CHILI : San Pedro de Atacama du 11 au 17 mai

Nous voici au  CHILI à 4300m, et la route grimpe encore sans faillir, nous réservant bien d’autres surprises.

Nous nous rapprochons peu à peu des volcans les plus hauts.

Une rencontre improbable avec ce petit renard très tenace qui nous suit longtemps malgré l’altitude:

Nous recevons quelques flocons de neige à 4450m, et les montagnes disparaissent sous les nuages. Cela nous inquiète un peu pour la suite de notre voyage en Bolivie toute proche. Le col est enfin là :DSC08671

On se sent un peu essoufflés malgré tout bien que buvant régulièrement (si si c’est uniquement de l’eau!). Nous nous demandons sans cesse ce que la nature va inventer pour nous étonner, tant on a traversé de paysages différents en relativement si peu de temps. Tout n’est que beauté, pureté, originalité….monde sauvage, à part, mais hostile cependant, et balayé par ce vent puissant et épuisant.

Enfin apparait le volcan Juriques, 5704m, ainsi que le Licancabur qui se dresse devant nous, cône presque parfait de 5916m.

La descente sur le Salar d’Atacama est une véritable vue d’avion, magnifique aussi et spectaculaire.

Seul inconvénient,ce sont ces kilomètres de descente en ligne droite avec seulement quelques virages de 4800m à 2440m, jalonnés de voies de secours pour les véhicules dont les freins lâchent. Les camions de carburants ou de transport de voitures les dévalent à 110km/h, doublant pareillement dans la ligne droite ou les virages, ce qui fait peur.

Bruno descend le plus lentement possible, mais le moteur a vite fait de s’emballer et nous nous arrêtons un moment pour faire refroidir les freins. Rien à voir avec les routes d’Argentine dont les fortes pentes sont bien étudiées et bien plus aisées à descendre.

Mais quels beaux paysages!DSC08760

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Le Salar d’Atacama  » Reserva Nacional Los Flamencos « , situé dans le désert le plus aride du monde, s’étend sur plus d’une centaine de kilomètres. C’est l’un des plus grands gisements de lithium mondial.

San Pedro nous stupéfait par son aspect africain : murs en terre couleur taupe, rues en terre, poivriers, arbres du désert, place arborée bordée de maisons à arcades, petites échoppes…

Et à notre grande surprise il y a ici énormément de jeunes touristes français. Beaucoup nous abordent, curieux de savoir comment nous avons fait pour venir à San Pedro avec notre propre camping-car. Il y a ici une petite communauté française vivant essentiellement du tourisme. Brigitte (ancienne prof de philo) et son mari qui ont un petit hôtel, sont les premiers à nous accueillir autour d’un café, dès qu’ils nous aperçoivent.DSC08773

Le bourg a du cachet, et on s’y sent bien tout de suite, dormant au hasard des rues, comme souvent.DSC08765

Nous partons au sud du Salar en direction de la laguna Tuyaito (route ch23) dès le lendemain de notre arrivée et visitons Toconao.

Le Salar, sablonneux et blanc de sel est très vite balayé par un vent à  » décorner les boeufs  » qui se transforme en vent de sable féroce. Nous ne voyons plus ni la route asphaltée, ni les montagnes. Prudents, au-delà du Tropique du  Capricorne, nous nous garons à Socaire, à l’abri du mur d’une maison où nous passons la nuit en attendant que cela se calme.

Le lendemain, c’est l’anniversaire de Bruno !!!! Happy birthday, la la la….

Nous montons prendre le petit déjeuner plus loin et….le ciel dégagé nous offre un merveilleux paysage de montagnes blanchies pendant la nuit et brillant sous le soleil radieux. Quel beau cadeau !…une féérie !

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Nous poursuivons plus au sud.

La piste qui devait nous amener à la laguna Tuyaito étant fermée  par la gendarmerie pour cause de neige, nous nous contentons de la vision depuis le col sur la vallée.

Puis nous grimpons par une piste sablonneuse où, comme d’habitude il n’y a que des 4X4, pour rejoindre la laguna Miscanti au pied du volcan du même nom(5622m).

La vue est absolument grandiose…

 

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C’est ici que Bruno souffle ses bougies:

Mais là aussi, il nous est interdit d’aller jusqu’à la lagune voisine, Miniques, pour quelques centimètres de neige (principe de précaution ?). Dommage !

