GUATEMALA du 13 au 29 avril 2018

Bienvenue au Guatemala !

Cela circule dans tous les sens.

Le sourire ? Ici, ils n’en sont pas avares. C’est un plaisir. Et une fois de plus, nous passons assez rapidement la douane que nous quittons en longeant une file d’au moins 3 km de camions ! Les chauffeurs connaissent la lenteur administrative et, en attendant, certains dorment à l’ombre sous leur véhicule, dans un hamac. C’est la foire d’empoigne et tous les moyens sont bons pour entrer et sortir.

Il y a beaucoup de gardes lourdement armés jusque dans les  cabines des camions ou devant les stations service. Rassurant ou inquiétant ? Dans cette partie sud où la route n’est pas fameuse, les paysages sont plus vallonnés que dans les pays précédents.DSCN6763

Les camions roulent trop vite, et nous passons devant les restes de chocs frontaux, qui ont dû être plutôt violents. Prudence !

Nous passons par Escuintla, où nous remarquons des personnes ENORMES à l’américaine, et déplorons la pollution des vieux bus. Où sommes-nous ?

Nous hésitons sur la suite du trajet, car le ciel est orageux et tout noir, et choisissons la direction nord où se trouve non loin, le volcan Pacaya (2500m), en activité depuis quelques années. Le site Ioverlander, conseille d’aller chez  » Manolos house « , un  » parking  » situé au bout d’un petit village en montagne.

Stupéfaction ! A vrai dire, on se demande si on ne se trompe pas. Mais non. Deux hommes nous font de grands signes, et c’est bien là.

Nous voici pour la nuit dans une sorte de terrain vague entre chevaux, volailles, chiens, cabanes en bois basiques, et cabane en tôle, entourés d’enfants en chaussettes dehors, au froid, noirs des pieds à la tête en raison du sol volcanique.DSCN6817 04-14 Manuel et Jorge

Mais les 3 frères, Manolo, Antonio et Jorge, sont vraiment accueillants, et nous expliquent qu’ils sont guides et pourront nous conduire au volcan. Le départ se fera à 4h30 du matin, et nous partirons à cheval, une première pour Marie-Anne.

Levés à l’heure dite, il fait nuit noire, mais les chevaux sont déjà prêts, avec leur selle…en bois. Bruno prend Princesa et Marie- Anne Tornado, comme Zorro. Et nous voici partis avec Manolo et Jorge, grimpant d’un bon pas le sentier de lave noire en tenant nos chevaux par la bride. Et la magie s’opère.

S’il a plu cette nuit, ce matin, le ciel est dégagé, et nous voyons apparaître le Pacaya : explosions oranges, coulées de lave, gros rochers fumant dévalant la pente du volcan.

Puis peu à peu le jour se lève, nous offrant le spectacle unique de l’émergence progressive au sein d’une mer de nuages, des cônes des autres volcans ( Agua, Acatenango et Fuego – très actif -).P1200451

Plus tard, ils seront tous trois totalement dégagés. Eruption du Fuego à gauche.P1200465

Nous remontons le long des coulées de lave des années 2010 et 2016. Impressionnant,  tandis qu’on s’approche du cône fumant et débordant de lave.P1200447

Au bout d’une heure, nous sommes arrivés au  » sentier  » que nous faisons à pied dans les éboulis noirs et agressifs pour nos chaussures.

Aucune odeur de souffre. C’est un volcan de type strombolien, et Manolo nous amène à près de 50m de la base du cône : les roches qui dévalent à toute vitesse sont très proches.P1200448

Dès que le soleil se montre, la couleur orangée devient fumée blanche.

Nous pénétrons dans un tunnel de lave qui ressemble à une grotte.P1200458

Au retour, cuisson d’un shamallow au-dessus d’un trou :  » c’est ‘aud !  » et même brûlant.

Jorge nous a attendu… et nous redescendons à cheval jouissant une fois de plus de la selle en bois sous nos fesses.

Nous prenons congé de ces Guatémaltèques qui essayent de travailler pour s’en sortir. En effet le volcan leur a déjà pris 2 fois leur maison, et le tourisme, les échanges amicaux sont une aide bien réelle, malgré un lieu de vie et des conditions difficiles. Ces premières rencontres nous rendent ce pays encore plus attachant.

De là, nous filons et traversons Guatemala City et ses embouteillages réputés.DSCN6834

Nous allons jusqu’à la ville d’Antigua (1500m), dominée  par le volcan Agua souvent couronné de nuages.DSCN6944

Cette cité coloniale a su entretenir son patrimoine culturel autant que possible, malgré les nombreux tremblements de terre, avec ses rues pavées, ses maisons colorées aux fenêtres grillagées, et ses patios fleuris.

La vieille cathédrale n’est plus que ruines, laissant imaginer la puissance du dernier séisme en 1773.

Le projet de construction était si imposant qu’en réalité elle n’a jamais été achevée, ni consacrée. La plupart des églises et couvents espagnols sont dans le même état excepté l’église de la Merced (16è), qui recèle une curieuse fontaine au centre de son cloître.

On vient aussi à Antigua pour son côté vivant, chatoyant et chaleureux.

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Les femmes venues des villages constituent un vrai défilé de mode.

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C’est très plaisant de se promener de rues en rues, taillées au cordeau, découvrant sans cesse de jolies cours et l’artisanat richement décoré du Guatemala. En ce qui nous concerne, ce sera le magasin-restaurant Epicure, qui nous enchantera : ils y vendent du bon fromage, des quiches lorraines à se damner, de la salade croquante et bien fraîche, et du…SAUCISSON au poivre venant d’Allemagne.

Ah, quel bonheur !!! C’est l’occasion de faire un plein de saveurs de  » chez nous  » pour lesquelles nous étions en manque depuis si longtemps. Le délicieux restaurant n’est que plaisir gustatif.

C’est sur le terrain de la police touristique que peuvent se garer tous les camping-cars.

Nous sympathisons avec Cédric, Célia, et leurs deux filles, Lana et Maddy.Eux vont vers le sud. On échange nos informations de voyage, et puis d’autres familles arrivent : des français, des québécois avec un gros bus canadien,P1200614 et un charmant couple argentino-espagnol, Hugo et Conchita.DSCN6973

Enfants et parents sont trop heureux d’être tous ensemble, et se font là de nouveaux amis.

