ARGENTINE : Salta et sa région (du 3 au 11 mai)

SALTA : on en avait rêvé lors de la préparation du voyage, en France. Nous y voici pour 5 jours, le temps de faire changer la partie centrale du turbo chez Salta turbo, tout petit garage où ne tiennent que 2 voitures, et tenu par des personnes efficaces et aimables. Nous prenons une chambre simple, mais tranquille à l’hôtel Buenos Aires, non loin du garage et du centre.DSC07968

Cet intermède un peu coûteux (1300 euros  pour la réparation !), nous laisse du temps pour visiter le beau centre de cette ville de 550000 habitants , ses rues piétonnes et sa grand place arborée toujours animée, bordée par la cathédrale et d’assez jolis bâtiments coloniaux.

Deux églises de facture semblable attirent notre attention: San Francisco, de couleur orangé/ocre et sa copie, bleu ciel.

On dirait de la chantilly ! L’intérieur est extrêmement chargé et nous leur préférons la cathédrale rose et blanche (fin du 19è).

Nous allons visiter le Musée Archéologique de Haute Montagne (MAHM) présentant 3 momies d’enfants incas (6,7,15 ans) qui ont été immolés et déposés au sommet du volcan Llullaillaco (6739m), frontière avec le Chili.

Elles sont conservées dans des vitrines spécifiques.

Au 15è siècle, les Incas possédaient un empire allant de la Colombie jusqu’en Argentine, aussi étendu que l’Empire romain, et pour  » protéger leurs communautés « , ils avaient l’habitude de pratiquer des cérémonies mortuaires au sommet des plus hauts volcans andins considérés comme sacrés !

Dans la Cordillère des Andes, environ 200 montagnes abritent les restes archéologiques de ces  » adoratoires « et la Province de Salta en compte une cinquantaine. Les enfants ont été retrouvés lors d’une expédition menée par le Dr. Johan Reinhard au côté d’alpinistes et d’archéologues péruviens et argentins , en 1999. Ils étaient dans un état de conservation exceptionnel…puisque congelés.

C’est un peu glauque, certes, mais il ne s’agit pas d’être voyeur, mais plutôt d’essayer de mieux comprendre le sort et l’environnement de ces enfants-dieux.

Le musée expose également les objets qui les accompagnaient dans l’au-delà : très petites poupées vêtues des mêmes vêtements tissés que les enfants, lamas stylisés, peignes en épine de cactus, bonnets en plumes, vêtements de laine, poteries peintes -qui du reste, ressemblent étrangement à celles que nous avons pu voir ou acheter en Algérie il y a plus de 40 ans !-, pied-nus en cuir, sac à feuille de coca, etc…

Ce sont des objets de facture incroyable de précision, et, magnifiques.

Pour nous, un musée à ne pas rater, même si d’autres touristes ont été plutôt choqués.

 

Le camping-car étant immobilisé pour le week-end, nous nous inscrivons auprès d’une agence pour un tour d’une journée en minibus, dans la Quebrada de Humahuaca, qui longe le Rio Grande au nord de Salta, au delà de la forêt subtropicale proche de Jujuy. Nous voici dans la partie andine de l’Argentine, sauvage et couverte de cactus.

Au programme : visite libre du Purmamarca,

Tilcara, Uquia et Humahuaca…

…de bien jolis noms pour de petits villages d’adobe…

…dont le charme réside plus dans leur unité propre avec la place de l’église du 17è (utilisant le cactus pour poutres et mobilier intérieur)…

…que dans les multiples petits commerces de tissus colorés et objets (made in china ?) destinés aux touristes.

Tilcara  » Etoile filante  » en Quechua a su garder et restaurer grâce aux archéologues de l’Université de Buenos Aires, sa forteresse précolombienne établie sur un promontoire barrant la vallée et que nous rejoignons en passant un gué.