C’est le vent par contre, fort et froid, qui nous coupe le souffle lorsque nous remontons au camping-car (4231m).DSC09007 Comme partout dans ces altiplanos, nous croisons des groupes de vigognes sauvages nullement impressionnées par notre véhicule.DSC08948

Repassant à Socaire sous le soleil nous découvrons une jolie petite église.

Nous nous rendons ensuite à la laguna Chaxa à 2300m sur le Salar même.

C’est là que se reproduisent les flamands roses, l’eau regorgeant de crevettes, mais nous en voyons peu. Le chemin déambule au milieu d’épaisses croûtes de sel.

Par contre, le coucher du soleil sur la chaîne des volcans est somptueux. De plus, le vent s’est calmé : c’est magique.

Il existe trois espèces de flamands : celui de James (clair, pattes rouges), celui du Chili (au bec noir), et le flamand andin (aux plumes rouges)…et comme par hasard nous voyons un flamand albinos ! Voyons…d’où est-il?DSC09118

Le lendemain, nous allons à la laguna Cejar (proche de San Pedro), sur le Salar.DSC09139 Il y a là un petit lac turquoise entouré de concrétions de sel bien blanc. L’eau ne doit pas dépasser les 16° ? peut-être, mais c’est un délice de s’y plonger malgré sa forte teneur en sel proche de la mer Morte.

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Une petite douche après – en plein désert -, et nous voici bien détendus.

Un peu plus loin, la lagune Tebenquiche est différente mais bien plus grande et superbe aussi. Pas un souffle de vent, et les montagnes tout alentour qui s’y reflètent dans des tonalités marron, rose, orangé, extraordinaires et pures.

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Aucun bruit, personne d’autre que nous : un rêve face à ces volcans mythiques…Licancabur,P1030709 Lascar,P1030707 Miscanti et même au loin, le fameux Llullaillaco…pour ne citer que les plus hauts.

C’est le soir même que nous montons vers les geysers de Tatio à 3 bonnes heures de San Pedro.

La nuit tombe vite, et nous parcourons toute la piste qui grimpe fort, longe parfois des lagunes remplies de volatils,  et se termine en espèce de longue route d’altitude très surprenante, de nuit.

Nous garant comme des voleurs, sans bruit, devant l’entrée du parc, nous dormons à 4305m sous un ciel étoilé exceptionnel de pureté. La grande ours bien visible est à l’envers de la France. Sans doute fait-il -10° dans la nuit…notre chauffage fonctionne bien avec sa bouteille de gaz argentin, ce qui est du luxe par rapport à d’autres camping-caristes.

Nous nous levons vers 6h30 dès que nous entendons les premiers 4X4 arriver (partis vers 4h30 de San Pedro !), et les suivons jusque sur le site des geysers.

Ce n’est que lorsque le soleil fait irruption derrière les volcans un peu enneigés que les geysers s’animent crachant jets d’eau bouillante et vapeur de plus en plus haut dans le ciel. C’est aussi le rush des cars de touristes, mais l’espèce de cratère d’où sortent les fumerolles est assez large pour tous.

 

 

Après leur départ, vers 10h30, nous allons investir seuls ou presque, la piscine dans laquelle s’écoule un ruisseau brûlant. Sensation très agréable au soleil, tout en observant les geysers s’éteindre les uns après les autres ( les geysers se forment quand il y a une forte différence de température avec l’extérieur). L’air est frais, mais l’eau délicieuse.P1030804

Le retour sur San Pedro, de jour, nous dévoile un paysage que nous n’avions pu imaginer la veille, et de toute beauté…superbe trajet !

Les lagunes sont envahies de vigognes et d’oiseaux  aquatiques multicolores sur fond de volcan actif comme le Putana (sic!) dont nous apercevons le souffre qui sort du cratère fumant.

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De retour à San Pedro, il nous reste un peu de temps pour aller faire un tour dans la vallée de la lune. Les montagnes  » suent  » le sel, ce qui leur donne l’aspect de roches enneigées. Nous y restons jusqu’au coucher du soleil , toujours magique, admirant l’amphithéâtre et la dune brune immaculée qui le borde. Bien sûr nous ne sommes pas seuls pour un tel spectacle.