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Marie-Anne apprend que les québécois de Montréal sont allés se marier dans le très joli village médiéval  où elle a passé toutes ses vacances  : Montréal dans l’Yonne, son village de famille. Inutile de préciser sa stupéfaction.

Nous avons rendez-vous avec  » la création « , c’est à dire le volcan Fuego, strombolien (explosif) hyper actif pouvant libérer des nuées ardentes. Pour cela nous montons en camping-car jusqu’au petit village de San José sur le volcan Acatenango. Ici, des associations comme APRODE, gèrent les parcours touristiques. Nous nous garons devant chez Elvin et sa famille dont les parents extrêmement ouverts et gentils nous accueillent pour la soirée. Après le diner frugal,…DSCN6983 …le père sort sa guitare, son fils Elvin, sa flûte à bec et la famille commence à nous chanter quelques chansons. A leur grande surprise, Marie-Anne fait de même avec sa guitare, et c’est le début d’une longue soirée musicale et joyeuse, totalement improvisée. Les chants sud-américains sont à l’honneur (cielito lindo, carnavalito, la cucaracha,etc…).

Le lendemain,nous partons seuls avec l’oncle d’Elvin, Guillermo en direction du camp de base du volcan Acatenango. Des groupes de jeunes routards font de même, et nous grimpons 7km500 sur les très fortes pentes de lave noircies et glissantes. Pas facile !

Le cheval guidé par deux enfants et qui devait porter le sac le plus lourd, est si vieux et quasi à l’agonie qu’il ne peut en supporter la charge, alors que nous comptions sur lui.

Au bout de 4h30 (temps estimé par les guides entre 4h et 6 h), nous arrivons en fin d’après-midi sur une petite terrasse de lave et Guillermo nous monte notre tente.

Le spectacle est face à nous.

Quand soudain une énorme explosion tel un gros coup de tonnerre…DSCN7010

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Le majestueux volcan Fuego crache environ toutes les 20 minutes un gigantesque jet de fumée, de pierres, et de rochers  qui retombent avec fracas le long de ses pentes  noircies dans une incroyable explosion.

Il se calme et recommence, se couvre et se découvre de nuages tandis que la nuit tombe.

Au loin, l’Agua s’enfonce dans la nuit.P1200676

Si Guillermo s’occupe du feu pour le diner et pour nous réchauffer…hum !,…

…nous ne détachons pas nos yeux du merveilleux spectacle qui s’offre à nous. Et que dire de la nuit !

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Au rythme des explosions, le ciel s’illumine d’un véritable feu d’artifice, tandis que la lave s’écoule sur un côté. Dîner-spectacle d’une rare beauté et d’une puissance stupéfiante.

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Bien que couchés tôt, outre le froid, le Fuego ne nous laisse pas vraiment dormir, poursuivant ses fortes explosions de manière régulière. Bruno sent le souffle et le sol trembler. Ce n’est pas la bière…

Et quand nous nous levons à 4h du matin, suivant Guillermo, autant dire que nous avançons au radar pour finir l’étroit sentier très pentu qui mène au sommet de l’Acatenango. En fait le soleil se lève assez rapidement sur une mer de nuages d’où émergent les volcans Agua et Pacaya, tandis que les lueurs oranges de notre Fuego se transforment en fumées blanches.P1200725

Fatigués, nous préférons ne pas faire la dernière montée, verticale,…

… et redescendre pour profiter des dernières éruptions visibles, du Fuego en  » petit-déjeunant  » (très très sobrement).

 

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De retour, à moitié pente nous trouvons un cheval pour finir la descente et sur lequel Bruno monte et pose nos sacs. Celui-ci n’est pas mourant, mais la zone des escaliers s’avère particulièrement délicate et Bruno se cramponne (le cheval aussi).

Adieu Guillermo et Elvin.DSCN7040

Quittant à regrets cette charmante famille, nous partons vers le lac Atitlan, épuisés, mais trop heureux de ces deux jours exceptionnels.

Atitlan est situé au nord-ouest de ces volcans à 1560m d’altitude au-delà d’une plaine de cultures maraîchères.DSCN7044

On le dit  » plus beau lac au monde « . Peut-être est-ce un peu surfait. Il s’agit d’un grand lac de cratère qui a la singularité d’être entouré de 3 volcans de plus de 3000m: le San Pedro,DSCN7048 le Toliman DSCN7066et l’Atitlan…DSCN7076

…qui sont rapidement couronnés de nuages et peuvent disparaître le soir dans une brume tenace. Nous allons dans un hôtel-camping à Panajachel et nous garons sur le grand terrain herbeux juste au-dessus de l’eau. Il n’y a qu’un camping-car allemand et nous.DSCN7053

Vue imprenable, et temps superbe le lendemain. P1200760

Ayant loué une  » lancha « , nous partons à la journée faire le tour du lac et visiter 4 villages. Ils ont conservé leurs traditions.

Santiago Atitlan, le plus grand, est situé au pied du volcan Toliman sur une baie protégée des vents de l’après-midi qui peuvent devenir violents.

C’était à l’époque pré-colombienne, la capitale du royaume Tzutuhil. De belles villas aux pelouses parfaites bordent cette partie du lac. Un guide en tuk-tuk nous emmène découvrir les  » curiosités « .

Nous rendons visite à une femme de 72 ans, cheveux très longs qui nous montre comment elle entortille un bandeau de 7m de long afin de se faire un couvre-chef entouré sur lui-même, le  » tocoyal « .

Elle porte un pancho court délicieusement brodé d’oiseaux, le  » huipil « , et une sorte de pagne tissé écossais tenu par une ceinture brodée, comme toutes les femmes et de nombreuses petites filles dans cette région.

Ce sont les femmes qui tissent elles-mêmes ces tissus, et leurs broderies sont si raffinées qu’on ne sait plus où regarder.Les hommes portent des chemises colorées et un large bermuda sur lequel oiseaux et fleurs sont brodés.P1200868

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Ici les traditions mayas sont toujours fortes et si la religion catholique a sa place, les croyances païennes restent d’actualité. Le syncrétisme arrange tout…P1200993

Ainsi le mannequin  » Maximon  » est vénéré par les indiens. Chaque année il change de maison et les gens viennent lui déposer des offrandes et lui demander  » la lune « . Il porte chapeau, cravate, bouteilles d’alcool et billets, et le chaman lui allume cigarettes sur cigarettes.P1200810

Après avoir versé notre offrande (payé !), nous pénétrons dans une petite maison où se trouvent 3 hommes. L’un d’eux accompagné d’une femme qui ne dit rien, récite des  » prières  » devant une rangée de bougies allumées et manipulant avec vigueur un encensoir.

