PEROU : de Paracas à Huaraz du 6 au 10 octobre 2017

C’est le jour même de l’anniversaire de notre fille Caroline, que nous reprenons la Panaméricaine, bon présage.

La côte est surprenante, souvent très sale, et peu attirante en fait.DSCN3572 10-06 port paracas Si les embouchures de quelques rios sont cultivées – artichauts, asperges, maïs, fraises et canne à sucre notamment -, ce ne sont que des collines parfaitement pelées qui, comme à Paracas, ressemblent à des dunes de sable.

Sur le sol plutôt dur, de petites cabanes sont posées là, on ne sait comment, on ne sait pourquoi. Certaines habitées, d’autres abandonnées.DSCN3580.jpg

Quelques panneaux indiquent  » comunidad de … ». Sans doute y a-t-il eu un effort pour favoriser les plantations sur les dunes.DSCN3603.jpg

Mais le résultat n’y est pas.Hormis les quelques villages de vacances gardés, et verts,( y compris parfois avec des golfs !), tout est très très pauvre.

Dans ce désert, on longe d’immenses élevages de poulets en batterie, sous bâches. C’est très surprenant.DSCN3598 10 07 fermes avicoles.jpg

Au sud de Lima une immense dune abrupte borde la Panam’.c’est là que se vendent vins ( pas terribles ) et Piscos de la région. Bruno teste !DSCN3574 10-06 nord chincha alta.jpg

Nous faisons une halte d’un soir à Cerro Azul, village de surfeurs et bodybordeurs où des bandes de dauphins viennent parfois jouer avec eux.

C’est tranquille à cette saison, mais pas l’ombre d’un dauphin.

La brume tristounette et tenace a remplacé le chaud soleil de Paracas. Lima et sa région y baignent et, après 3 heures d’embouteillages et une vision réduite de cette capitale où l’on compte quelques tours modernes …

…et un Christ sur une dune en pleine ville,DSCN3605  10-07 christo et cimetière militaire.jpg

nous fuyons ces immenses zones urbaines, et sa banlieue polluée au plomb !

Quelques petites villes au nord de Lima ne sont pas en reste avec leurs plages poubelles DSCN3635 10-08 plage huacho halte petit dejalors nous quittons la côte au beau milieu des champs de canne à sucre…

…et après une zone encore désertique et pauvre…

…nous nous dirigeons vers la Cordillera Blanca en remontant une riante vallée couverte de cultures de manguiers, avocatiers, pêchers et pacayers (grosses gousses vertes).DSCN3660.jpg

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Comme toujours, la route monte imperceptiblement pour rejoindre un Altiplano frais, jaune et sauvage où se dessine la laguna Conococha sur fond de …nuages noirs !

Le temps est à l’orage et on a bien l’impression d’avancer dans la gueule du loup.DSCN3667  10-08 même endroit.jpg

Mais tournant en direction de Chavin, nous passons au travers, sans voir la moindre Cordillera Blanca. Cette route excellente monte à 4474m. Un tunnel nous conduit sur l’autre versant et la longue descente se transforme en piste alternant avec du vieux macadam plus ou moins roulant.DSCN3721.jpg

CHAVIN, remarquable sanctuaire datant de 1200 à 300 avant JC, mérite le détour. Il nous faut d’abord patienter une journée avant la visite,car le lundi, c’est fermé ! Nous faisons alors un aller-retour jusqu’à Huari plus à l’est, espérant y apercevoir les blancs sommets de plus près.

Mais cette route si pentue et parsemée de dos d’âne se poursuit par une si mauvaise piste que, découragés, nous faisons demi -tour. DSCN3683.jpgD’ailleurs les innombrables  » bumps  » ont raison de notre filtre à huile, qui, mal serré se met à fuir. Heureusement, Bruno,   » Monsieur Bricolage  » a  » la  » clé pour le resserrer, et cela nous évite de passer l’après-midi chez le petit mécano bouiboui du village ( ! ).

Chavin est un sanctuaire où les indiens venaient consulter les prêtres et  apporter des offrandes. Ce site a été choisi parce qu’il est exactement au confluent des rios  » Wacheqsa  » et   » Mosna « , et à un noeud stratégique des chemins d’échanges entre côte, montagnes, et selva amazonienne.Aujourd’hui, plusieurs chantiers de fouilles sont en cours car le site est très loin d’avoir révélé tous ses secrets.P1100604

Il s’agit d’un imposant  » castillo  » dont les murs mesurent 14m de haut. Antisismique, il est constitué de grosses pierres polies à la base surmontées de plus petites.

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Sur la façade une porte encadrée de deux colonnes circulaires. Sur chacune d’elles  un aigle est gravé, l’un avec des attributs masculins, l’autre, féminins. D’un côté les pierres sont claires, de l’autre foncées (le bien et le mal ).

Une très grande place destinée à l’accueil des indiens apportant leurs offrandes et servant aussi pour les banquets, fait face à ce  » castillo  » ainsi qu’une plus petite en hauteur.P1100629

Sur le côté, un peu plus haut, une place circulaire bordée de pierres gravées d’animaux, était destinée aux sacrifices et accessibles aux seuls initiés.P1100641

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Il semblerait que les archéologues aient retrouvé des ossements humains calcinés et/ou bouillis (beurk… !). Les Chavins auraient été  » canibales  » dans certaines circonstances.

L’un des intérêts majeur du site réside dans son réseau incroyable de galeries souterraines sous le   » Castillo « , conçues de manière très ordonnée et géométrique, utilisées pour la méditation des prêtres qui s’y éclairaient avec des pierres fluorescentes.Des escaliers menaient à ces pièces qui étaient dotées de longs couloirs d’aération.