Après cette belle journée, nous avons rendez-vous, la nuit, à l’observatoire d’Alain Maury, français établi ici, qui, grâce à ses connaissances (c’est un ancien du CNES) et ses 12 téléscopes dans son jardin, au sud de San Pedro, nous fait voyager avec d’autres curieux parmi les constellations et les milliards d’étoiles qui nous dominent. Un vrai régal ! Nous avons juste la croix du sud au-dessus de nous.

Chanceux, après qu’ils nous ait tous réchauffés avec une boisson chaude, il reste bavarder avec nous dehors jusque tard dans la nuit, et nous dormons garés devant chez lui…en plein désert.20170515_234059~120170515_234114~1

San Pedro est gravé à jamais dans notre mémoire.

S’il y a un lieu à découvrir au Chili, c’est certainement cet endroit merveilleux. Il vaut le voyage, même s’il faut prendre le temps de s’habituer à l’altitude.

Depuis San Pedro, il y a des quantités de sites admirables à découvrir en 4X4 ou en voiture.DSC09444

Les agences sont foison, et leurs offres très variées. C’est pourquoi il y a ici tant de jeunes routards, dont des français du reste. Euh… et pour ceux qui cherchent, comme nous, du beurre sans sel….il faut chercher longtemps.

Nous gardons un souvenir émerveillé de toute cette région entre Salta (Argentine) et San Pedro de Atacama (Chili) : pureté, beauté, couleurs, grâce,… mais aussi gentillesse des personnes rencontrées. Je pense à Brigitte, et à cette jeune française qui a fermé son agence pour nous aider à trouver une carte détaillée du Sud Lipez auprès des guides boliviens.

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…le Sud Lipez ?

Nous avons rencontré dans une rue de San Pedro, un couple de parisiens, Lucien et Mélanie, et George (2 ans1/2) qui prévoient de partir en camping-car Iveco en Bolivie, en traversant le fameux Sud Lipez. Très vite, ayant sympathisé, nous décidons de nous grouper pour cette difficile et aléatoire traversée située entre 4000 et 5000m.DSC09448

Le 17 Mai, prêts, les pleins faits (eau, gaz, gas-oil, nourriture…et linge lavé à la lavanderia), nous nous arrêtons à la douane chilienne de San Pedro (une heure d’attente derrière les touristes qui vont partir exclusivement en 4X4 !).

Nous filons par la longue longue ligne droite qui grimpe jusqu’au poste de police bolivien à 4484m (à ne pas confondre avec la douane bolivienne, bien plus loin et bien plus haute), proche du volcan Licancabur.

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CHILI : de Valparaiso au Paso Agua Negra du 2 au 8 avril 2017

Bienvenue au Chili !

Commençant la descente spectaculaire du col nous assistons à l’arrivée d’une course cycliste mixte, juste au moment ou le vainqueur franchit la ligne d’arrivée.DSC04068 vainqueur course cycliste

Ce doit être épuisant pour les 300 coureurs – ou plus..- une telle montée en lacets impitoyable.

Le dernier est loin, très très loin dans la vallée derrière la tête de course. Nous ne saurons jamais si il a attaqué la série de virages… ! et les femmes ne sont pas les dernières!

Rapidement, nous descendons dans une vallée chaude et digne de notre Provence : arbres fruitiers en quantité, vignes, orangers, mais aussi des cactus, sur fond d’Aconcagua. C’est l’opposé exact de la route Argentine et de ses rares oasis.

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Nous arrivons sur le Pacifique à Valparaiso, ville aux 45 collines, un dimanche en fin d’après-midi.

J’étais assez inquiète au départ, car tous les blogs parlaient de camping-cars attaqués par des bandes aux feux rouges. Bruno, confiant, à juste pris soin de fermer à clef toutes les portières, et nous prenons notre temps pour sillonner différents quartiers, mais en véhicule afin de ne pas le laisser en stationnement.Les villes ne nous attirent pas pour ces raisons de sécurité et de difficulté de stationnement. Ici, il faut faire encore plus attention, mais ce long tour nous laisse le temps de nous imprégner un peu de l’ambiance. Sur certaines collines, de belles demeures en bois du 19è attirent notre attention.

Valparaiso est connue pour ses funiculaires, antiques machines qui grimpent à flanc de colline. Ils datent de la fin du 19è (Ascensor Artilleria 1883).