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La cérémonie semble tout de même bien rodée pour la venue des touristes, car à peine sommes-nous sortis que tous reprennent leur portable, remettent la musique à fond, fument et boivent des bières. Nous nous devons de respecter ces traditions, mais c’est assez surprenant tout de même.

L’eau du lac sert de boisson, mais aussi pour la baignade et la lessive. Qu’en est-il des eaux usées ?

Elle est claire, mais pas partout. Notre guide nous quitte devant la grande place. La chapelle du chaman est à l’angle de l’église…aux saints curieusement vêtus.

C’est jour de marché. Les costumes locaux sont magnifiques et d’une infinie variété de couleurs et de broderies.

Nous apprécions cette richesse artisanale du Guatemala singularisant chaque village ( un peu comme au Pérou). Les femmes sont plutôt gracieuses et les hommes discrets. Il faut ruser pour prendre quelques photos sans risquer de les offenser, ou bien il faut payer, comme au Pérou ou en Bolivie.P1200944

Notre  » lancha Tio Liix  » nous emmène ensuite à San Pedro, au pied du volcan du même nom où un incendie s’est déclaré.DSCN7112

Bien des bars et des petits hôtels ont envahi le bord du lac, lieu de prédilection de nombreux routards.

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Les habitants exploitent des caféiers dans le haut du village, plus calme.

San Juan est davantage spécialisé dans les ateliers de peintures ( ça sent la copie à la chaîne), de teinture du coton et de tissage. Par contre, le village situé en hauteur, est sans intérêt.

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Nous terminons notre tour par un arrêt à San Marcos où notre  » capitaine  » ne nous octroie gracieusement qu’une demi-heure, redoutant les vagues du lac pour le retour (dit-il). C’était la fête au village, mais nous y arrivons un peu tard. On aborde entre de beaux jardins. De nombreux baba-cools ont investi les lieux et proposent du zen, du yoga, des massages, etc…, ce qui a du bouleverser un peu les traditions de ce village  » cakchiquel  » où sont encore tressées des nattes en jonc et de la corde en fibre d’agave.

 

Nous revenons en fin d’après-midi à Panajachel où une multitude de petits bateaux proposent des balades sur le lac. Des restaurants ont envahi la berge, mais c’est une petite ville tranquille, qui vit avant tout de tourisme.

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La soirée est paisible, et le coucher de soleil…pas mal du tout.DSCN7138

Nous n’irons pas plus loin dans les montagnes et éviterons Guatémala- City, plus grande ville d’Amérique Centrale, qui n’offre pas beaucoup d’intérêt, et de réputation dangereuse. Son contournement offre peu de points de vue.IMG_0010

Direction le nord-est, le long du rio  » Grande o Motagua « .

Nous arrivons à Quirigua, ancienne grande cité maya réputée pour ses stèles en granit et ses sculptures zoomorphes datant des années 700 à 800 après JC. Le site est caché au milieu d’immenses bananeraies appartenant à une société américaine.  On est d’ailleurs réveillés tôt par les passages incessants d’avions qui viennent traiter les plantations.

Quirigua fut un centre commercial important où arrivaient jade et obsidienne depuis l’altiplano du Guatemala. Mais la ville échangeait avec ce qui est aujourd’hui, le Honduras, le Bélize et la péninsule du Yucatan.

Nous entrons sur la grande place de 150mx300m, une des plus grande de l’ère maya. P1210132Malheureusement, les travaux de protection menés de façon anarchique empêchent d’admirer la plupart des pierres gravées (6 stèles visibles sur 16). La plus haute mesure 10m60.

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Elles sont bordées de cartouches indiquant avec des hiéroglyphes les dates de fabrication, ainsi que des informations concernant les gouverneurs, leurs richesses, et leurs relations avec les dieux. Des sculptures zoomorphes représentent des animaux sacrés. Et d’autres encore des personnages importants, rois ou prêtres.

L’acropole a été en partie restaurée. Ce sont des constructions massives réservées au gouvernants et servant de lieux administratifs ou privés. L’ensemble est formé d’une série d’édifices construits les uns sur les autres au cours des générations.

Les mayas considéraient le jade comme la pierre la plus précieuse et pérenne, à tel point qu’ils se faisaient tailler les dents puis incruster de petits morceaux.La fraise du dentiste nous semble plutôt rudimentaire !

On trouve du jade de différentes couleurs allant du blanc au rosé, au vert ou au noir. Les masques en jade vert ainsi que des colliers accompagnaient les défunts importants dans leur voyage vers l’inframonde.P1210225

L’obsidienne était également recherchée pour la fabrication de couteaux bien utiles aux prêtres pour …les sacrifices humains. Les artistes, plus pacifiques, en faisaient aussi des objets d’art qui pouvaient accompagner les défunts vers l’au-delà.

Notre premier contact avec cette civilisation maya nous laisse déjà deviner à quel point elle fut riche, bien organisée, et étendue sur toute la péninsule du Yucatan jusqu’au Honduras. Il nous faudra un peu de temps pour imaginer leur manière de vivre.

Nous repartons en direction de l’est, traversant, amusés, un certain petit pont.IMG_0109

Le paysage change peu à peu et nous voici à Rio Dulce.

C’est aussi le nom du fleuve qui va se jeter dans la mer Caraïbe alternant goulots d’étranglement et lac ( Golfete). Un immense pont l’enjambe. En contre-bas se succèdent hôtels au toits de palme et marinas.

Cette région propice aux cyclones offre là une zone favorable et protectrice pour les mouillages de nombreux voiliers.P1210251 Nous allons en fait un peu plus loin à San Felipe, entre lac Izabel et rio Dulce. Un joli petit fort a été construit par les espagnols à l’entrée du lac pour contrecarrer les attaques répétées des pirates.P1210247

C’est dans le camping très  » local  » d’Octavio, qui nous reçoit vraiment éméché que nous retrouvons François, Carole et leurs 3 enfants ( vus à Antigua). Une nuit chez lui suffira !