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Des canaux souterrains de circulation d’eau venues de la montagne traversaient totalement le site avant de rejoindre le torrent.

Tout était pensé et conçu dans le but d’effrayer ou d’impressionner les indiens. Ainsi, une pierre gravée de 5m de haut en forme de poignard, était installée au point central de plusieurs galeries souterraines. C’est le  » Lanzon « . La mise en scène est stupéfiante.P1100643

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Ainsi également, les gros  » spondilus « , coquillages venus du nord du Pérou et de l’Equateur, gravés et utilisés comme trompettes.P1100746

Ainsi encore, des ouvertures à l’air libre pratiquées dans les canaux pentus, afin que le sifflement de l’eau y dévalant impressionne les indiens.P1100631

Tant que les prêtres ont été craints, le sanctuaire a bénéficié d’une grande renommée dans toute la région. Ceux-ci se droguaient avec du cactus  » san pedro  » (poussant dans la montagne ) ou des graines de  » willka « , psychotropes, leur permettant d’entrer en transe, sans oublier la chicha (alcool de maïs), et la coca. Dans cet état, ils prédisaient l’avenir, et  consultaient les astres grâce à une pierre creusée de plusieurs trous remplis d’eau, dans lesquels se reflétaient certaines constellations comme Orion.

Ils pratiquaient des sacrifices d’animaux, et plus rarement d’être humains, semble-t-il.

La muraille du gros  » Castillo « , admirablement bâti, était ornée d’une centaine de  » pierres-clés  » représentant des têtes humaines se transformant progressivement en animaux mythiques.P1100613

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Le but était d’éloigner les personnes à l’esprit mauvais nous dit notre excellent guide. On retrouve une bonne quantité des ces têtes dans le musée passionnant consacré au sanctuaire.P1100696

Y sont aussi présentées des poteries et des bijoux raffinés trouvés dans les fouilles, de gros coquillages sculptés…

 

…et un certain nombre de pierres gravées d’aigles, pumas, caïmans, anacondas, toutes  » divinités  » vénérées dans la culture Chavin.

Nous sommes ravis d’être venus visiter ce site extrêmement intéressant, conçu de manière très intelligente, et bien antérieur à la culture Inca.

Il a malheureusement périclité lorsque les prêtres ont perdu de leur prestige, et que les tremblements de terre l’ont ébranlé. Une grosse coulée de boue ancienne le submerge toujours en grande partie.

Sur la route du retour nous traversons de magnifiques paysages comme la laguna Querococha…DSCN3713 10-10.jpg

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…et le massif du Pongos (5680m).DSCN3737 10-10 ss doute pongos 5680.jpg

Mais c’est sur l’Altiplano  en direction de la vallée de Huaraz, plus grosse ville de la Cordillère Blanche, que nous apercevons subitement dans le rétroviseur l’insoupçonnable : la montagne du générique des films  » Paramount « , en personne  !!!!!!! si, si !!!! Nous restons scotchés…

…dans la brume pluvieuse qui l’entoure, il nous semble féérique et irréel.DSCN3740.jpg

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A l’aller, les montagnes étaient invisibles en raison des gros nuages noirs d’orage. Ce mont magique, choisi par la  » Paramount  » se nomme Shaqsha (5703m), bien que d’aucun pensent qu’il s’agit du Artesonraju ou même d’une montagne américaine. Mais nous pouvons tout à fait nous tromper.

On ne s’attendait pas à un tel spectacle.

Si Huaraz, la nouvelle, n’a plus d’intérêt historique à la suite de sa destruction par le tremblement de terre de 1970,

nous sommes fascinés par cette  » Cordillère Blanche   » de 180km que nous nous promettons d’explorer.DSCN3760 10-11 chaine huantsan

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PEROU : Nazca et Paracas du 23 septembre au 5 octobre.

Guillaume et Aurélie dans l’avion, nous allons directement chez  » Parabrisas UNIVERSO   » à Cusco pour leur demander s’ils peuvent changer notre pare-brise piqueté et fendu depuis la Bolivie. Après un  » NON  » de la secrétaire, un employé arrive et nous dit  » OUI je peux le faire, et vous avez de la chance, j’en ai un exactement de la même dimension, d’origine sud-coréenne « . Et après 2 heures de dépose et pose, et 3 heures de séchage, notre Iveco est comme neuf ! Et dire qu’on avait prévu de retourner à Juliaca, cette ville horrible, où nous avions repéré un spécialiste….ouf !

Pour nous, il est temps de partir vers Nazca. Bien sûr plusieurs  » bloqueos  » de quelques heures nous retardent.DSCN3087 1er bloqueo

Plus on s’en approche, plus les montagnes se dénudent jusqu’à devenir, après plusieurs cols entre 4000 et 5000m, terre et cailloux.

On y voit même la dune la plus haute du monde (plus de 2000m), le « cerro Blanco « .DSCN3105

Nazca est une oasis au milieu d’un désert montagneux qui tire son eau des nappes phréatiques qui se remplissent lorsqu’il pleut en Janvier.

On y cultive notamment des cactus en champs.

Nous faisons halte à l’hôtel camping  » Fundo San Raphaël  » doté de deux piscines hélas un peu troubles où nous retrouvons Patricia, Baptiste et Laura…

…qui étaient avec nous au camping de Cusco. Ici, seul le survol des lignes en avion vaut vraiment la peine, même s’il y a quelques monuments pré-colombien et un cimetière de la même époque assez  » morbide  » ! Nous le visitons un peu mal à l’aise.