Nous butons sur de petites ruelles pentues qui se terminent en escalier. De jolies maisons colorées s’étalent tout autour de la baie.

Le front de mer est dédié au train, si bien que la plage est occultée.DSC04148

Ce qui saute aux yeux, ce sont les graffitis absolument partout, sur les murs, comme sur les rideaux de fer des magasins. Certains sont artistiquement réalisés, mais beaucoup sont du  » n’importe quoi « , n’en déplaise aux amateurs.

La ville jouxtant Valparaiso, Vina Del Mar, est au contraire moderne avec ses buildings, son casino, ses restaurants et hôtels en tous genres..et bien sûr sa plage. Encore une station balnéaire qui n’est pas pour les camping-caristes que nous sommes.Nous poursuivons la côte plus au nord, hyper bétonnée comme cette forêt de tours qui de la mer part à l’assaut de la colline.

Mais parfois une statue de la Vierge trouve aussi sa place face à la mer.DSC04265

Plus haut , la côte continue à être défigurée à la mode espagnole malgré la présence de jolies plages.

Pourtant, nous faisons une superbe halte au village de Zapallar, construit à flanc de colline, sorte de Côte d’Azur locale, au bord d’une ravissante plage de sable blond, encadrée de grosses villas étonnantes en ce lieu.

Les jardins très fleuris sont soignés. Un certain nombre d’employés municipaux veillent à la propreté parfaite des rues et sentiers côtiers,DSC04297 balayeurs au travail

si,si…!

A cette époque de l’année, la plage n’est plus payante et la police municipale nous autorise à y passer la nuit,P1020450

top..!DSC04347

Dans le port minuscule, des pélicans se font admirer.

Nous aurions aimé rester au bord de cette plage de rêve et de son eau limpide invitant à la baignade, mais…

La route continue à longer la côte couverte de maisons cubiques très modernes dominant des criques rocheuses privées ou difficiles d’accès.DSC04365 Des résidences gardées ultras chics privatisent aussi les pentes côtières. Toute cette côte est très prisée par la population aisée de Santiago. Mieux vaut passer notre chemin.

Heureusement viennent ensuite  des petits ports de pêche tranquilles et plus authentiques ou nous rencontrons des Chiliens bien sympathiques. C’est dans l’un d’eux, Papudo, que nous assistons au départ des pêcheurs le matin au milieu des pélicans.

D’autres sont déjà en train de trier poissons et  » langostinas  » pris dans leurs filets.

Ce sera pour nous l’occasion de déguster dans notre camping-car ces petites bestioles – de la taille d’une écrevisse – oranges et violettes : un régal !DSC04411 notre repas

L’océan si bleu sous le soleil découvre une frange d’écume blanche s’explosant sur les côtes rocheuses, elles-mêmes parsemées de plages au sable blond.

Au fur et à mesure que nous progressons vers le nord, les paysages se diversifient, se transformant en collines jaunies et couvertes d’épineux et de cactus allongés.

Les chiliens les utilisent en les replantant en rang d’oignons pour en faire des clôtures.DSC04457

De grands parcs d’éoliennes se sont développés face à la mer. Ce n’est pas bien beau, mais c’est la preuve que le Chili est partie prenante dans les énergies renouvelables. Au même titre que les grands travaux routiers, ce pays investit pour son développement et sa modernité.DSC04462.jpg

C’est au sud de La Serena que nous découvrons une très jolie plage de sable presque blanc: la plage de Totaralillo. La mer est si claire que  Marie-Anne va s’y baigner : c’est son premier bain dans le Pacifique, tandis que les surfeurs s’amusent un peu plus loin.

Les villages précédents comme Tongoy ou Guanaqueros, bien que sur de grandes baies dégagées, ne nous ont pas semblé suffisamment  » sécurit  » ni ouverts pour notre mode de camping sauvage. Du reste, quand nous avons un doute nous nous garons sur un parking de station service pour la nuit. C’est souvent bruyant, mais il y a toujours une présence et on peut y avoir parfois de la vue comme ici.DSC04482 2017-04-05 station copec sud coquimbo

La Serena, située sur une grande et jolie baie de sable est une ville moyenne et universitaire. L’habitat y est de style espagnol néo-colonial, mais cette architecture qui en fait le charme, est récente, imposée dès 1948 par le Président du Chili, Gabriel Videla, originaire de cette ville.

