de gravier, nous n’avons aucune envie d’en sortir.

La vue sur la lagune est unique.

Nous repartons une fois que les moteurs aient cessé de fumer noir. Ils n’aiment ni le froid, ni l’altitude.

A 4870m, nous croisons des camions qui transportent de l’acide sulfurique !DSC09707.JPG

C’est très surprenant car on se croyait seuls. C’est aussi l’endroit ou il faut monter à la douane Bolivienne pour les véhicules, à 5033m…!

Ce sont des bâtiments au milieu de nulle part sur un haut plateau entouré de volcans enneigés. On hallucine tout de même. Nous y retrouvons ces fameux camions d’acide à l’usine d’acide borique installée ici.

Le douanier, en pleine forme et sympathique, mime Louis de Funès, tout en mettant les tampons sur les papiers devant Bruno et Lucien, ahuris. Une autre planète…

Il faut revenir en arrière pour retrouver  » une piste au choix vers le nord « , nous dit le douanier. Le vent est si violent que notre pare-brise est carrément et définitivement sablé ! Quant à la poussière, elle nous envahit PARTOUT. Nos cheveux deviennent blancs!DSC09715.JPG

 

Dès que nous essayons de sortir, nous sommes essoufflés. L’altiplano est désolé vers 5000m. La piste, elle, est épouvantable…et longue.

Mais soudain une merveille s’offre à notre regard : la Laguna Colorada, d’une beauté à couper le souffle…c’est le cas de le dire !

…si belle, mais si difficile à atteindre car le contournement d’un petit volcan pour y descendre se révèle un passage périlleux, caillou après caillou, très très délicat. Les Iveco souffrent, mais résistent.

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Grâce à Lucien qui passe devant et nous guide avec son tracé sur iphone, nous finissons par arriver au bord de cette grande et merveilleuse lagune rouge orangé.P1040279.jpg

La longue journée a été très éprouvante, surtout pour les garçons, qui après des kilomètres de grosse tôle ondulée, se garent devant un refuge à 4287m.DSC09776.JPG

De jeunes français faisant le tour organisé en 4X4 viennent nous féliciter…solidarité ! Mais eux auront sûrement bien plus froid que nous cette nuit. Après avoir tout re-nettoyé dans le camping-car, nous dinons tous ensemble autour d’une bonne soupe dans notre Iveco, et nous couchons rapidement.

Pour la troisième journée toujours ensoleillée, nous trainons un peu avant de faire chauffer nos moteurs.DSC09786.JPG

Moutons, mouettes et lamas tournent autour de nous,…

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…pour le plus grand plaisir du petit George, qui préfère tout de même son lapin.

Notre objectif : aller voir plus loin les flamands roses. Ils sont des centaines  » caquetant  » comme des poulets, plongeant à tour de rôle leur tête dans l’eau.

 

Après une piste de cailloux très pointus et agressifs pour les pneu, nous nous garons sur un monticule au milieu de la rive, et malgré le vent très fort qui nous épuise, nous restons longtemps auprès de ces si graciles flamands des Andes (bec et dessous des ailes noirs). Trop beau !P1040316 (2).jpg

 

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Il faut bien partir, hélas, et la suite du trajet se révèle tout aussi difficile.

Nos yeux sont rivés sur les pistes et nous sommes secoués dans tous les sens.

Le soir nous nous posons sur un domaine privé d’exploitation de sel, au bord de la Laguna Capina (4444m)DSC09953.JPG

après une tôle ondulée sévère. Et nous recommençons à tout nettoyer avant de pouvoir diner.

Le quatrième jour ensoleillé, les Iveco ont un peu de mal à démarrer, mais acceptent de laisser la lagune aux pelleteuses et camions de sel.

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Nous montons à plus de 4600m et l’Altiplano nous dévoile d’autres volcans enneigés.DSC09976.JPG

Nous croisons un couple de cyclistes britanniques déjà aperçus à la Laguna Colorada. Chapeau, rien ne les arrête !DSC09982.JPG

Des lamas aux oreilles décorées de pompons semblent bien curieux de nous voir passer.

Nous descendons sur Villa Mar, village blotti contre des falaises rouges où, après une halte,

nous franchissons un péage folklorique.

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Nous suivons au feeling, de multiples tracés de pistes et évoluons dans une immense plaine d’altitude bordée de formations rocheuses rouges très curieuses.