Le lendemain, nous louons un bateau pour aller ensemble jusqu’à Livingstone situé sur la mer Caraïbe à 3 heures de là. Le rio traverse un grand lac  » el Golfete  » où paissent des lamentins malheureusement impossibles à voir, et où les oiseaux aquatiques nichent en colonie sur des îlots. Puis nous passons à nouveau dans des sortes de gorges avant d’atteindre Livingston.

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Ce village afro-indien n’est relié au reste du pays par aucune route. Ici vivent les         » Garifunas « , noirs descendants d’esclaves introduits par les anglais et les espagnols dans les Caraïbes. Ils ont ensuite essaimé sur toute la côte. D’ailleurs, à peine arrivés, nous sommes attirés par les percussions d’une école de musique où des jeunes filles s’initient à la danse.P1210383

La nonchalance semble le mot d’ordre ici. Les commerces sont tenus par des indiens d’origine et non par des noirs. Hormis son ambiance Caraïbe, ce village n’a pas d’intérêt particulier, pas plus que sa plage en contre-bas.

Nous en repartons assez vite et allons déjeuner au bord du fleuve où le grand toboggan d’un hôtel fait le bonheur de petits et grands.

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Une bien agréable journée un peu dépaysante et relaxante.

Huit heures de route nous amène à Florès, petit bourg pittoresque construit sur une île du lac  » Peten Itza  » où nous nous arrêtons pour la nuit.

Nous voici justement dans la région du nord Guatémala, le  » Peten  » où se cache une multitude de cités mayas, la plupart n’étant encore que monticules couverts de végétation. Un des sites les plus réputés : Tikal, centre du royaume de la griffe du jaguar, du nom d’un de ses rois.

Nous parvenons au camping après un délicieux bain dans le lac de  » Peten Itza » à el Remate. L’eau ici, contrairement à Florès, est limpide.

Tikal n’est qu’un vaste ensemble de ruines mayas enfouies à 80% dans la jungle, dont la fondation remonte au 7è siècle avant JC et qui n’a été découvert qu’au 19è siècle. Grand centre religieux, et cité commerçante d’importance, entre 250 et 900 après JC, elle a connu des hauts et des bas. C’est surtout sous le règne d’Ah Cacao (682 à 734) que Tikal a retrouvé toute sa puissance et s’est étendue sur 160 km². Les grandes pyramides restaurées au 20è siècle datent de cette époque. Elles ont servi de décor à la base rebelle de Yavin dans  » Star Wars 4 « , et dans l’un des Indiana Jones de Spielberg notamment.P1210484

Cette cité était recouverte de couleurs vives – rouge sang et bleu – et de sculptures qui ont disparu en raison de l’humidité et de pluies tropicales qui désagrègent le calcaire. Elle sera progressivement abandonnée vers l’an 900.

Nous avons rendez-vous à 6h30 avec Israël, un guide érudit pour une visite qui va durer 4 h, entre monticules de cailloux et anciennes terrasses disparaissant sous la forêt tropicale.IMG_0472

Les monuments restaurés donnent cependant une bonne idée de l’importance de cette cité aujourd’hui cachée dans la jungle.

C’est en montant tout en haut des pyramides, petit exploit physique par 38°  même s’il y a parfois des escaliers en bois, qu’on peut apercevoir les édifices les plus hauts où les prêtres priaient tandis que les nobles pouvaient asseoir leur pouvoir, surveiller la ville et faire de l’astronomie avec une précision extraordinaire.

Les pyramides ont été construites progressivement sur de longues périodes. A la mort de chaque roi, celui-ci était mis au tombeau au centre d’une nouvelle terrasse recouvrant les précédentes, un peu à la manière des poupées russes. C’est ainsi que grandissaient ces magnifiques monuments construits par les esclaves sous les ordres des architectes (nobles).

Le plus haut temple, celui du serpent à deux têtes mesure 64m60 et date de 741 après JC. La vue y est époustouflante à condition de gravir ses 180 marches …avec une grosse soif.

Certains temples ont conservé des bas-reliefs, mais la pierre calcaire est très érodée comme c’est également le cas des stèles plantées à la base des pyramides à la gloire des dirigeants.

Les mayas ne connaissaient pas la clé de voûte et vivaient dans des pièces longues, étroites, coniques de plafond, sombres, dans lesquelles ils s’éclairaient avec un bois résineux très inflammable.P1210526

Les bâtiments les mieux restaurés sont les temples, les palais, l’acropole (lieu de réunion de la population), le jeu de balle ( » juego de pelota « ) dévolu à la noblesse et les observatoires.

Le peuple vivait en dehors dans des maisons en bois et terre et toit de palmes, disparues avec le temps. A Tikal, la grand place est remarquable. D’un côté une acropole et palais (demeure de la noblesse et bâtiments administratifs),

de l’autre, deux pyramides se faisant face : le temple du grand jaguar du souverain Ah Cacao (45m), dont la tombe était pleine de bijoux en jade, de coquillages, de perles et de céramiques.IMG_0453.jpg

En face, la pyramide de son épouse morte jeune. Nous y montons par un escalier de 38m.IMG_0450

Enfin on peut observer ce jeu très particulier du jeu de balle où deux murs généralement obliques se font face dans lesquels étaient scellés de grands anneaux en pierre, tandis qu’autour, des gradins accueillaient des personnalités.P1210708

Les équipes de 3 à 7 joueurs (nobles) devaient y faire passer une énorme balle en latex de 3kg5 issue de la sève du  » chico sapote « . Ce jeu sacré évoquait la relation entre les 3 mondes (supra, infra et monde des vivants), mais les règles étaient strictes : il était interdit d’utiliser mains et pieds. Les joueurs portaient des protections à la hanche, aux épaules, aux coudes et aux genoux, afin de lancer la balle. A l’issue du match,  ici le vainqueur était sacrifié, un honneur pour lui car il allait rejoindre l’inframonde, passage obligé de tout mortel avant de rejoindre ses ancêtres.

Il faut noter que les classes sociales étaient figées et l’on était roi, prêtre,noble guerrier ou architecte, chaman, astronome, etc ainsi que peuple de base de père en fils.

Retournant, seuls, le soir à l’acropole, nous avons droit à un remarquable concert de chants d’oiseaux.