Beaucoup de monde et de commerces au centre ville.

Un grand nombre d’églises attirent notre attention tandis que sa voisine – Coquimbo -, a carrément construit une croix gigantesque, mode Rio pour le dernier jubilé …..et -on ne s’y attend pas ici-, le Roi du Maroc a financé une mosquée, copie de La Koutoubia , juste à côté.

Nous quittons cette jolie côte, ravis de l’avoir découverte et partons en direction de Pisco. Nous nous enfonçons dans la vallée de l’Elqui, zone de production du Pisco… » qué zaco  » ?!…, le Cognac local,  mais beaucoup moins bon que le vrai Cognac au dire même d’un homme qui en produit ! Un comble, mais c’est un français basque (et nous confirmons). Ils produisent aussi un Pisco plus léger que la plupart des Chiliens apprécient avec du coca.

La vallée de l’Elqui, également appelée,  » route des étoiles  » est située dans la région des observatoires.DSC04627

Ciel pur, bleu intense, soleil 300 jours par an, terres caillouteuses arides plantées de vignes caractérisent cette région de montagnes rouges et dénudées.

De grands filets tendus horizontalement et verticalement maintiennent un taux d’humidité satisfaisant en captant la rosée.

La majorité des vignes de vin blanc font 2m de haut permettant aux vignerons de travailler à l’abri du soleil.

Les  » babacool « , réminiscence des années 70, ont investi ces vallées proposant toutes sortes de formules  » zen  » anti-stress et compagnie, et circulent en mini cars VW décorés de peintures d’un autre siècle ( le 20è !). Cet endroit vaut non seulement pour ses caves, mais aussi pour ses fameux observatoires, car l’air y est extrêmement pur. On en aperçoit de loin, perchés en haut de montagnes orangées, les coupoles se détachant sur fond d’azur.

La lune étant presque pleine,…DSC04756

…l’observatoire  » del Pangue  » qui nous intéresse, créé et géré par un français, …est fermé. Par contre on nous propose d’aller voir celui de Vicuna mis en place par la municipalité pour les touristes à  » Cerro Mamalluca « . Faute de mieux, nous nous y rendons en taxi (2h aller et retour). Hélas, c’était à prévoir, les télescopes sont petits et notre guide photographe de métier, décevant malgré son  » baratin  » espagnol ininterrompu. Nous rentrons sans avoir appris grand chose, si ce n’est que « nos ciels  » sont différents et que les 3 étoiles alignées verticalement, et qui nous ont suivis tout au long de notre voyage (déjà sur le bateau) s’appellent les 3 Maries (« cinturon » de Orion), et indiquent l’ouest.

Vicunia est la « capitale » de la vallée de l’Elqui, nous y découvrons la tour « Bauer » qui a la particularité d’avoir été construite en 1905 en Allemagne par l’ancien maire né à Ulm.

 

Puis nous poursuivons par la visite des caves de Pisco  » Mistral  » très agréablement organisée, avec son petit musée d’objets anciens de vignerons, sa cave ou les bouteilles son stockées enfoncées dans un mur épais : s’il en manque une on le voit tout de suite !

Dégustation très agréable que Sophie, d’origine basque, nous propose.

Le Pisco, véritable boisson nationale , est une eau de vie de raisins blancs conservée dans des barriques de chêne américain et qui se boit pur, ou malheureusement avec du tonique ou pire avec du coca !DSC04625 Nous avons bu un cocktail délicieux à base de Pisco et de jus de citron sucré. Deux Argentins visitant comme nous, proposent que nous déjeunions sur place dans le ravissant et reposant jardin du restaurant Mistral ( très bon). C’est la charmante Sylvie qui nous bichonne.

Après quoi Bruno reprend (hips) tout de même la conduite pour grimper au bout du bout de la vallée, en pleine chaleur par un ciel bleu azur intense : il assure ! Il règne ici une torpeur à la fois reposante et enchanteresse.

Nous redescendons de Pisco le soir même, traversant Montegrande ou est allée à l’école Gabriela Mistral (1889-1957), poétesse et 1er Prix Nobel de littérature, véritable icône du bourg de Vicuna.DSC04718

Nous remontons ensuite la vallée des étoiles de plus en plus resserrée, pelée et sauvage, au-delà des dernières vignes qui s’étagent decrescendo derrière nous.DSC04735

Nous dormons à la frontière Chilienne (fermée la nuit), à la jonction de 2 torrents dont l’un est blanc et l’autre, jaune ocre foncé (!) au lieu dit Juntas de Torro (2080m).