A l’aérodrome, nous choisissons de louer chez Aéro Santos un petit Cessna C172                 ( 2 pilotes et nous 2), en cette fin d’après-midi .DSCN3113  09-26 cessna C172.jpg

L’avion bouge pas mal, mais le désert est si extraordinaire que nous sommes scotchés aux fenêtres.

Les lignes ?…

…multiples en tous sens, se superposant et se croisant.

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Figures géométriques, végétales, animales ou humanoïdes, les dessins les plus connus sont parfaitement visibles, bien entretenus par les locaux (qui en vivent), et seul un avion offre une vision précise de ce patchwork.

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Une Allemande, Maria Reich qui a consacré une partie de sa vie à essayer d’en élucider la signification, suggère différentes hypothèses.

D’abord ces motifs dateraient du premier millénaire avant JC jusqu’à l’an 900. Elle envisage des calendriers astronomiques, les figures animales pouvant évoquer les constellations, mais aussi des cartes du réseau hydraulique souterrain. Pour elle il y aurait certainement un lien entre le peu d’eau de cette région désertique, et la volonté des pré-colombiens de s’attirer les bonnes faveurs des dieux pour que la pluie tombe un peu chaque année. Le  » cerro Blanco  » situé à proximité devait déjà les inquiéter.

L’origine extra-terrestre chère à Robert Charroux et bien d’autres, lui semble quelque peu…fantaisiste. D’ailleurs nous avons bien regardé et pas trace de la moindre soucoupe volante!

Les vues que nous offre l’avion sont spectaculaires et nous réjouissent.

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Il est impossible de distinguer ces représentations depuis le sol à l’exception de  » l’arbre » et « la main  » dominés par un petit mirador construit au bord de la Panaméricaine qui coupe carrément l’un de ces dessins.DSCN3346  09-27 tour maria reich.jpg

Contrairement à nos idées reçues nous constatons que le sol de cailloux n’est pas plan du tout et même très raviné sur une faible hauteur.

Quelques dessins sont réalisés sur des petites montagnes, comme le  » cosmonaute  » ou      » la famille  » un peu plus loin à Palpa. A vrai dire, ceux-ci font assez moderne, et c’est plutôt étonnant.DSCN3133

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Quittant Nazca, nous retrouvons la Panaméricaine que nous avions laissée au Chili. C’est la route des camions ! La ville d’Ica est une grosse oasis active essentiellement consacrée à la culture de la vigne. Elle produit en effet l’essentiel des vins du Pérou et surtout, après distillation, le célèbre Pisco national.DSCN3406  vignes.jpg

A Huacachina, l’oasis attenante, de hautes dunes entourent un étang vert sale mais bordé de palmiers et… de plusieurs hôtels proposant tous des tours en buggy de 8 à 10 places, ce qui nous fait fuir.

Les dunes, il y en a partout, certaines mixées avec les montagnes.

L’air ambiant est brumeux. Les villages font pauvres, pas une herbe, du sable et des cailloux. Tant de gens ont juste quelques abris de bambous, alors que le vent et les nuits sont parfois très froids !

C’est difficile, venant de Cusco la verte, de se faire à ce vrai désert qui fait penser au Sahara. Nous pénétrons dans le Parc National de Paracas, situé sur une assez grande péninsule bordée de montagnes totalement désertiques, côté Pacifique. On dirait des dunes de sable, mais le sol est plutôt dur.

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Au sud, seule une piste serpente vers des miradors et un petit port de pêche.

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Côté nord, une courte route mène, hélas, à un terminal pour cargos.

Nous passons 3 jours dans ce parc, garés, seuls, à côté des gardes, pour la nuit, la mer bleu foncé juste devant nous. La plage en contre-bas se nomme  » la plage rouge « .DSCN3452 stationnement nuit poste de controle.jpg

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Cormorans de Bougainville, gros pélicans à tête jaune et bec rouge, pétrels,  » mouettes  » noires aux bec et pattes rouges, sternes, sternes incas, sternes à bec ciseaux, goélands, urubus à tête rouge, et bien d’autres oiseaux nous survolent toute la journée.

Ici vivent de gros lézard, des renards, des lions de mer, et de gros dauphins que nous voyons chasser.P1100461

Le vent, parfois fort, nous dissuade d’aller nous baigner alors que la plage de  » la mina « , ou sa voisine, nous auraient bien tentés pour la clarté de leurs eaux.

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Les pêcheurs du port ramenant beaucoup de poissons, font le bonheur des gros pélicans voraces et…un peu envahissants !

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Ici,le courant de Humbolt sort à 4° ce qui explique ces eaux poissonneuses et frisquettes.

Quant aux touristes Péruviens ou de tous pays, ils n’ont de cesse que de venir sillonner collines et falaises en buggy quand d’autres se contentent de la pêche au fil, à la ligne ou en plongée…DSCN3498et boudent le pauvre marchand de glaces.DSCN3461

Oui, mais le soir, nous dégustons nos bières cusquenia au bruit du ressac, rien que pour nous.DSCN3499.jpg

Tranquillité toute relative car nous sommes justement dans un des endroits les plus sismiques du continent….

Ne pouvant rester plus de 3 nuits, durée de notre passe, nous rejoignons le petit village de Paracas tout proche, où hôtels et campings se disputent la plage à deux pas de l’espace préservé de nidification des flamands roses.