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Petit à petit, le sable devient majoritaire et nous devons passer en force, zigzaguant entre les ornières profondes de plus de 30cm. Nous raclons le sol avec la plaque de protection du moteur, et on n’en mène pas large. Lucien, un peu plus haut en garde au sol passe plus facilement.DSC00094

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Enfin nous arrivons à Alota après avoir passé un gué pas trop méchant.

 

C’est un gros village de maisons en adobe aux toits de chaume perdu dans une immense plaine.

Les contreforts des collines sont couverts de parcelles où les Boliviens cultivent la quinoa. Nous voici bel et bien en Bolivie profonde à 3813m d’altitude.

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Les femmes portent jupons, jupette,chaussettes, châle, chapeau, et longues nattes nouées dans le dos. A notre approche, elles se cachent.

VICTOIRE, nous venons de traverser le Sud Lipez, partie la plus redoutable de notre périple !

C’est ici que nous retrouvons une  » route  » de terre compressée.DSC00240.JPG

Dans ce village, une jolie rencontre avec deux frères qui tamisent de la quinoa nous fait chaud au coeur. Nous échangeons même des chansons de nos pays respectifs.

De Villa Alota à Uyuni, nous passons de plateaux en plateaux d’altitude.La quinoa a déjà été récoltée.

Les villages ont peu de charme, l’adobe laisse peu à peu la place aux briques creuses, les maisons ne sont pas terminées, et c’est moche.

Dans ces immensités, nous écoutons nos concerts de Coup de Choeur avec bonheur. C’est en fin d’après midi que nous arrivons à Uyuni, petite ville posée sur une zone désertique de terre battue, non loin des montagnes et en bordure de salars.

Nous sommes surpris d’y trouver des immeubles et des feux rouges. Puis nous découvrons les tags des Dakars 2014 et 2016 plaqués dans les rues.DSC00531.JPG

Retour à la civilisation au bout du monde !

Et maintenant à nous le SALAR !

Le soir même, garés devant l’entrée de la caserne avec Lucien, Mélanie et le petit George, nous sommes rejoint par d’autres français en camping-car : Daniel (pull rouge), Karen (sweet bleu), et leurs deux garçons Noé 8 ans et Paul 5 ans. Ils nous invitent tous à prendre l’apéro, et les bières refont leur apparition…nous ne sommes qu’à 3656m (normalement pas d’alcool en altitude).

Le lendemain, nous partons faire des courses, et les pleins de gasoil, eau et gaz. C’est en arrivant devant la station de remplissage des bouteilles que nous tombons nez à nez avec…le camping-car bleu : Etienne, Amélie, Apoline et Célestin ! pas possible !!! Quelle joie de se retrouver après si long temps.DSC00339 Nous allons faire le Salar ensemble, c’est super.

En fin d’après-midi, nous décidons avec Etienne de partir voir le cimetière des trains.

Certains adorent, mais nous ne voyons là qu’une décharge de ferraille à l’abandon. Ce qui nous choque, ce sont tous ces tags  qui n’ont nullement leur place ici en Bolivie. Pourtant il y a des photos originales à faire qu’Etienne s’amuse à inventer. Son drône survole le cimetière, et nous espérons bien voir le résultat.P1040447.jpg

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Nous partons avec Lucien vers Colchanie, à 20 km dans le but d’y passer la nuit.

Le village qui vit du sel est si miséreux que nous poursuivons notre  » piste  » jusqu’à l’entrée du Salar 5km plus loin. Nous nous garons là en plein milieu des traces qui partent sur cette mer de sel.

Un peu plus tard arrivent Daniel et Karen, et un gros camping-car américain : Fred, Kathy et leurs 4 enfants, Ghizlane 8 ans, Nadim et Gaétan 6 ans et Hilal 4 ans. Le lendemain Etienne et Amélie nous rejoignent.

Ayant tous fait connaissance, nous partons sur le Salar, Lucien en tête.

Très vite nous arrivons au surprenant vieil hôtel de sel précédé de l’emblème du Dakar…en sel bien sûr.

Aucun client, il est vide excepté un petit stand de souvenirs. Le sol est blanc de sel. On dirait du sable. Il a été supplanté par  quelques hôtels flambant neufs plus proches de la rive.