En effet nous avons pris la décisions de tenter le Paso Agua Negra à 4769m afin de repasser en Argentine.DSC04773

Cette piste de caillasses entre les 2 pays commence par une belle rencontre

puis par des passages en gros travaux.

Nous la faisons en une journée sans même prendre le temps de déjeuner pour ne pas risquer de passer la nuit à cette altitude. Elle est à elle seule tout un voyage… incroyable, surprenant, délicat, nécessitant une grande attention pour la conduite le long de ravins vertigineux, le plus haut, le plus fou, et… le plus saisissant de beauté que nous n’ayons encore jamais fait…pratiquement SEULS.

Passage délicat en raison des cailloux qui tombent et des rétrécissements assez dangereux tandis que les bords de piste s’enfoncent à pic dans une eau insondable.

Plus on grimpe, plus il est impossible de savoir ou nous emmène cette piste le long des ruisseaux gelés…

…entre les névés acérés comme des lames de couteaux…

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…et où se trouve ce fameux col.

A son approche, des rafales de vents violents nous projettent des petits cailloux sur le véhicule, que nos appareils photos n’apprécient guère lorsqu’on ose ouvrir nos fenêtres.

Et arrivant enfin en haut à 4769m, la force de ce vent redouble.

DSC05053 2017-04-08 frontière argentine4769m

 

Nous préférons ne pas nous y attarder et commençons la descente en lacets sur l’autre versant.

Au bout de quelques kilomètres, nous lisons ce panneau:

Ce retour à la  » civilisation  » est presque irréel : nous revenons sur terre chez les hommes! Puis une excellente route , enfin, en descente constante DSC05159nous conduit droit à la douane Argentine.DSC05164 douane argentine

CHILI VERT : carretera australe – île de Chiloé – Araucania

Chili vert du 13 au 25 mars 2017

Nous revenons au Chili le 13 Mars par la toute petite frontière de Balmaceda, après 100km de piste poussiéreuse et éprouvante.263 2017-03-13 CHILI

Sitôt passée la douane, c’est l’heureux choc : une route de qualité, un aéroport ( tout à fait incongru alors que nous sortons d’une zone désertique), et surtout, de la verdure.

Des villages s’épanouissent autour d’une ou plusieurs petites églises.

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Très vite, nous rejoignons la carretera australe, partie sud de la Pan’américaine qui remonte jusqu’à Anchorage en Alaska. C’est notre fil conducteur tout au long de ce voyage.

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Coihaique se situe dans une région qui nous rappelle tout à fait la Suisse.

Plantes fleuries identiques à chez nous, et framboisiers, pommiers, pruniers, cerisiers entre autres. Nous voici en Europe, ou  presque, ce qui est totalement inattendu pour nous.

Une petite halte nuit dans une impasse nous permet de faire la connaissance de Patricia et de déguster ses délicieux gâteaux et pains fabriqués dans sa boutique.

Nous apprécions cette rencontre sympathique et ce long moment partagé dans notre camping-car. Javier, quant à lui, nous dépanne gentiment pour notre bouteille de gaz vide.

294 2017-03-14 javier gaz gasco dépannage

Nous suivons la vallée du Rio Simpson, découvrant une végétation très luxuriante à flan de rochers, de multiples cascades et des prairies très vertes d’où émergent des rochers karstiques en pain de sucre nous rappelant le sud thaïlandais.

Ces sous-bois et bords de route sont envahis de « fire-bushs « , de massifs de fushias à petites fleurs, garde-manger des minuscules et si rapides colibris, de grandes fougères et de bambous chiliens, et partout, de grandes feuilles allant jusqu’à 2m de large ou plus, qui ressemblent à de la rhubarbe. Mais les tiges sont couvertes d’épines.

La forêt est dense et les arbres très hauts.

Au fond de fjords tranquilles se trouvent de petits ports de pêche où la plupart des maisons sont en bois.

Les cheminées fument déjà car on sent que l’automne approche. Les enfants ont repris le chemin de l’école.