Puis avant la nuit, nous allons jusqu’au lac des crocodiles. Chanceux, nous en apercevons un qui va se cacher dans les bois. Mais il lui arrive de rendre visite aux marchands de souvenirs devant lesquels nous l’observons. Un homme s’est déjà fait dévorer ici même !IMG_0555.jpg

La faune est présente partout : singes araignée, et hurleurs, toucans, perroquets, pics à tête rouge, oiseaux divers comme le paon (pavo ocelado),  agoutis, coatis… Ici, la jungle est bien vivante.

 

C’est en redescendant 2km avant El Remate vers le lac de Peten Itza, que Marie- Anne signale un bruit inhabituel à Bruno. Il s’arrête immédiatement sur le bord de la route. Pas d’anomalie apparente, alors il ouvre le capot, et là : de l’huile noire partout !!!  » Je crois que c’est grave  » se contente-t-il de dire…en pensant à une casse moteur.

Par chance il avait acheté une carte téléphone locale, pour la première fois. Il appelle un hôtelier français d’El Remate. Ce dernier, charmant, nous dit qu’il prévient la police touristique et que son voisin est justement mécano. On ne pouvait mieux tomber !

Très vite la police arrive, puis le mécano. A plat dos sous le véhicule, il déclare que la durite d’huile doit être percée et peut la réparer. Il démonte les tôles de protection du moteur puis ressort au bout d’un moment, le visage couvert d’huile noire,  mais sourire aux lèvres :  » c’est le filtre qui s’est desserré  » nous dit-il. De fait une grosse flaque d’huile s’est formée par terre. OUF!!!

Il resserre le tout, Bruno met de l’huile dans le moteur, qui n’en avait plus du tout, et vraiment soulagés, nous repartons après l’avoir chaleureusement remercié ( et payé).

Du coup, nous allons déjeuner au  » Bon Ami  » chez ce sympathique français qui nous invite aussi a faire un petit plongeons divin dans le lac depuis son ponton. Cela efface toutes les tensions.IMG_0579 ponton bon ami

Puis, pas encore vaccinés, nous repartons pour obliquer vers le site de Yaxja un peu plus loin. C’est une longue et très très mauvaise piste ravinée qui nous attend dans la jungle. Est-ce bien raisonnable ?

Marie-Anne veut faire demi-tour, mais Bruno a confiance dans sa mécanique, et dans le mécano d’El Remate.

Nous y arrivons tout de même mais après la fermeture du Parc, et ne voulant pas refaire cette piste en sens inverse, nous insistons, et les militaires qui gardent l’entrée, finissent par accepter que l’on se gare sur leur terrain, à deux pas du lac aux crocodiles en nous disant  » mais surtout n’allez pas dans l’eau « .IMG_0599

Il fait toujours très chaud et la nuit, sans vent, nous laisse trempés au réveil. Dès l’ouverture du Parc, nous sommes prêts mais avons encore deux kilomètres à parcourir difficilement en véhicule, pour rejoindre le site perdu de Yaxja.IMG_0603 04-29 Yaxha

Celui-ci a été occupé de 600 ans avant JC à 900 après JC. Cinq cent édifices de pierres ont été détectés, la plupart couvert de terre et de végétation comme à Tikal.IMG_0623

Nous apprécions vraiment le fait de nous y promener quasi seuls, le long de sentiers bien balisés pour découvrir, pyramides, acropole, palais, petits temples, jeux de balle…

Cette ville est bâtie sur le même modèle que Tikal, mais moins restaurée. Par contre elle est proche d’un grand lac naturel, que l’on découvre en montant à même les pierres en haut de la plus grande pyramide, dotée d’une stèle bien conservée.(temple des mains rouges). La vue y est superbe.P1210800

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Un deuxième temple moins haut nous permet une vue à 360°. Chose incroyable, c’est d’ici que nous avons une longue conversation avec un de nos fils sur whatsapp.

Pourtant nous sommes entourés de jungle à perte de vue dans ce Peten du nord Guatemala qui jouxte le Yucatan et fait face au Bélize. Les singes hurleurs ne sont pas loin.

Nous repartons heureux de cette visite et fiers d’avoir pu passer malgré le caractère complètement défoncé de cette piste.

 

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La frontière avec le Belize n’est pas loin…

 

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Nous garderons un très agréable souvenir du Guatemala et des sympathiques Guatemaltèques. Les volcans stromboliens nous ont énormément plu et impressionnés. Coup de coeur pour le lac Peten Itza dans sa partie sauvage, malgré la beauté du lac Atitlan, et pour la ville coloniale d’Antigua où nous avons eu plaisir à nous y promener jour et nuit en toute sécurité.

Le charme de ce pays réside aussi dans sa diversité de costumes traditionnels   brodés d’oiseaux, de fleurs multicolores ou de motifs propres à chaque village. Il y avait longtemps qu’on n’en voyait plus. Les gens sont fiers de leurs jolis tissages si colorés, de leurs peintures, et aussi de leur joie de vivre communicative.

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INCROYABLE ET TRISTE A LA FOIS: le Fuego a réellement explosé.

Le manque de wifi fiable nous a contraint a enregistrer ces lignes le 3 juin au Mexique alors que nous étions sur le Fuego les 17 et 18 avril. Or au moment même où nous mettons ce texte en ligne, le Fuego est rentré en éruption à 11h locale. Une énorme explosion a projeté des pierres incandescentes à 2200m de hauteur ainsi qu’un panache de cendres à 10.000m. Quand nous y étions les projections de pierres atteignaient 500m. Les villages proches ont été touchés par des coulées de boue et de lave engloutissant des maisons et leurs habitants faisant plus de 60 morts ainsi que de nombreux blessés et disparus. La ville d’Antigua toute proche d’où on voit le Fuego …P1200608…a également été couverte de cendres…Nous l’avons échappé belle, mais avons une pensée très émue pour toutes ces victimes, et ces guatémaltèques qui nous ont accueillis si gentiment.

La nature peut être belle et somptueuse mais elle peut aussi s’avérer bien dangereuse (comme en témoigne cette copie d’image de l’explosion du 3 juin).

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SALVADOR du 11 au 13 avril 2018

 

 

Le passage de la douane Salvadorienne se fait en deux endroits distants de 5km. Toujours le même cinéma de papiers à attendre et de photocopies à aller faire faire.

Mais là il faut en plus se faufiler entre les gros camions pour atteindre la douane au bout d’une impasse et ATTENDRE…ces messieurs ont fermé le guichet pour discuter.