Un peu plus loin, Etienne nous suggère de faire une petite chorégraphie de camping-cars dans le style patrouille de France qu’il filmera avec son drône. Répétition des conducteurs, puis exécution. On s’amuse comme des gosses.DSC00414

Puis nous repartons tandis que Fred crée sa propre piste.DSC00419.JPG

Au milieu du Salar, nous atteignons l’île d’Incahuasi, couverte de gros  » cardones  » et dédiée aux touristes avec ses quelques cabanes et restaurants.

Pour plus de tranquillité, nous nous garons de l’autre côté à quelques encablures sur le Salar pour une halte repas-détente qui profite à tous en l’absence de vent.

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Ce choix n’est pas du goût du gardien qui, nous rejoignant en quad, veut nous faire payer l’entrée sur l’île.

Lucien, en bon négociateur, lui explique gentiment qu’il n’en est pas question. La décision est vite prise de nous éloigner davantage en direction de l’île du Pêcheur, et nous passerons la nuit à mi-chemin des deux îles tandis qu’Etienne et Amélie retournent à Uyuni, le temps étant très incertain.DSC00455

Nous passons donc notre deuxième nuit à 4 camping-cars sur le Salar même, entre pluie et grésil, et rejoignons le lendemain l’île du Pêcheur en étant très attentifs aux dangers que représentent aussi les trous d’eau.

Notre lieu de bivouac:

Une petite grimpette pas facile avec les enfants, entre cactus et rochers de coraux fossilisés, nous offre un merveilleux point de vue sur cette gigantesque mer de sel.

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Et curieusement l’île est habitée!P1040547.jpg

Les enfants comme leurs parents sont ravis, le soleil est de retour.

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Et pour comble de bonheur le coucher de soleil est magnifique.P1040587

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Le soir, sous un milliard d’étoiles, nous nous faisons un feu de camp sur la petite plage de sable. Nous utilisons du cactus mort qui chauffe très bien et longtemps. Nous chantons de vieux refrains connus que Marie-Anne accompagne à la guitare. Venu de la nuit, un Américain en moto nous rejoint, et à son tour, il nous offre des mélodies de son pays.

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(photo de Daniel)

SEULS, seuls sans touristes, sans personne, seuls à avoir tous admiré ce sel blanc à l’infini, un splendide coucher de soleil, et ce ciel constellé d’étoiles…LE BONHEUR !DSC00491.JPG

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Vraiment, nous n’aurions jamais pu imaginer que nous allions nous faire ici de nouveaux copains et vivre des moments aussi intenses et chaleureux.DSC00496

 

Le lendemain, nous nous séparons pour mieux nous retrouver à la station de lavage d’Uyuni pour faire enlever au karcher, la croûte de sel amalgamée sous nos véhicules. Cela colle littéralement et on a bien du mal à s’en débarrasser à l’extérieur comme à l’intérieur.

Fred et Cathy partent vers le sud avec les enfants. Nous nous reverrons plus tard à Fez, c’est promis.

Les autres se dirigent vers Sucre comme nous.

Bonus à Uyuni…

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CHILI : San Pedro de Atacama du 11 au 17 mai

Nous voici au  CHILI à 4300m, et la route grimpe encore sans faillir, nous réservant bien d’autres surprises.

Nous nous rapprochons peu à peu des volcans les plus hauts.

Une rencontre improbable avec ce petit renard très tenace qui nous suit longtemps malgré l’altitude:

Nous recevons quelques flocons de neige à 4450m, et les montagnes disparaissent sous les nuages. Cela nous inquiète un peu pour la suite de notre voyage en Bolivie toute proche. Le col est enfin là :DSC08671

On se sent un peu essoufflés malgré tout bien que buvant régulièrement (si si c’est uniquement de l’eau!). Nous nous demandons sans cesse ce que la nature va inventer pour nous étonner, tant on a traversé de paysages différents en relativement si peu de temps. Tout n’est que beauté, pureté, originalité….monde sauvage, à part, mais hostile cependant, et balayé par ce vent puissant et épuisant.

Enfin apparait le volcan Juriques, 5704m, ainsi que le Licancabur qui se dresse devant nous, cône presque parfait de 5916m.

La descente sur le Salar d’Atacama est une véritable vue d’avion, magnifique aussi et spectaculaire.

Seul inconvénient,ce sont ces kilomètres de descente en ligne droite avec seulement quelques virages de 4800m à 2440m, jalonnés de voies de secours pour les véhicules dont les freins lâchent. Les camions de carburants ou de transport de voitures les dévalent à 110km/h, doublant pareillement dans la ligne droite ou les virages, ce qui fait peur.