Et…nous nous installons quelques jours en bout de plage devant un spot de windsurf qui dispose d’un bon wifi pour écrire…ce blog !DSCN3571.jpg

Le soir tout comme le matin, le vent se calme, le temps s’arrête : la plage déserte est envahie de flamands roses, de mouettes, goélands, becs ciseaux et gravelots. DSCN3566.jpg

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Tout va bien : nous jouons les économes avec l’eau de nos réservoirs et nos provisions, batteries chargées à fond par le soleil. Il ne nous manque plus qu’un bon restau, de l’eau chaude (ça ne fonctionne plus avec le gaz local …mais on se lave!),  et un réparateur de pneu: on est à plat…

PEROU : Cusco – Machu Pichu – Titicaca avec Guillaume et Aurélie du 10 au 22 septembre

Cusco est une ville ancienne qui bouge beaucoup et vit à fond la carte du tourisme. Nous en arpentons le centre à maintes reprises.

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Les week-end venté d’août, les familles viennent faire voler leur cerf-volant autour du Christo Blanco qui domine la ville. Il a été offert à la ville par des réfugiés européens de la dernière guerre, reconnaissants.

Mais c’est avec Guillaume et Aurélie venus nous rejoindre pour 12 jours, que nous en visitons l’essentiel autour de la  » Plaza de Armas « .DSCN1627 place des armes

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Chanceux, ils ont pu trouver une chambre dans l’hacienda jouxtant notre camping face à un pré où paissent lamas et alpagas.

Cusco,  » nombril  » en quechua, est le centre des quatre grandes provinces de l’Empire inca et en fut donc la capitale.Elle conserve énormément de fondations de cette époque, il y a 500 ans , sur lesquelles les Espagnoles sont venus construire leurs propres édifices. En somme, Cusco est un mélange impressionnant de murs aux énormes pierres lisses parfaitement emboitées, et d’élégantes maisons à colonnades pourvues de balcons en bois sculpté. L’ensemble est à la fois intéressant, harmonieux, aéré,… et très couru par les touristes.

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Mais la police veille, et il n’y a pas de problèmes.

On sent que les Péruviens sont très attachés à leurs racines Incas et Pré-Incas : honneur à la Pachamama…et à la coca !

Pourtant de nombreux couvents et églises sont répartis un peu partout. Néanmoins leur côté surchargé d’or, d’argent, de tableaux, de statues habillées de vêtements brodés d’or et de pierreries nous sature un peu. Trop c’est trop, surtout dans l’immense cathédrale.

Les Espagnols ont eu le toupet de construire leurs monuments religieux en lieu et place même des temples incas considérés comme impies, et ont donc beaucoup détruit.

Un musée nous plaît beaucoup, celui des arts pré-colombiens où l’on y trouve de magnifiques poteries, des bijoux en coquillages, en or, en argent… Bref une magnifique vitrine du savoir- faire des tribus Mochica, Chimus, Nazca (entre autres) qui ont précédé les Incas vers 1250 avant JC avant d’être plus tard conquis par eux.

Cette sobriété raffinée est extraordinaire.

Nous déambulons dans les rues animées avec grand intérêt, nous offrant quelques très bons diners au restaurant. Nous n’omettons pas non plus le Musée du Pisco, bar où cet alcool  typique du Pérou (région d’Ica, sud Lima), est présenté sous forme de coktails très variés.Le Pisco Sour (Pisco, sucre, citron et blanc d’oeuf) reste à notre avis un des meilleurs.

Voulant bien sûr aller au Machu Picchu, nous partons d’abrd dans la Vallée Sacrée en camping-car. Nous visitons Chinchero (3760m). Première approche de ces sites aux terrasses impeccables et harmonieuses. Nous descendons les 200 marches pour bénéficier d’une vue d’ensemble du site : petit entraînement pour le Machu Picchu.

L’église du 16è construite sur la place inca recèle des trésors…

…gardés par 4 personnes qui s’y relaient chaque nuit en dormant sur la tribune !P1080435

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Plus loin, nous descendons par une piste jusqu’au village de Maras, dont nous admirons les jolis linteaux de portes.

Les fameuses salines de Maras comptent plus de 3000 bassins alimentés par des petites rigoles d’eau salée. Elles ont été construites à flanc de montagne avant même l’époque Inca. On s’en servait notamment pour le processus de momification des corps. De nos jours, on y rencontre un secteur  » fleur de sel « , un autre  » sel rose  » et un troisième  » sel médicinal « . La vue d’ensemble est vraiment surprenante. On voit des hommes y travailler portant de gros sacs de sel sur leur dos et raclant les bassins.

Reprenant la piste nous allons voir 4 observatoires agronomiques très particuliers à Moray. Ce sont des terrasses circulaires épousant parfaitement le relief de la montagne. Au fond, les Incas y faisaient pousser du maïs (pleine chaleur et présence d’eau), à mi pente, des pommes de terre, et en haut, de la quinoa, le tout à titre expérimental. Ils testaient également des variétés d’arbres et de plantes d’Amazonie aujourd’hui disparus pour la plupart.P1080512

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Très ingénieux !

Nous passons la nuit à Ollantaytambo d’où part le confortable train de 6h pour le Machu Picchu, ce célèbre site redécouvert par l’ Américain H. Bingham en 1911.

Il s’enfonce lentement le long d’un rio dans une vallée profonde dont la végétation devient de plus en plus luxuriante. C’est à Aguas Calientes que nous descendons pour prendre un bus pour lequel il y a bien sûr la queue.

En une demi-heure, ce dernier nous monte au fameux site…envahi de touristes bien évidemment. Le guide réservé par notre agence, ne se présentant pas, nous filons innocemment grimper sur la plus haute montagne,  » la Montania « .