311 2017-03-14 écolières en uniforme

Route neuve à Puerto Cisnès, village de pêcheurs où un colon allemand avait fondé une scierie au 19è.

La carretera australe se mue alors en piste.

Nous sommes dans le parc Queulat dominé par le glacier Colgante que nous apercevons entre les failles de la montagne et nous nous arrêtons au « bois enchanté » dont le nom nous fait déjà rêver. Le sentier boueux s’enfonce dans un enchevêtrement d’arbres et de troncs recouverts de mousses vert fluo et de lichens pendouillant. Sous-bois digne d’Alice au pays des Merveilles gorgé d’humidité. On passe au milieu de très hautes fougères, de fushias fleuris, et le sentier grimpe encore plus fort empruntant le lit de petits torrents à sec jusqu’à un lac rond, vert, alimenté par une cascade tombant d’un glacier.

Un peu beaucoup épuisés, c’est là que nous rencontrons Guy (« gaï »), un autostoppeur adorable.

Nous l’amenons plus au nord, ainsi que Felipe, un étudiant Chilien de 17 ans, parti seul au sud pendant ses vacances.

345 2017-03-16 les mêmes

Nos longues discussions, tandis que Bruno zigzague sur une piste en travaux, nous enrichissent mutuellement.

Nous allons de fjords en lacs bleus, admirant de beaux sommets enneigés ou des glaciers étincelants, à chaque trouée de vallée.

Le camping-car bleu n’est pas loin non plus : nous nous croisons parfois, partageant des haltes tranquilles

et finissons ensemble notre périple à Chaiten, bourgade entourée de volcans.

Le Corcovado au sud (2300m), se dresse solitaire tel le Cervin suisse !

383 2017-03-16 boue de l'éruption

Le volcan Chaiten est, lui, un  » gros fumeur « ,

qui en Février 2008 a explosé, créant un nuage de cendres de 30 km de haut, recouvrant toute cette belle région des Parcs. Puis des lahrs ont noyé la ville sous un mètre de boue. La plage n’est plus qu’agglomérat de troncs et de boue séchée sur plusieurs kilomètres. 442 2017-03-17Le village a été réinvesti dès 2010 par de nombreux habitants, certaines maisons étant excavées de la boue pour être reconstruites.

Mais Chaiten reste une ville de passage ferry pour l’île de Chiloé qui lui fait face.

Si nous regrettons de n’avoir pas eu assez de temps pour explorer les magnifiques parcs, nous optons cependant pour l’ascension TRES PENTUE du volcan Chaiten (1122m).

Elle se révèle épuisante, en plein soleil, les arbres faisant place à de simples troncs morts ravagés par l’éruption.

Il nous faut 3 heures d’ascension et de multiples arrêts où nous trouvons de l’obsidienne, pour atteindre la caldéra d’où émergent 2 gros cônes à pic nous dominant.

Et tandis que nous y sommes seuls, admirant la vue, il se met à fumer de plus en plus : IMPRESSIONNANT …!

Mais rien d’alarmant. Les sommets qui l’entourent ressemblent à des tatous dont les poils seraient les troncs d’arbres morts.

Pourtant la région revit avec le Parc Pumalin tout autour, les lacs et le sommet enneigé du volcan Minchimahuida (2404m).

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Nous prenons le ferry en même temps qu’Etienne, Amélie et leurs 2 enfants.447 2017-03-18 La mer est d’huile, mais hélas, sans que les dauphins ou les lions de mer aperçus à la ravissante plage de sable noir de Santa Barbara, où nous avons dormi, ne suivent le bateau.

La traversée se fait tranquillement en 4h30, nous laissant le temps de faire la connaissance de voyageurs Argentins ou de Fred, un Américain sympathique qui nous laisse ses coordonnées pour la suite de notre voyage et qui part d’îles en îles vers le sud.

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Nous arrivons à Quellon tout ébahis  » mais, c’est la Bretagne, ici !!! « .

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Petit port de pêche à l’extrémité d’une vaste baie, c’est de là que part la …. « Pan’Americaine « , cette route mythique s’il en est, fil conducteur de notre voyage.