Bruno descend le plus lentement possible, mais le moteur a vite fait de s’emballer et nous nous arrêtons un moment pour faire refroidir les freins. Rien à voir avec les routes d’Argentine dont les fortes pentes sont bien étudiées et bien plus aisées à descendre.

Mais quels beaux paysages!DSC08760

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Le Salar d’Atacama  » Reserva Nacional Los Flamencos « , situé dans le désert le plus aride du monde, s’étend sur plus d’une centaine de kilomètres. C’est l’un des plus grands gisements de lithium mondial.

San Pedro nous stupéfait par son aspect africain : murs en terre couleur taupe, rues en terre, poivriers, arbres du désert, place arborée bordée de maisons à arcades, petites échoppes…

Et à notre grande surprise il y a ici énormément de jeunes touristes français. Beaucoup nous abordent, curieux de savoir comment nous avons fait pour venir à San Pedro avec notre propre camping-car. Il y a ici une petite communauté française vivant essentiellement du tourisme. Brigitte (ancienne prof de philo) et son mari qui ont un petit hôtel, sont les premiers à nous accueillir autour d’un café, dès qu’ils nous aperçoivent.DSC08773

Le bourg a du cachet, et on s’y sent bien tout de suite, dormant au hasard des rues, comme souvent.DSC08765

Nous partons au sud du Salar en direction de la laguna Tuyaito (route ch23) dès le lendemain de notre arrivée et visitons Toconao.

Le Salar, sablonneux et blanc de sel est très vite balayé par un vent à  » décorner les boeufs  » qui se transforme en vent de sable féroce. Nous ne voyons plus ni la route asphaltée, ni les montagnes. Prudents, au-delà du Tropique du  Capricorne, nous nous garons à Socaire, à l’abri du mur d’une maison où nous passons la nuit en attendant que cela se calme.

Le lendemain, c’est l’anniversaire de Bruno !!!! Happy birthday, la la la….

Nous montons prendre le petit déjeuner plus loin et….le ciel dégagé nous offre un merveilleux paysage de montagnes blanchies pendant la nuit et brillant sous le soleil radieux. Quel beau cadeau !…une féérie !

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Nous poursuivons plus au sud.

La piste qui devait nous amener à la laguna Tuyaito étant fermée  par la gendarmerie pour cause de neige, nous nous contentons de la vision depuis le col sur la vallée.

Puis nous grimpons par une piste sablonneuse où, comme d’habitude il n’y a que des 4X4, pour rejoindre la laguna Miscanti au pied du volcan du même nom(5622m).

La vue est absolument grandiose…

 

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C’est ici que Bruno souffle ses bougies:

Mais là aussi, il nous est interdit d’aller jusqu’à la lagune voisine, Miniques, pour quelques centimètres de neige (principe de précaution ?). Dommage !

C’est le vent par contre, fort et froid, qui nous coupe le souffle lorsque nous remontons au camping-car (4231m).DSC09007 Comme partout dans ces altiplanos, nous croisons des groupes de vigognes sauvages nullement impressionnées par notre véhicule.DSC08948

Repassant à Socaire sous le soleil nous découvrons une jolie petite église.

Nous nous rendons ensuite à la laguna Chaxa à 2300m sur le Salar même.

C’est là que se reproduisent les flamands roses, l’eau regorgeant de crevettes, mais nous en voyons peu. Le chemin déambule au milieu d’épaisses croûtes de sel.

Par contre, le coucher du soleil sur la chaîne des volcans est somptueux. De plus, le vent s’est calmé : c’est magique.

Il existe trois espèces de flamands : celui de James (clair, pattes rouges), celui du Chili (au bec noir), et le flamand andin (aux plumes rouges)…et comme par hasard nous voyons un flamand albinos ! Voyons…d’où est-il?DSC09118

Le lendemain, nous allons à la laguna Cejar (proche de San Pedro), sur le Salar.DSC09139 Il y a là un petit lac turquoise entouré de concrétions de sel bien blanc. L’eau ne doit pas dépasser les 16° ? peut-être, mais c’est un délice de s’y plonger malgré sa forte teneur en sel proche de la mer Morte.

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Une petite douche après – en plein désert -, et nous voici bien détendus.