Les – parait-il – 2160 marches !!! bien hautes et irrégulières nous épuisent. C’est au bout d’une heure et demi à 3060m, que nous parvenons enfin, rouges et trempés, sur la corniche mirador d’où le Machu Picchu nous apparaît tout petit, perdu au milieu des montagnes avoisinantes.P1080551

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C’est un véritable exploit pour nos pauvres genoux, mais nous constatons avec fierté que des jeunes de 20 à 30 ans sont encore plus exténués que nous (euh, pas Guillaume et Aurélie). La descente est plus facile heureusement et nous visitons donc, sans guide, l’ensemble des ruines qui couvrent la montagne, avec des terrasses parfaites qui descendent dans la vallée.

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Ici devaient habiter environ 1200 personnes au temps de la splendeur du Machu Picchu. Tout était organisé pour vivre en autonomie, avec des canalisations pour récupérer l’eau des  pluies et arroser les multiples terrasses cultivées. Et pourtant c ‘est une ville inachevée, peut-être au profit de Choquequirao, qui signifie  » berceau de l’or « , une des rares cités à n’avoir jamais été découverte par les envahisseurs. Cette autre cité, dont les accès avaient alors été détruits par les Incas pour la préserver des envahisseurs, ne s’atteint aujourd’hui qu’à pied ou à dos de mule…un futur Machu Picchu  dit-on.

Le Machu Picchu se mérite et il faut du temps, même sans guide, pour en faire le tour, d’escalier en escalier et de ruelles en ruelles.

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Une seule porte d’enceinte…P1080585                                   …et trois places centrales.P1080588 Autour, différents temples, un tombeau royal en forme de fer à cheval, une maison dite  » de l’Inca « , des petites fontaines, et des maisons pour les activités artisanales et domestiques.

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A l’écart, le quartier des agriculteurs.DSCN2428

Les temples et, comme d’habitude, les maisons des notables, étaient particulièrement soignées : grosses pierres poncées, parfaitement jointives, tout à fait conforme au style inca.

 

Nous sommes émerveillés de découvrir un tel travail de la pierre, et surtout dans des lieux aussi hostiles sujets aux séismes.P1080612

Nous parcourons cette ville étonnante, découvrons l’intérieur de ces petites maisons dotées de niches en pierre, et bien sûr son temple du soleil dont les  » fenêtres  » sont orientées vers les solstices d’été et d’hiver, et la pierre à sacrifice.

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Puis, bien fatigués, refaisons une heure de queue pour redescendre en bus à la gare où le train  » Vistadom « , dans lequel les employés nous font un ridicule mais amusant défilé de mode, nous ramène à Ollantaytambo.

De là nous gagnons Urubamba en camping-car, suite de la Vallée des Incas.

La Vallée Sacrée est une boucle où les sites incas de plus ou moins grande taille se succèdent. Elle part de Cusco et remonte vers le nord.

Nous visitons Pisac (2800m) avec un guide érudit et intéressant.

Ici, outre toutes les terrasses habituelles, on y découvre une nécropole de 3000 corps enfouis dans une paroi de montagne en position foetale face au lever du soleil. Bien des tombes ont bien sûr été pillées, ce qui explique l’interdiction actuelle de s’en approcher.

Notre guide nous fait sentir des herbes médicinales et en particulier de la  » munia « , un mélange d’odeur de thym, d’eucalyptus, de camphre et de menthe, excellente notamment pour soigner les céphalées et les problèmes respiratoires. Elle servait aussi à boucher oreilles, nez et bouches des défunts pendant la momification afin d’éloigner les insectes. Ce site de Pisac était une place forte importante et très étendue tout autour d’une montagne, avec une zone agricole, des entrepôts, un temple du soleil et son calendrier solaire, et des zones d’habitations.

A quelques kilomètres, un petit zoo privé abrite des animaux rescapés d’accidents ou de maltraitance. Guillaume et Aurélie côtoient ainsi de près lamas aux yeux bleus, alpagas, vigognes, condors, pumas, ours à lunettes, ainsi qu’un chat sauvage et un chien péruvien dénué de poils, sans oublier quelques singes et perroquets.

Il y a tant à voir dans les environs de Cusco qu’il faut faire des choix. Nous visitons le grandiose sanctuaire  » Sacsayhuaman  » qui domine la vieille ville.

Les fortifications en pierre sont gigantesques et construites en zigzags pour contrer les ondes sismiques. Ici tout n’était qu’argent et or, à l’instar des trois tours qui en étaient recouvertes et mesuraient environ 20m de haut.

Certaines pierres dont les formes évoquent des lamas, serpents, condors et « cuyes » étaient aussi plaquées d’or.

Ce lieu de culte devait étinceler en tous sens, et a du éblouir les espagnols. Ils l’ont pillé, fondant le tout en lingots, et finissant même par tuer le dernier Empereur inca après que celui-ci eut payé sa propre rançon en or !

C’est toute la montagne qui recèle un travail de la pierre titanesque, avec des tunnels,des pierres à sacrifices ou des observatoires. Aujourd’hui les habitants y font ..du toboggan.

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Bien des zones n’ont pas encore été mises à jour, certaines habitées par des familles qui à vrai dire ne s’en soucient guère. Il faudrait des fonds énormes ( et improbables) pour tout sortir de l’oubli.

Chaque année de grandes reconstitutions y sont organisées, comme celle du culte de la Pachamama à laquelle nous avons assisté, en quechua, dans le quartier San Blas avec force distribution de feuilles de coca.

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Notre route nous mène ensuite au sud de Cusco après un pont colonial remarquable…P1080852

…où nous empruntons une piste tortueuse qui conduit notre vaillant camping-car à 4800m. Encore quelques centaines de mètres à pied au milieu des alpagas…

…pour atteindre les 5000m et la montagne aux 7 couleurs : EPOUSTOUFLANT !

Au fond, le massif de l’Ausangate (6384m).