On déambule dans un dédale de maisons en pierres dont les poutres sont en…cactus, comme les portes, et les toits assez plats, un mélange de paille, petites pierres et terre, d’où une bonne isolation. Les habitations ne font guère plus que 2m de haut, et les ouvertures, étroites, protègent parfaitement du vent.

Contrairement à Quilmès peu rénové (sud Cafayate), on a ici un bon aperçu de ce que furent ces innombrables villages défensifs.

Humahuaca, plus haut dans la vallée, possède un bâtiment colonial, le  » Cabildo « , dont la tour clocher abrite un automate représentant San Franscisco Solano, qui sort 2 fois par jour pour bénir le village. Ce mécanisme exceptionnel n’existe qu’en 3 exemplaires dans le monde : Big Ben, Munich et…Humahuaca !Mais, hélas, ce n’est pas l’heure et nous n’en verrons rien, ni même l’intérieur de l’église – fermée comme souvent -. Il aurait mieux valu dormir ici en camping-car et gérer notre temps de visite, mais ce n’est pas possible.

L’église d’Uquia nous a bien plu avec sa série de tableaux du 17è représentant des arquebusiers-archanges très originaux,  mais…il est interdit de prendre des photos, même sans flash, gardien à l’appui !…vraiment dommage.

Nous avons un petit sentiment amusé de traverser le Tropique du Capricorne au nord de Tilcara,DSC07840 05-07 tropique du capricorne

…bien que le minibus ne s’y arrête pas, et admirons les multiples couleurs des roches entourant Purmamarca (montagnes aux 7 couleurs), et la Quebrada (palette du peintre).

Par contre, la traversée aller-retour du village de Volcan, nous ramène à la dure réalité de ces contrées difficiles. Une coulée de boue du 10 janvier 2017 a totalement dévasté ce village, ce qui n’est pas un cas unique dans cette vallée.

Cette journée bien remplie ne nous aura pas vraiment ravis en raison de son côté  » exploitation touristique  » imposée par des arrêts chez des commerçants, potiers, ou même restaurant et repas pour tous les bus.

Contents d’avoir eu un aperçu de cette vallée réputée, nous préférons notre liberté, et retrouvons notre Iveco le lendemain même avec plaisir.

Si un petit téléphérique amène à 50m au -dessus de Salta au Cerro San Bernardino, nous y montons en camping-car (histoire de tester le turbo réparé), pour aussi , nous imprégner une dernière fois de cette ville sympathique…bien gardée par la police.

Nous avons hâte de faire la route 52 qui monte jusqu’au Chili.DSC08108.jpg

Elle se révèle EXTRAORDINAIRE par la multiplicité de ses paysages d’altitude, ses salars immaculés exploités pour le sel, ses couleurs. Vallées étroites, montées en lacets, volcans enneigés, dunes de sable, (et vents de sable),lagunes allant du bleu au noir, touffes d’herbes jaunes, monolithes rouges dans le désert, canions creusés dans de hauts plateaux, villages d’adobe totalement isolés, disparition totale de la végétation, et altimètre qui ne cesse de grimper, nous offrant toujours de nouveaux points de vue lointains sur les sommets andins.

 

Nous dormons à Susquès (3616m) devant l’office de tourisme, dans lequel un couple de motards a introduit leur moto à remorque pour y passer la nuit.DSC08179

Nous mettons le chauffage le soir car s’il ne fait pas  » trop  » froid, -1°, le vent , lui, l’est. Pour nous habituer à l’altitude nous buvons très régulièrement de l’eau (  » non, pas de vin, Bruno ! « ), sur le conseil de François et Babette, pharmaciens français rencontrés à San Ignacio dans les Misionès. Cela se révèle vraiment efficace.

Et la route continue…

La frontière chilienne de Jama se situe dans une immense plaine d’altitude au bord d’un grand salar désertique. C’est le bout du monde !!!

Cette fois-ci  » Adieu Argentine jolie que nous avons tant aimée, pour ses paysages et ses habitants si chaleureux !  »

 

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