 

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Les camionneurs font la queue, et eux, ne sont pas prêts de sortir du pays.DSCN6633 entrée salvador

Le Salvador faisant partie de ces pays dits dangereux, nous nous proposons de le traverser rapidement par la route côtière. Dans la campagne s’il y a des maisons en terre, bien des gens vivent dans la misère sous des abris en tôle ondulée, en plastique ou en planches construits au bord de la chaussée. Souvent ils n’ont qu’un vélo comme unique moyen de transport familial. Nous croisons aussi des chars à boeufs dont les roues en bois sont pleines. Les plus riches possèdent des troupeaux de vaches.

 

En ville, les marchés regorgent de sachets de nourriture, et l’animation bat son plein. Ici les femmes portent des petits tabliers en dentelle, d’autres, un fichu sur la tête.P1200418

 

 

La nuit tombant vite alors que nous venons de passer la frontière, Bruno enfile rapidement la route qui descend sur le pacifique, route signalée comme dangereuse en matière de criminalité. Nous sommes heureux d’arriver sans problème au bord de la mer juste au coucher du soleil. Hélas tous les terrains sont privatisés, et les rios et mangroves abritent des crocodiles. Mieux vaut aller plus loin.DSCN6650.jpg

Nous finissons par trouver un terrain libre, annexe d’un hôtel, au-delà de la plage d’El Cuco. P1200400Le gérant n’est pas bavard, comme beaucoup de ceux croisés ces derniers jours. Nous voici seuls garés près des cocotiers, dégustant des bières la nuit face à une immense plage aux fortes vagues…soirée détente…Il paraît que les tortues y viennent pondre, mais ce n’est plus la saison.

 

Au-delà, la côte rocheuse est tout à fait propice au surf.

 

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Nous continuons et passons devant des champs de canne à sucre récoltée à la machette. DSCN6720.jpgNous doublons des trains de camions pouvant aller jusqu’à 4 remorques.

 

On nous a déconseillé de passer par la capitale, San Salvador, et nous éviterons aussi la région montagneuse de Santa Ana où certains voyageurs se sont fait attaquer. Bruno roule sans cesse en direction du Guatemala, mais il nous faut faire une ultime halte, avant de pouvoir passer la frontière de La Hachadura qui se trouve à environ 50km. L’orage menace et la chaleur est étouffante.

Nous trouvons un terrain de cabanas à la plage Los Remedios, pour y passer la nuit.DSCN6707 rancho los cobanos Mais le jeune gardien, pas très futé, nous intime de partir à 7h le lendemain, alors qu’il n’y a personne. Il ronchonne, pas aimable du tout. De surcroit,nous avons encore droit aux moustiques, pour se protéger desquels, nous devons  fermer toutes les fenêtres, sinon ils passent malgré les moustiquaires. Et le thermomètre regrimpe à 35° dans le camping-car. Quand on vous dit que ce pays est violent…!

Surprise : la mer est chaude à souhait, calme, pas forcément propre avec tous les petits hôtels qui la bordent, mais tant pis, c’est trop agréable, on y reste. Un dernier bain avant de partir le lendemain, mais à 9h, Bruno ayant donné à notre cerbère un dollar de plus.

 

Nous rejoignons la frontière sans échapper aux fameuses photocopies à faire faire  » plus loin senora « …DSCN6733 04-13 sortie salvadorDSCN6735 photocopie sortie salvador

Comme à chaque fois, le mot d’ordre est ATTENDRE et SOURIRE. Mais tout compte fait nous quittons le Salvador assez rapidement. Nous n’en garderons pas un souvenir impérissable. Mais on ne peut juger un pays en deux jours, bien évidemment.

 

 

HONDURAS 11 avril 2018

Nous ne faisons qu’une bouchée du Honduras que nous traversons en une demi-journée, passant presque plus de temps aux frontières que sur la route sud d’environ 140km entre Guasaule et El Amatillo.Nous ne monterons pas jusqu’à Tegucigalpa, la capitale. Mais tout se passe bien pour nous.

Nous sommes étonnés de voir des champs de panneaux solaires,DSCN6595 et une Panam’ en bon état après la ville de Choluteca.DSCN6585

Côté paysages, même sécheresse, même brume de chaleur enveloppant collines et cônes volcaniques, et puis bien sûr, toujours les ordures et les cultures de canne à sucre.

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NICARAGUA du 3 au 11 avril 2018

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La frontière de Penas Blancas que nous avons la chance de passer en  2h seulement, nous fait l’effet d’un flash back: tuk-tuks, charrettes à chevaux, ou à boeufs, motos familiales, sacs plastiques et poubelles partout.

Pourtant la route est assez bonne, mais comme en Colombie, les arbres plantés tout le long occultent souvent la vue.

Nous rejoignons rapidement l’immense lac Nicaragua – 2è grand lac d’Amérique Centrale – sur lequel trônent 2 volcans sous forme d’îles.

Les plages atteignables sont peu attirantes, et très sales. Pas question de s’y baigner. Pourtant certains y vont et se lavent tout en faisant leur lessive.

Le Nicaragua qui, de manière unique possède 2 lacs intérieurs, tels des mers : le Nicaragua et le Managua, est aussi couronné d’un vrai chapelet de volcans d’ouest en est, et dont la plupart sont actifs (maquettes).

La chaleur incessante est tuante. Tout est très sec. DSCN4401Naturellement tout ne reverdira qu’en Mai-Juin ou juillet à la saison des pluies. Nous nous dirigeons vers San Juan del Sur, espérant pouvoir nous rafraîchir dans le Pacifique.

Il s’agit d’une petite baie tranquille, dominée par un grand Christ, et nous avons l’accord pour dormir une nuit sur le port gardé.

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L’odeur des camions de poissons n’est pas des plus agréable, aussi nous en repartons dès le lendemain en direction de la première plage accessible, atteignable par une piste bien poussiéreuse.

Hélas on ne peut y aller en véhicule, et le petit rio est squatté par des crocodiles. Bruno part à leur recherche, mais n’en voit furtivement qu’un petit.

On se rend compte aussi que toute la côte est en grande partie privatisée, mais nous trouvons un hôtel en retrait devant lequel nous stationnons sur la piste, et on nous offre la possibilité d’avoir un excellent wifi dans une superbe salle au toit de palmes pour finir notre blog sur le Costa Rica.