C’est magnifique et totalement nouveau pour les enfants qui restent admiratifs.

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Tout le secteur pour venir ici est un savant mélange de couleurs à dominante rose et verte : un peu irréel.

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Les paysans, souvent pied-nus malgré le froid, retournent les parcelles de terre à la main. On en voit ramasser des crottes d’alpagas qu’ils mettent dans des grands sacs et qu’ils revendront comme engrais.

Les hameaux  envahis d’alpagas et de lamas, s’accrochent par-ci par-là au bord du torrent qui rejoint la vallée.DSCN2622

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Et lorsque nous croisons un minibus au centimètre près sur la piste, le chauffeur incrédule félicite Bruno d’être monté tout en haut en camping-car. Pourtant ce n’est pas la pire piste pour 4×4 que nous ayons faite, mais pour eux, ce doit être une première.

Nous retrouvons la route sud vers Puno qui grimpe imperceptiblement le long de la ligne de chemin de fer avant de redescendre sur le vaste plateau de Juliaca.

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La traversée de cette ville sous la pluie fine impressionne négativement Aurélie et Guillaume, mais même par beau temps, cette agglomération est détestable. Comment une ville peut-elle être dans un tel état de délabrement et même en plein centre la boue gicle jusqu’à nos fenêtres ?

On a hâte d’arriver à la fameuse plage de Chifron où nous avions passé de si bons moments en Juillet.DSCN2729.jpg

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Les enfant, comme chaque fois depuis leur arrivée, ont la chance d’occuper la dernière chambre libre d’un petit lodge charmant dominant la baie.DSCN2730.jpg

Nous, nous nous garons en bordure de plage gardés par deux chiens noirs, dont l’un, une chienne se montre très affectueuse et douce. Aurélie la surnomme  » Chifronette « .P1100059

L’endroit est toujours aussi idyllique. Cette fois nous sommes seuls :pas d’autre camping-car, et aucun touriste, même Péruviens.

Le patron du lodge, Walter, responsable d’une association de tourisme équitable, nous organise une journée sur une île Uros, réellement flottante et authentique, puis un accueil dans une famille à Llachon, sur la presqu’île, pour le repas typique de midi. Nous y mangeons de la soupe de légumes et de blé, de la trucha accompagnée de riz et de frites, quelques légumes et une gelée chaude de pomme….avant d’admirer la mère en train de tisser dans le jardin.DSCN2782

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L’île Uros se nomme Titino et nous nous y rendons tous les 4 en barque à moteur.

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Une famille de 6 enfants et adultes y vit. L’un des garçons nous explique la fabrication de l’île et comment ils sont organisés.

Il procède de la même manière que sur les autres îles déjà visitées, mais celle-ci fait           » vraiment  » partie d’un village divisé en îlots flottants. Les enfants vont à l’école en bateau sur l’île la plus grande. Ils ont tout de même des barques à moteur, des capteurs solaires, et boivent l’eau du lac filtrée. Ils ont évidemment tous leur Iphone. Ils mangent parfois les parties blanches des roseaux  » au goût de salade  » dit le jeune homme, mais ils vivent bien ici.DSCN2753

Bien sûr le tourisme les aide à vivre.

Le lendemain nous partons sur l’île d’Amantani située en face de notre plage. Elle est assez haute et pelée (vu du rivage).DSCN2810.jpg

Environ 10 villages et 8 petits ports sont établis tout autour et ici, pas de voitures. C’est Erika (20 ans), qui nous accueille, toute fière de porter son costume traditionnel. Elle passe son temps à filer la laine.P1100113

Les habitants tiennent à conserver leur traditions, tout en améliorant leur qualité de vie. Les maisons sont plutôt bien entretenues, les ruelles propres et les jardins fleuris.

Erika nous conduit au sommet d’une des collines où se trouve le temple carré de la Pachatata (version masculine de la Pachamama).

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En face et un peu plus haut, on aperçoit le temple circulaire de la Pachamama.DSCN2845

La vue, immense, s’étend jusqu’en Bolivie.

Une fois par an, en janvier, tous les habitants s’y retrouvent, apportant leurs meilleures offrandes au chaman qui, seul, à le droit de descendre au centre du temple…en échange de quoi, les dieux doivent honorer leurs voeux. S’en suit une grande fête dans la montagne où tous dansent, chantent et mangent, puis font un concours de danses. C’est aussi un bon moyen de maintenir un climat d’harmonie et d’entraide au sein des différents villages.

Les terrasses à perte de vue, entourées de murs de pierres sèches sont cultivés un peu partout. En octobre seront plantées les pommes de terre.

Erika est adorable et très loquace. Elle nous emmène ensuite déjeuner chez ses parents Ruben et Fani qui tiennent une petite auberge. Après le repas de soupe et de quinoa aux légumes, son père et elle nous font essayer leur costume traditionnel, ce qui nous vaut une bonne partie de rire.

A noter que les chemises brodées le sont par les hommes.P1100125

Nous profitons d’une journée supplémentaire de cette plage digne de la Méditerranée, Guillaume et sa mère ne pouvant résister au bain.