Un peu plus loin, la lagune Tebenquiche est différente mais bien plus grande et superbe aussi. Pas un souffle de vent, et les montagnes tout alentour qui s’y reflètent dans des tonalités marron, rose, orangé, extraordinaires et pures.

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Aucun bruit, personne d’autre que nous : un rêve face à ces volcans mythiques…Licancabur,P1030709 Lascar,P1030707 Miscanti et même au loin, le fameux Llullaillaco…pour ne citer que les plus hauts.

C’est le soir même que nous montons vers les geysers de Tatio à 3 bonnes heures de San Pedro.

La nuit tombe vite, et nous parcourons toute la piste qui grimpe fort, longe parfois des lagunes remplies de volatils,  et se termine en espèce de longue route d’altitude très surprenante, de nuit.

Nous garant comme des voleurs, sans bruit, devant l’entrée du parc, nous dormons à 4305m sous un ciel étoilé exceptionnel de pureté. La grande ours bien visible est à l’envers de la France. Sans doute fait-il -10° dans la nuit…notre chauffage fonctionne bien avec sa bouteille de gaz argentin, ce qui est du luxe par rapport à d’autres camping-caristes.

Nous nous levons vers 6h30 dès que nous entendons les premiers 4X4 arriver (partis vers 4h30 de San Pedro !), et les suivons jusque sur le site des geysers.

Ce n’est que lorsque le soleil fait irruption derrière les volcans un peu enneigés que les geysers s’animent crachant jets d’eau bouillante et vapeur de plus en plus haut dans le ciel. C’est aussi le rush des cars de touristes, mais l’espèce de cratère d’où sortent les fumerolles est assez large pour tous.

 

 

Après leur départ, vers 10h30, nous allons investir seuls ou presque, la piscine dans laquelle s’écoule un ruisseau brûlant. Sensation très agréable au soleil, tout en observant les geysers s’éteindre les uns après les autres ( les geysers se forment quand il y a une forte différence de température avec l’extérieur). L’air est frais, mais l’eau délicieuse.P1030804

Le retour sur San Pedro, de jour, nous dévoile un paysage que nous n’avions pu imaginer la veille, et de toute beauté…superbe trajet !

Les lagunes sont envahies de vigognes et d’oiseaux  aquatiques multicolores sur fond de volcan actif comme le Putana (sic!) dont nous apercevons le souffre qui sort du cratère fumant.

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De retour à San Pedro, il nous reste un peu de temps pour aller faire un tour dans la vallée de la lune. Les montagnes  » suent  » le sel, ce qui leur donne l’aspect de roches enneigées. Nous y restons jusqu’au coucher du soleil , toujours magique, admirant l’amphithéâtre et la dune brune immaculée qui le borde. Bien sûr nous ne sommes pas seuls pour un tel spectacle.

Après cette belle journée, nous avons rendez-vous, la nuit, à l’observatoire d’Alain Maury, français établi ici, qui, grâce à ses connaissances (c’est un ancien du CNES) et ses 12 téléscopes dans son jardin, au sud de San Pedro, nous fait voyager avec d’autres curieux parmi les constellations et les milliards d’étoiles qui nous dominent. Un vrai régal ! Nous avons juste la croix du sud au-dessus de nous.

Chanceux, après qu’ils nous ait tous réchauffés avec une boisson chaude, il reste bavarder avec nous dehors jusque tard dans la nuit, et nous dormons garés devant chez lui…en plein désert.20170515_234059~120170515_234114~1

San Pedro est gravé à jamais dans notre mémoire.

S’il y a un lieu à découvrir au Chili, c’est certainement cet endroit merveilleux. Il vaut le voyage, même s’il faut prendre le temps de s’habituer à l’altitude.

Depuis San Pedro, il y a des quantités de sites admirables à découvrir en 4X4 ou en voiture.DSC09444

Les agences sont foison, et leurs offres très variées. C’est pourquoi il y a ici tant de jeunes routards, dont des français du reste. Euh… et pour ceux qui cherchent, comme nous, du beurre sans sel….il faut chercher longtemps.

Nous gardons un souvenir émerveillé de toute cette région entre Salta (Argentine) et San Pedro de Atacama (Chili) : pureté, beauté, couleurs, grâce,… mais aussi gentillesse des personnes rencontrées. Je pense à Brigitte, et à cette jeune française qui a fermé son agence pour nous aider à trouver une carte détaillée du Sud Lipez auprès des guides boliviens.