Quant à la plage non loin, elle est hélas dédiée aux surfeurs, et une fois de plus nous devons faire demi-tour, déçus.DSCN4457.jpg

Nous quittons cette zone sèche et très chaude malgré le vent, car il fait 38° dans l’Iveco. Nous remontons alors vers Granada, située au bord du lac Nicaragua.

C’est  » la  » ville espagnole historique de ce pays. Peut-être sommes-nous devenus un peu difficiles, compte tenu de nos précédentes visites de villes coloniales.

Granada est toute colorée (les maisons sont repeintes tous les ans avant Noël), mais elle ne pourra jamais rivaliser avec Cartagena, malgré ses carrosses tirés par des chevaux, ni avec Cusco ou Sucre.

Les gens pourtant aiment que leur maison soit gaie, agréable à vivre, propice à faire chaque jour la fête, (les femmes ici aiment particulièrement les cheveux de couleur), nous a-t-on dit. Là réside peut-être l’originalité de cette cité par rapport à ses lointaines rivales…

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La cathédrale récente et en béton peint, possède des fresques uniques en cours d’exécution par un peintre natif.

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La vue depuis le clocher dévoile un ensemble de toitures en tuiles, qui s’égrennent jusqu’au lac.

Des embarcadères partent des  » lanchas  » (petits bateaux).

En effet, Granada est bordée de 365 îlots dont beaucoup ont été vendus à des particuliers et des hôteliers. Nous en louons une en fin d’après-midi depuis la marina gardée, où nous nous garons pour la nuit.

C’est une jolie balade, particulièrement calme.

Mais pendant la nuit, nous avons droit à un fort coup de vent et le batelier nous dit que les vagues peut atteindre 3m sur le lac. C’est lui aussi qui nous fait découvrir une fleur extraordinaire sortie d’un simple tube et qui donnera un gros fruit semblable, de loin, à une noix de coco. Un vrai feu d’artifice naturel !DSCN4532.jpg

Le Nicaragua est fier de son lac de cratère Apoyo. Nous y descendons, mais sans pouvoir en profiter car les moindres accès à la rive sont privés et occultés par les arbres.

Un hôtel accepte qu’on se gare sur son parking pour la nuit. Les singes hurleurs ne sont pas loin. Malheureusement, une forte pluie vient perturber notre sommeil et imbiber le terrain, recouvrant tout le secteur d’une brume épaisse. Plus question de se baigner. En repartant, l’Iveco s’embourbe et commence à glisser dangereusement dans la pente de terre noire. Bruno, aidé du personnel de l’hôtel, a quelques difficultés à extraire notre pauvre camping-car de ce piège de boue. Petite frayeur tout de même !

Tant pis pour ce lac renommé pour sa limpidité, chaleur, et pureté. Nous poursuivons via des petites routes en direction de Masaya, une petite ville entourée de cultures fruitières, comme l’ananas, mais absolument sans intérêt, et même dangereuse au dire même des habitants.

Bordée d’un lac impossible à voir ni à atteindre, elle est toute proche du volcan éponyme.

Il est actif et visible, certes de jour, mais surtout la nuit. Le règlement du Parc y est strict : on monte à 18h en convoi de voitures, et le temps imparti sur le parking au bord du cratère, y est limité. En effet, les épaisses fumées acides qui s’en dégagent sont nocives pour les poumons et changent rapidement de direction en fonction du vent. Nous avons la chance d’arriver là-haut dans les tous premiers. Les coulées de laves solidifiées sont parfaitement visibles, et y poussent d’ailleurs des frangipaniers et des plantes cactées.

Arrivant au coucher du soleil, nous parvenons tout juste à apercevoir l énorme cratère vertical, profond de 300m. Une vraie cheminée.P1200282

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Là : le bonheur de voir et d’entendre tout au fond, le bouillonnement incessant d’une lave orange, voire blanche. C’est très IMPRESSIONNANT.

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Malgré les autres touristes autour de nous, nous sommes scotchés sur ce gouffre d’une rare beauté. Personne n’a envie de partir, même quand le vent rabat les fumées acides qui nous font tous tousser. Pourtant coup de sifflet : les gardiens nous ordonnent de remonter en voiture…un autre convoi va arriver, puis d’autres se succèderont encore tard. Du reste, le dernier sera celui de ministres, venus bien encadrés par des 4X4 de la police, alors que nous sommes sur le point de nous endormir, garés pour la nuit à l’entrée du Parc.

Le lendemain nous y retournons pour voir le petit musée. Le cratère, lui, n’est plus que fumée blanche ou grise.DSCN4718

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Nous apprenons que des perroquets verts y ont construit leurs nids, nullement gênés par  les vapeurs d’acide. Curieux, non ?

Ce volcan Masaya reste sous très haute surveillance, car il peut exploser à tout moment. Il est temps d’aller vers la capitale, Managua.

Outre ses larges avenues, et ses bâtiments dignes des pays de l’est, cette ville nous paraît très curieuse. DSCN4766On dirait une sorte de Disneyland pour adultes avec ses arbres en métal, et ce      » malecon  » au bord du lac Managua, constitué de restaurants et de jeux de toutes sortes.P1200325

Voici le port  » Allende  » et on retrouve un peu partout ses propres maximes.

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Mais il n’était pas le seul…P1200338

Par chance il n’y a personne lors de notre passage.  La ville semble en pleine reconstruction, mais nous n’en savons pas grand chose, car nous n’avons aucun guide pour ce pays. DSCN4763Comme partout toutes les maisons sont grillagées.

Le temps brumeux et l’attrait de l’eau qui nous caractérise nous incite à éviter de faire un long crochet par les montagnes du centre.

Bien des voyageurs nous ont conseillé de nous arrêter à Leon entre Pacifique et chaîne de volcans. C’est dit : nous faisons d’abord une halte à  » vieux Leon  » où sont conservées quelques vagues ruines de cette ancienne capitale.

Le village est assoupi au bord du lac de Managua à quelques encablures du volcan Momotombo (1279m), cône presque parfait dont nous voyons le panache de fumée.DSCN4822 04-09 momotambo

 

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Ce village de pêcheurs est paisible, les gens souriants et calmes, même quand ils mettent leurs amplis à fond pour aller se baigner en famille.

