EQUATEUR : L’Oriente de Banos à Tena du 14 au 20 décembre 2017

La petite ville de Banos, extrêmement touristique bénéficie des eaux chaudes du volcan. C’est la fête et la foule nous fait fuir, même si nous aurions pu bénéficier des thermes.

Nous voici entrés dans la selva équatorienne. Les cascades, parfois immenses, dégoulinent un peu partout dans la vallée. Nous faisons un aller-retour, à nouveau seuls dans une nacelle « tarabita  » pour nous rapprocher de l’une d’elle à 200m environ au-dessus du torrent. Ils paraît que les Incas utilisaient déjà ce système pour joindre les deux rives montagneuses de ces canyons.

C’est aujourd’hui un moteur de camion qui tracte les câbles, conduit par un jeune employé.

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L’attraction attirant les vacanciers, d’autres  » tarabitas  » ainsi que des tyroliennes et des sauts à l’élastique ont été installés tout le long du rio encaissé, où poussent de superbes fougères arborescentes.

Mais c’est à Rio Verde que nous faisons la plus jolie halte pour descendre le long du  » Pailon del Diablo « . Il s’agit d’une cascade vertigineuse, de 80m, dont le débit varie de 15 à 60m3 par seconde dans un bruit assourdissant. Un sentier bétonné aboutit à des passerelles, tenues par des câbles, installées au-dessus de la cime des arbres, puis à la cascade elle-même.

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Attention, ça mouille !P1150325

Un autre accès amène les curieux en contrebas, mais maillot de bain conseillé et photos impossibles.DSCN8204

L’excellente route descend jusqu’à Puyo, porte de l’Amazonie.

Nous ne voulons pas nous attarder dans cette ville très commerçante, et remontons vers le nord en direction de Tena. Bruno enchaîne les virages doublé même par les poulets!

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Ici aussi c’est très construit partout avec de nombreuses maisons en bois sur pilotis.DSCN8494.jpg La  » selva « , bien que présente en bosquets, a laissé la place aux multiples cultures habituelles.

Nous déplorons, comme partout en Equateur, l’absence de miradors le long de la route. Il est pratiquement impossible de s’arrêter, sauf sur la route, car l’asphalte est longée de profonds caniveaux et les seules entrées bétonnées sont privées. C’est dommage car nous aurions aimé profiter des vues parfois étendues sur la forêt amazonienne à l’est.

Nous faisons halte à Misahualli le long du fleuve Napo qui rejoint bien plus loin l’Amazone.

Le restaurant  » el Jardin  » qui a effectivement un ravissant jardin accepte que l’on s’y gare pour la nuit si on y prend un repas.Comme il est bien noté, nous n’hésitons pas une seconde et mangeons très bien, seuls encore dans une salle ouverte sur le jardin et décorée pour Noël.

C’est là que, laissant notre camping-car sous bonne garde, nous partons sur le Napo dans une longue barque en bois avec un jeune étudiant en tourisme.

 

D’emblée, le fleuve à l’eau limpide nous séduit. La forêt que nous longeons est belle, dense et colorée. Nous y apercevons des mini- singes  » chichiquos  » mais si petits dans cette immense forêt !.P1150440 Dans un rapide, un tourbillon nous fait faire un demi-tour brutal et on s’échoue…  » pas de chance, mon vieux Milou, nous sommes toujours là « .

En fin d’après-midi nous partons en barque sur une petite lagune privée et récidivons la nuit.

La quiétude du lieu nous enchante, mais nous observons peu d’animaux à part des singes et quelques oiseaux. Les caïmans refusent de se laisser voir la nuit, sauf leurs yeux qui brillent dans l’obscurité…et pas même un serpent à l’horizon ! alors que nous avançons dans de hautes herbes et une végétation confuse.

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Le lendemain nous partons pour la journée en forêt primaire à une heure et demi de bateau à moteur jusque sur un affluent du Napo,  » l’Arajuno  » avec un petit groupe et un guide.

Nous faisons un arrêt dans une communauté de femmes qui initient les touristes à leur artisanat et à leur mode de vie.

Les peintures rouges qu’elles se mettent sur le visage sont issues de » l’achote ».

Si notre guide ne recherche pas les animaux, qui pour beaucoup ont fui bien plus loin en forêt, il connaît bien la flore et nous détaille les propriétés diverses de nombreux arbres et plantes.