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…le Sud Lipez ?

Nous avons rencontré dans une rue de San Pedro, un couple de parisiens, Lucien et Mélanie, et George (2 ans1/2) qui prévoient de partir en camping-car Iveco en Bolivie, en traversant le fameux Sud Lipez. Très vite, ayant sympathisé, nous décidons de nous grouper pour cette difficile et aléatoire traversée située entre 4000 et 5000m.DSC09448

Le 17 Mai, prêts, les pleins faits (eau, gaz, gas-oil, nourriture…et linge lavé à la lavanderia), nous nous arrêtons à la douane chilienne de San Pedro (une heure d’attente derrière les touristes qui vont partir exclusivement en 4X4 !).

Nous filons par la longue longue ligne droite qui grimpe jusqu’au poste de police bolivien à 4484m (à ne pas confondre avec la douane bolivienne, bien plus loin et bien plus haute), proche du volcan Licancabur.

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ARGENTINE : Salta et sa région (du 3 au 11 mai)

SALTA : on en avait rêvé lors de la préparation du voyage, en France. Nous y voici pour 5 jours, le temps de faire changer la partie centrale du turbo chez Salta turbo, tout petit garage où ne tiennent que 2 voitures, et tenu par des personnes efficaces et aimables. Nous prenons une chambre simple, mais tranquille à l’hôtel Buenos Aires, non loin du garage et du centre.DSC07968

Cet intermède un peu coûteux (1300 euros  pour la réparation !), nous laisse du temps pour visiter le beau centre de cette ville de 550000 habitants , ses rues piétonnes et sa grand place arborée toujours animée, bordée par la cathédrale et d’assez jolis bâtiments coloniaux.

Deux églises de facture semblable attirent notre attention: San Francisco, de couleur orangé/ocre et sa copie, bleu ciel.

On dirait de la chantilly ! L’intérieur est extrêmement chargé et nous leur préférons la cathédrale rose et blanche (fin du 19è).

Nous allons visiter le Musée Archéologique de Haute Montagne (MAHM) présentant 3 momies d’enfants incas (6,7,15 ans) qui ont été immolés et déposés au sommet du volcan Llullaillaco (6739m), frontière avec le Chili.

Elles sont conservées dans des vitrines spécifiques.

Au 15è siècle, les Incas possédaient un empire allant de la Colombie jusqu’en Argentine, aussi étendu que l’Empire romain, et pour  » protéger leurs communautés « , ils avaient l’habitude de pratiquer des cérémonies mortuaires au sommet des plus hauts volcans andins considérés comme sacrés !

Dans la Cordillère des Andes, environ 200 montagnes abritent les restes archéologiques de ces  » adoratoires « et la Province de Salta en compte une cinquantaine. Les enfants ont été retrouvés lors d’une expédition menée par le Dr. Johan Reinhard au côté d’alpinistes et d’archéologues péruviens et argentins , en 1999. Ils étaient dans un état de conservation exceptionnel…puisque congelés.

C’est un peu glauque, certes, mais il ne s’agit pas d’être voyeur, mais plutôt d’essayer de mieux comprendre le sort et l’environnement de ces enfants-dieux.

Le musée expose également les objets qui les accompagnaient dans l’au-delà : très petites poupées vêtues des mêmes vêtements tissés que les enfants, lamas stylisés, peignes en épine de cactus, bonnets en plumes, vêtements de laine, poteries peintes -qui du reste, ressemblent étrangement à celles que nous avons pu voir ou acheter en Algérie il y a plus de 40 ans !-, pied-nus en cuir, sac à feuille de coca, etc…

Ce sont des objets de facture incroyable de précision, et, magnifiques.

Pour nous, un musée à ne pas rater, même si d’autres touristes ont été plutôt choqués.

 

Le camping-car étant immobilisé pour le week-end, nous nous inscrivons auprès d’une agence pour un tour d’une journée en minibus, dans la Quebrada de Humahuaca, qui longe le Rio Grande au nord de Salta, au delà de la forêt subtropicale proche de Jujuy. Nous voici dans la partie andine de l’Argentine, sauvage et couverte de cactus.