 

Mais ce n’est pas là encore que nous iront nous baigner : trop sale.DSCN4844

En route vers Leon, nous constatons à quel point tout est sec.

Un aller-retour jusqu’aux plages nous confirme ce que nous supposions : là encore, les bords de plages sont privatisés. Petits hôtels, bars, villas, terrains privés et maisons abandonnées…nous sommes loin de nos rêves.

 

Obligés de nous stationner dans des  » campings  » payants, qui n’en sont pas, sales et agrémentés de feux de plastiques, surtout la nuit, histoire de  » nettoyer  » les restes de la journée écoulée.

Le bain est de courte durée.

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La plupart des plages au Nicaragua offrent des rouleaux assez puissants faisant le bonheur des surfeurs. Ce n’est dont pas pour nous, aventureux certes, mais à la recherche de plages tranquilles, faciles d’accès et baignables.

Nous repassons à Leon le temps d’une visite sous une chaleur intense : quelques bâtiments coloniaux intéressants attirent notre regard, mais sans plus. La cathédrale toute blanche, et éblouissante, est entourée d’une multitude de petits commerces.

 

Le pauvre musée de la révolution aurait bien besoin d’une bonne restauration.DSCN6523.jpg

Le Nicaragua, pour sa partie Pacifique, nous laisse sur notre faim, tant sur le plan touristique qu’au niveau des rencontres. Un petit regret d’avoir fait l’impasse sur les régions montagneuses plus au nord, et ses nombreuses réserves, restera dans nos mémoires…mais on ne peut tout voir. Nous n’avons même pas envie de tester la descente en monoski du volcan Cerro Negro foulard sur le nez pour ne pas respirer la poussière de lave qu’avalent allègrement les touristes.DSCN6556 04-11 vers cerro negro.jpg

Si le pays abonde en cultures fruitières et canne à sucre – café et tabac dans les montagnes -, il mériterait un bon coup de restauration de son patrimoine culturel et de son réseau routier, qui manque cruellement de bonnes routes secondaires. La sécurité n’y est pas garantie, comme elle ne le sera pas non plus au Honduras et au Salvador. La pauvreté d’ici tranche réellement avec le Costa Rica, et les détritus qui jonches les routes révèlent un problème d’éducation récurent. Alors que fait le gouvernement dont les affiches d’auto-satisfaction abondent elles aussi tout le long de la route ?DSCN6553

Nous avons hâte de poursuivre notre chemin et de traverser rapidement Honduras et Salvador pour rejoindre le Guatemala.DSCN6562.jpgMais pour la sortie, nous tombons sur un douanier pointilleux:  » Où sont vos sacs ?  »  » On n’en a pas  »  » Mais là, sur le lit ?  » « Mon sac à dos ? « . Marie-Anne lui montre qu’il n’y a rien dedans. Il est déçu et fait ouvrir quelques placards. Sa collègue reste, elle, cinq minutes à ausculter les poussières accumulées dans la fente du sol où coulisse la moustiquaire de la porte latérale!

Bon, mais tout compte fait, comme tous, ils sont ravis d’avoir pu visiter le camping-car.

Quant aux papiers, c’est un poème à chaque fois – entrée comme sortie – avec une paperasserie démentielle et inutile. Dans ces pays, il faut payer à l’entrée ET à la sortie, donner un certain nombre de photocopies qu’on ne peut faire à l’avance puisqu’ils réclament la copie du tampon qu’ils viennent d’apposer, et ces copies, on ne peut les faire que :     » là-bas  »  » plus loin « , mais jamais au bureau de douane…

Patience…sourires…et nous nous en sortons !DSCN6566 04-11 sortie nicaragua

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COSTA RICA du 6 mars au 3 avril 2018

Drôle de frontière où « Costa Rica » ne figure qu’en petites lettres sur un bâtiment anodin. En 2 heures photocopies, assurance et tous tampons sont faits. Pas mal !DSCN2414

A nous le Costa Rica !!! Tout change : ambiance  » jungle « , ce qui nous plaît d’emblée.

Nous descendons sur la côte Pacifique à Golfito, ancien port bananier, prospère jusqu’en 1980, où nous nous devons d’être prudents, nous a-t-on dit. La plupart des maisons ont des grilles et des barbelés.DSCN2424DSCN3901

Pourtant les  » ticos  » ainsi qu’on appelle les locaux pour les distinguer des  » gringos « , ont l’air bien civilisés, respectant le code de la route, faisant des sourires et de grands bonjour. Par prudence,  nous passons la première nuit à côté des gardes-côtes. La baie du  » Golfo Dulce  » est calme et apaisante.DSCN2429

Nous nous dirigeons vers la Péninsule d’Osa où se trouve le Parc national du Corcovado. Jolie route asphaltée dans la forêt sur fond de Golfe.

Les cigales sifflent tant et plus de manière stridente…c’est bien la jungle retrouvée!

Nous nous posons à Playa Blanca, plage tranquille, bordée de gros ficus, de cocotiers et d’amandiers (pas les nôtres), dont les aras macaos adorent les fruits, mais ils ne sont pas les seuls.DSCN2520

Du reste, une dizaine de ces beaux spécimens rouges, jaunes et bleus, qui font un raffut de tous les diables,  volent d’arbres en arbres au-dessus de nous. Le spectacle quotidien nous comble.P1180663

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Pas de vagues, mais une eau chaude dont nous profitons immédiatement à la nuit tombante : le rêve ! Ce n’est pas mal du tout malgré ces micro-algues qui picotent par endroits quand on nage. A chaque brasse, nous sommes entourés de petits points lumineux dus à des micro-organismes phosphorescents. C’est joli comme tout.

La mangrove est juste là, mais ni crocodiles, heureusement, ni serpents, en principe !

A coup sûr nos  » vacances  » commencent ici.

C’est à Puerto Jimenez, fin de la route goudronnée sur la Péninsule, que nous laissons le camping-car pour une journée dans l’unique camping, à deux pas d’une plage de sable noir.

Nous partons dans le Parc du Corcovado, via une agence avec d’autres touristes. Et là le rêve commence…

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Que ce soit la plage sans fin bordée de cocotiers, et d’une forêt secondaire luxuriante, où poussent même des bananes carrées, les déferlantes turquoises, ou la faune, tout est exceptionnel. On se croirait dans Ko-lanta.DSCN2634

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