Chifronette, la chienne noire nous tient compagnie jour et nuit et Aurélie l’aurait bien ramenée en Suisse ! On repart à regrets comme ce fut déjà le cas en Juillet dernier.P1100043

Nous retournons à Cusco, profitant encore de la campagne sereine,DSCN2888

puis allons dîner au  » Kusikuy  » dans un environnement de murs incas d’origine, pour déguster Pisco Sour et   » cuy al horno  » dont la viande maigre fait penser à du lapin…

…avant, ….DSCN2284

…après…DSCN2945

âmes sensibles s’abstenir !DSCN2946

Guillaume et Aurélie repartent déjà à Lausanne, nous laissant enchantés de ces très agréables vacances partagées.P1090083

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PEROU: le retour- de CUZCO à CUZCO via l’Amazonie du 26 août au 8 septembre 2017

Nous revoici à Cusco (qui s’écrit indifféremment avec un s ou un z), et nous retrouvons l’Iveco en parfait état au camping Quinta lala. Nous avons décidé d’attendre l’arrivée de Guillaume, un de nos fils, et Aurélie pour visiter les monuments de la ville et nous diriger ensuite sur la route de Nazca au nord.

Le trajet est long et les éternels virages nous amènent tantôt en altitude, tantôt en fond de vallées où nous retrouvons la chaleur et de jolis arbres en fleurs. DSCN1690

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Nous apprécions ici aussi les points de vue et la qualité de l’asphalte. Rien à voir avec la Bolivie, sauf lors des fameux  » bloqueo « , ces coupures de route qui durent plusieurs heures, soit pour cause de travaux, (ils ne font pas de circulation alternée), soit pour cause de grèves (comme celles des instituteurs non payés depuis des mois).DSCN1710

L’altitude et les pentes très fortes ont raison de notre liquide de freins prévu pour le niveau de la mer (vendéen). Il se met à bouillir et c’est bien sûr en descendant que Bruno constate que sa pédale de freins s’enfonce jusqu’au plancher. Gloup !! Vite il doit pomper pour ralentir et par chance, nous arrivons à Abancay, ville pentue, en parpaings, et aux rue défoncées.DSCN1723.jpg

Un petit mécano nous change, dans la rue, le liquide au profit d’un spécial  » extrême température « . Et par la même occasion , nous faisons mettre une grosse rustine dans un pneu arrière à plat que nous n’avions pas détecté.DSCN1720.jpg

De jolis porte-bonheurs,  attirent notre attention.

Un peu refroidis par cette aventure, et redoutant une suite de virages aussi importants jusqu’à Nazca, nous décidons de nous y rendre plus tard, et faisons demi-tour vers Cusco.

D’autres choses un peu insolites attirent notre regard…un resto, un virage, et…

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Sur cette route du retour, nous découvrons par hasard un site d’observation de condors, un peu avant Limatambo.DSCN1828.jpg

La piste est étroite, avec des à pic non protégés..et il faut s’y reprendre à plusieurs reprises pour monter certaines côtes…

…..mais quelle vue !DSCN1742

Nous parvenons à environ 4000m d’altitude au village de  » la Chonta  » qui se découvre soudainement après un virage.

Nous nous garons face au volcan Salcantay (6271m) : la vue est magnifique.DSCN1755

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C’est l’adorable Giovana, petite guide de 20 ans qui nous emmène faire le sentier de 3km5, conduisant aux trois miradors construits par son père pour y admirer les condors.

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En chemin, elle nous montre toutes sortes de plantes curatives, me (MA) fait goûter des baies, et même un bulbe…d’orchidée, qu’elle ira chercher à plat ventre au-dessus du vide.

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Le lieu est idyllique, mais la plupart des fameux condors volent plus bas dans la gorge étroite, au grand désarroi de Giovana.

 

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Elle nous montre le rio où elle aimerait aller se baigner, mais elle croit qu’il y a des sirènes qui pourraient l’emporter. Nous restons dubitatifs !…sans pouvoir ébranler sa conviction.DSCN1772

Invités à dîner chaleureusement par sa mère Victoria, qui ne parle que Quechua, c’est le choc pour nous. Ils vivent dans deux pièces en terre au sein d’une petite ferme. Pas de fenêtre dans la pièce qui sert de cuisine, et c’est sombre. Four en terre traditionnel, et les seules choses  » modernes  » sont un réchaud à gaz, un petit poste de radio (qui diffuse de la musique locale), un placard et le cartable  » Barbie  » de la petite soeur.P1070750

La surprise, ce sont les  » cuy « , c’est à dire, la dizaine de cochons d’inde qui sont élevés dans la cuisine pour y être mangés, et défilent entre nos pieds, à la recherche de la moindre nourriture qui traîne par terre. Même la gamelle du chat ne leur échappe pas.. » couille couille « …(prononciation réelle). Giovana éclate de rire en nous disant  » c’est notre aspirateur ! « .

Quant au repas cuit dans deux grosses marmites, c’est tout simplement du riz, des pommes de terre aux lentilles, et de gros grains de maïs, le  » choclo  » que les cuyes adorent.

Puis Giovana nous fait entrer dans la chambre à coucher commune où trône un petit poste de TV bien neigeux des années 80. C’est si sombre qu’on aperçoit à peine les 3 grands lits enfouis sous de monticules de vêtements et de couvertures. INCROYABLE !, mais là, pas de photo…car son père est au lit..dort-il ?

Voici la maison :DSCN1792

Finalement, nous dormirons dans notre camping-car sur le terrain de foot ( qui ne sert qu’une fois l’an), entourés de chevaux et de moutons, face aux grands sommets et DEVANT les buts.DSCN1786

Le passage dans ce lieu magique et la gentillesse de cette famille resteront à jamais gravés dans nos mémoires. Nous souhaitons réussite à Giovana et au sien pour développer un tourisme équitable dans ce merveilleux site.P1070749

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De retour à Cusco, il nous reste une semaine avant l’arrivée de Guillaume et Aurélie. Alors nous décidons de nous rendre en Amazonie, à Puerto Maldonado.

La route 30C qui mène au Brésil est à la fois de bonne qualité et vraiment pentue.