Au programme : visite libre du Purmamarca,

Tilcara, Uquia et Humahuaca…

…de bien jolis noms pour de petits villages d’adobe…

…dont le charme réside plus dans leur unité propre avec la place de l’église du 17è (utilisant le cactus pour poutres et mobilier intérieur)…

…que dans les multiples petits commerces de tissus colorés et objets (made in china ?) destinés aux touristes.

Tilcara  » Etoile filante  » en Quechua a su garder et restaurer grâce aux archéologues de l’Université de Buenos Aires, sa forteresse précolombienne établie sur un promontoire barrant la vallée et que nous rejoignons en passant un gué.

On déambule dans un dédale de maisons en pierres dont les poutres sont en…cactus, comme les portes, et les toits assez plats, un mélange de paille, petites pierres et terre, d’où une bonne isolation. Les habitations ne font guère plus que 2m de haut, et les ouvertures, étroites, protègent parfaitement du vent.

Contrairement à Quilmès peu rénové (sud Cafayate), on a ici un bon aperçu de ce que furent ces innombrables villages défensifs.

Humahuaca, plus haut dans la vallée, possède un bâtiment colonial, le  » Cabildo « , dont la tour clocher abrite un automate représentant San Franscisco Solano, qui sort 2 fois par jour pour bénir le village. Ce mécanisme exceptionnel n’existe qu’en 3 exemplaires dans le monde : Big Ben, Munich et…Humahuaca !Mais, hélas, ce n’est pas l’heure et nous n’en verrons rien, ni même l’intérieur de l’église – fermée comme souvent -. Il aurait mieux valu dormir ici en camping-car et gérer notre temps de visite, mais ce n’est pas possible.

L’église d’Uquia nous a bien plu avec sa série de tableaux du 17è représentant des arquebusiers-archanges très originaux,  mais…il est interdit de prendre des photos, même sans flash, gardien à l’appui !…vraiment dommage.

Nous avons un petit sentiment amusé de traverser le Tropique du Capricorne au nord de Tilcara,DSC07840 05-07 tropique du capricorne

…bien que le minibus ne s’y arrête pas, et admirons les multiples couleurs des roches entourant Purmamarca (montagnes aux 7 couleurs), et la Quebrada (palette du peintre).

Par contre, la traversée aller-retour du village de Volcan, nous ramène à la dure réalité de ces contrées difficiles. Une coulée de boue du 10 janvier 2017 a totalement dévasté ce village, ce qui n’est pas un cas unique dans cette vallée.

Cette journée bien remplie ne nous aura pas vraiment ravis en raison de son côté  » exploitation touristique  » imposée par des arrêts chez des commerçants, potiers, ou même restaurant et repas pour tous les bus.

Contents d’avoir eu un aperçu de cette vallée réputée, nous préférons notre liberté, et retrouvons notre Iveco le lendemain même avec plaisir.

Si un petit téléphérique amène à 50m au -dessus de Salta au Cerro San Bernardino, nous y montons en camping-car (histoire de tester le turbo réparé), pour aussi , nous imprégner une dernière fois de cette ville sympathique…bien gardée par la police.

Nous avons hâte de faire la route 52 qui monte jusqu’au Chili.DSC08108.jpg

Elle se révèle EXTRAORDINAIRE par la multiplicité de ses paysages d’altitude, ses salars immaculés exploités pour le sel, ses couleurs. Vallées étroites, montées en lacets, volcans enneigés, dunes de sable, (et vents de sable),lagunes allant du bleu au noir, touffes d’herbes jaunes, monolithes rouges dans le désert, canions creusés dans de hauts plateaux, villages d’adobe totalement isolés, disparition totale de la végétation, et altimètre qui ne cesse de grimper, nous offrant toujours de nouveaux points de vue lointains sur les sommets andins.

 

Nous dormons à Susquès (3616m) devant l’office de tourisme, dans lequel un couple de motards a introduit leur moto à remorque pour y passer la nuit.DSC08179

Nous mettons le chauffage le soir car s’il ne fait pas  » trop  » froid, -1°, le vent , lui, l’est. Pour nous habituer à l’altitude nous buvons très régulièrement de l’eau (  » non, pas de vin, Bruno ! « ), sur le conseil de François et Babette, pharmaciens français rencontrés à San Ignacio dans les Misionès. Cela se révèle vraiment efficace.

Et la route continue…

La frontière chilienne de Jama se situe dans une immense plaine d’altitude au bord d’un grand salar désertique. C’est le bout du monde !!!