Voici la liane  » curare « , un anesthésiant bien connu…P1150539

 » el peine del mono  » : la graine ronde sert de peigne…DSCN8423 corcho ou el peine del mono

l’arbre à cannelle dont on n’utilise plus que les feuilles pour préserver l’arbre lui-même…

le  » hunguraga « , palmier très dur utilisé pour la construction ( palmes et tronc) et où se nichent les  » chontacuros « , ces gros vers blancs comestibles ( beurk !) mangés crus  (juteux) ou grillés.P1150540

Notre guide s’amuse aussi à habiller de pied en cape la future reine de la forêt.

La forêt est magnifique.

La halte du repas nous permet de nous baigner avec  délice à partir d’une jolie plage de sable.DSCN8476

Un seul ennui, ces toutes petites noires quasi invisibles , mais féroces qui nous piquent. Bruno, resté en maillot de bain le temps du repas ( riz-haricots, ananas), aura une bonne quarantaine d’impacts, rien que dans le dos. Le problème, ce sont les cloques qui apparaissent quelques jours plus tard. Marie-Anne plus sensible, en fera l’expérience désagréable. C’est le  » sang de dragon « , sève rouge d’un arbre, acheté aux indiennes sur le marché, qui se révèle vraiment efficace : en quelques heures, le liquide rouge-sang, qui se transforme en pommade blanche quand on le frotte, cicatrise plaies et/ou ampoules. Il est excellent aussi pour calmer toute démangeaison et soigner, nous a-t-on dit, les mycoses.DSCN8299 La forêt est une véritable pharmacopée pour les indiens. Ceux-ci se battent pour qu’elle soit  préservée, comme cette femme dont la tribu guarani se trouve à 5 jours de bateau en pleine Amazonie.

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Elle vit du tourisme (un dollar la photo) et cherche à récolter assez d’argent pour aller rencontrer le Président en compagnie d’autres indiens… P1150361…et plaider leur cause. Néanmoins, elle nous dit aussi que ses enfants font des études. Les indiens de la forêt sont loin d’être  » arriérés « , ce qui n’empêche pas certaines tribus restées hostiles à toute arrivée d’étrangers, de les tuer s’ils passent la limite de leur territoire. En effet, trop de bûcherons et de mineurs viennent détruire la forêt nourricière et souiller les rivières. Les indiens n’ont alors aucun état d’âme, et on peut les comprendre…

Nous terminons la journée auprès de ces charmantes bestioles…

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…mais les singes sont plus drôles!

De Misahualli, village touristique où les singes  » capuccino  » guettent tout ce qu’ils peuvent chaparder, notamment au niveau de la plage…

…nous remontons vers Tena.DSCN8566 tena.jpg C’est une petite ville traversée par deux rios, la Tena et le Pano, qui se rejoignent en son centre. La municipalité a construit un  » malecon  » bien conçu et superbement décoré et illuminé en cette fin d’année.

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Elle a eu aussi l’idée de transformer l’ancien aérodrome en terrain de jeux multiples pour tous, ce qui attire les gens en soirée, mettant une joyeuse animation.

Pour nous, le hasard nous mène chez Ruben.DSCN8603 camping tena ruben Il a un petit terrain à 3km au bord de la Tena qu’il va transformer peu à peu en camping.DSCN8570 camping chez ruben Très accueillant, il nous montre les fines poteries réalisées par sa mère, et dessinées avec 3 ou 4 cheveux réunis comme un pinceau. Il les expose dans une cabane circulaire en bambou et toit de palmes tressées qu’il a lui-même construite.DSCN8569 Il nous montre les palmiers qui servent à faire les panamas.DSCN8568 palmiers pour faire des panamas

Nous allons nous baigner dans le courant de la rivière assez limpide et bien agréable. Cela nous rafraîchit, car dans le camping-car, la chaleur s’est accumulée ces temps-ci.P1150664

Le lendemain, nous avons rendez-vous dans une petite agence  » caveman  » spécialisée en canoë et rafting. Le jeune propriétaire, Jaime, est charmant. Une chance inouïe : nous sommes seuls avec un guide et un jeune sauveteur kayakiste au cas où, à partir descendre en raft 25km sur un affluent du rio Napo, le Jatunyacu. Pour nous, c’est une première d’autant que c’est une descente classe III. Mais bien équipés et bien briffés, nous passons une journée mémorable, affrontant pas mal de rapides avec de bonnes vagues et des tourbillons, entre deux portions de calme plat où notre guide, natif d’ici , nous parle de sa culture et de sa région. C’est un vrai bonheur, et l’occasion de nous re-baigner lors de la halte repas sur une petit plage.

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Et  » même pas tombés à l’eau mon vieux Milou « .

Nous sommes d’autant plus chanceux que le soir même, la pluie commence à tomber de plus en plus drue, et le lendemain, notre jolie Tena a doublé de volume, devenant marron !

Cela sonne le départ en direction de Quito, la capitale….

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