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Les cols frôlent les 5000m non loin du massif de l’Ausangate (6384m). Les paysages y sont grandioses, nous faisant passer d’un coup de la très haute montagne à la plaine amazonienne.

La descente sur la forêt vierge n’en finit pas, mais de jolies orchidées poussent à même les rochers de bord de route.

Bien sûr nous n’échappons pas au  » bloqueo  » des instituteurs qui nous retarde.

Et c’est de nuit que nous arrivons à Puerto Maldonado. Garés, seuls, dans le camping         » Villa Hermosa « ….DSCN1946  09-04camping villa hermosa.jpg

…de Blanca et Manuel, un authentique Indien d’Amazonie,DSCN2062.jpg nous passons trois jours à sillonner les Rios Madre de Dios et Tambopata à la découverte de la faune locale. Une toute petite agence nous délègue son jeune guide, Fernando qui nous emmène voir des perroquets verts à tête jaune, pêcher les piranhas, marcher en forêt et chasser les caïmans et les capibaras la nuit.

Sa collègue Jaquelina nous conduit le lendemain sur l’île des singes et dans la canopée.

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Enfin le jour suivant nous nous rendons avec d’autres français sur le lac Sandoval, et le longeant à la rame, nous surprenons des singes jaunes, des  » patos serpiente « , sortes de cormorans à long cou qui nagent comme des serpents, des ibis verts,  des  » cérérés  » très colorés, et le top, une famille de loutres géantes dévorant de gros poissons.

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Un grand plus sera d’aller chasser la tarentule la nuit avec Fernando, rien que nous 3, et …même pas peur ! On a bien cherché aussi les serpents au sol et dans les arbres, mais en vain.

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Nos hôtes sont des gens adorables, et on passe une soirée à écouter Manuel nous parler des croyances des Indiens…visiblement les sirènes existent bel et bien…et il nous plaint d’émettre quelques doutes. Et en fait…

D’ailleurs, comme nous l’a dit Fernando, il n’est également pas question de se moquer de l’immense arbre sacré de la forêt qui peut faire 60m de haut, sinon…des bruits dans les grosses racines…et…chut !…les esprits pourraient nous perdre dans la forêt.P1080223

Aucun moustique ne sera venu rompre l’harmonie de ces quelques jours sur cet affluent de l’Amazone surplombé par le  » Golden Gate  » de 723m, plus long pont du Pérou.DSCN1983  pont 723m puerto maldonado.jpg

Faisant nos adieux à Puerto Maldonado et à sa chaleur moite, nous repartons vers Cusco.

Nous traversons au nord de cette ville la lamentable et dangereuse zone des chercheurs d’or (drogue, séquestration, prostitution…et dépotoirs).DSCN2083.jpg

Par contre nous quittons avec une pointe de regret ce Rio Madre de Dios où fut tourné en 1972, l’incroyable film « Aguirre,  la colère de Dieu  » et où se trouve encore échouée l’épave du  » Fitzcaraldo « .

Nous revoici à Cusco

 

PEROU : Aréquipa et Cuzco du 14 au 25 juillet

Notre route nous conduit au site précolombien et inca de Sillustani, après avoir traversé le village original deAtuncolla dont les toits sont décorés de croix et de taureaux protecteurs.

Sillustani (4000m) domine le lac d’Umayo.

On peut y admirer environ 50  » chullpas « , tours funéraires en pierres, remontant aux années 1200 à 1400 où étaient inhumés les chefs Collas et leurs familles, ancêtres des Aymaras (pré-incas).

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Les Incas ont ensuite utilisé le site en construisant de hautes tours (12m), en pierres polies parfaitement jointives. Ici reposaient jusqu’à une douzaine de corps momifiés en position foetale, et l’entrée est toujours du côté du soleil levant car les morts renaissent à la vie avec le soleil.

Le tout est assez surprenant et exceptionnel dans un paysage grandiose.

 

De là, une jolie route d’Altiplano, sauvage, jaune et désertique…

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nous amène à Arequipa 2ème ville du Pérou, dominée par le volcan pyramidal Misti (5822m),

et le massif de Chachani (6075m), encore un peu enneigés.DSCN0908

Route empruntée par de nombreux convois de camions de minerais venant d’Espinar au nord.Comme toujours, nous mettons une journée tandis que la carte Michelin suggère environ 300km.

C’est peu avant la longue descente sur Arequipa que nous apercevons avec surprise la fumée noirâtre d’un volcan.DSCN0874.jpg

Personne ici ne semble inquiet…tout va bien.

Arequipa est surnommée la ville blanche en raison de la pierre volcanique gris clair, le  » sillar  » qui était utilisé pour les construction par les Espagnols vivant ici.

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Nous nous garons dans le petit jardin-campingDSCN0880

à deux pas du centre ville, où nous retrouvons les allemands et les suisses vus au lac Titicaca, et à notre immense surprise, Yoannis et Rochelle avec qui nous avions traversé l’Atlantique…un vrai bonheur, car on les croyait au Brésil.DSCN0897

Nous nous ferons une soirée Pisco pour fêter nos brèves retrouvailles.

La place centrale est bordée de bâtiments coloniaux à arcades formant un bel ensemble, et d’une cathédrale tout en longueur.

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Ce qui attire les touristes ici, c’est d’abord la  » Compania « , église jésuite de la fin du 17è, et sa chapelle San Ignacio recouverte de peintures polychromes mélangeant représentations de saints et faune et flore amazonienne (souvenir du temps où les missionnaires de la Compania évangélisèrent la selva)…photos interdites, bien sûr ! Deux beaux cloîtres d’une grande sobriété lui sont attenants, reconditionnés en terrasses de café.