Même si les maisons en bois coloré…

…ainsi que toutes  ces petites églises dont 16 sont inscrites au Patrimoine Mondial de l’Unesco, font le charme de cette île de 200km par 50, tout ici nous ramène en Europe : Morbihan pour les criques bordées de sentiers, Normandie pour les prairies parsemées de pommiers et de vaches laitières, Allemagne pour le style des grosses maisons en bois du 19è, voire les Vosges pour les eucalyptus qui se confondent de loin avec des sapins.

L’attrait de la mer nous attire à Cucao sur le Pacifique. « Enfin ! le voici cet océan que nous n’avions pas encore vu (ici) !  » Il ressemble tout à fait aux côtes nord-ouest américaines : brume de mer sur un flot ininterrompu de grosses vagues, fort vent et longue plage sur laquelle les gens viennent en 4X4.

601 2017-03-18

C’est très sauvage mais bordé curieusement de prairies entourées de haies de mûres (délicieuses !!!), avec vaches et moutons, et bien sûr aussi de parcs naturels. Les touristes n’ont que l’embarras du choix – comme partout – pour louer des cabanas et profiter de la nature vierge.

Nous avons hâte aussi de découvrir l’est, riant encore d’avoir retrouvé Etienne et Amélie garés tranquillement et bien cachés pour la nuit derrière une dune.

Une multitude de petits ports tranquilles s’égrennent. Ils y ont des fermes piscicoles et font du ramassage d’algues à destination des sushis japonnais.

C’est aussi de Chiloé qu’ont été importés en Europe des plants de pomme de terre. Les voici en pleine récolte.

DSC03331 recolte de patates

Nous faisons le circuit des églises par des petites route tournicottantes parfois très très pentues.

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Castro, la  » capitale « , ne nous ayant guère inspirés malgré ses  » palafitos  » (maisons de pêcheurs sur pilotis ),

nous passons un bon moment à Quemchi à observer les oiseaux pêchant de grosses moules entre la côte et l’ilot Aucar que le poète Francisco Coloan, né dans ce village à surnommé  » la isla de las almas navegantes « . Une chapelle, un petit cimetière et un jardin botanique en font un lieu de rassemblement religieux, mais aussi, bien paisible.

Nous remontons ensuite vers le Pacifique où une très jolie côte rocheuse abrite sur un îlot une colonie de manchots. Hélas à cette époque, il n’en reste que 5. A la place, nous observons de près des condors et restons sur la délicieuse plage de Punihuil sur laquelle il faut passer à gué une petite rivière puis rouler avant d’atteindre le coin des pêcheurs.

Une seule nuit sur place nous a semblé bien insuffisante. Nous repartons vers le nord et la courte traversée en bac secoue un peu son chargement de camions très proches de notre camping-car. Bruno n’est pas vraiment serein car rien n’est arrimé !

Toute la chaîne des Andes nous apparaît au loin ensoleillée et enneigée !

FormatFactoryDSC03296 baie vers puerto montt

Nous avons hâte d’aller voir de près ces volcans plus ou moins en activité : Osorno, Villarica, Lanin…

La région est parsemée de grands lacs, de parcs et de stations thermales aux eaux chaudes. Evitant Puerto Montt, nous filons à Puerto Varas en bordure du lac de Llanquihue Cette fois, nous quittons la Patagonie et pénétrons dans une partie chilienne où vivait le peuple Mapuche (  » les gens de la terre  » ), environ  500 à 600 ans avant JC. Les descendants sont assez présents préservant leur culture ancestrale à travers l’art culinaire et des manifestations locales.

A Puerto Varas, nous sommes surpris de découvrir une église de style allemand et une petite station balnéaire très européenne.

Elle a été créée par des colons allemands au 19è, qui , comme plus au sud, s’étaient installés sur cette côte, défrichant la forêt dense pour y installer des fermes, et quelques entreprises artisanales. D’autres Allemands les ont rejoint au 20è …!

Au passage, nous recroisons rapidement Etienne et Amélie, mais cette fois-ci, nos routes se séparent.

Le joli lac est dominé à l’est par le délicat volcan Osorno qui ressemble au Fuji-Yama.

Non loin sur le lac, le village de Frutillar semble un des musts d’après les Chiliens .

Un centre culturel très actif, de ravissantes demeures du 19è faisant hostellerie, des chalets, des jardins soignés et fleuris… tout incite à y rester. Mais ici, les camping-cars ne peuvent stationner pour la nuit. Nous longeons les rives du lac, découvrant quantité de très grosses maisons en bois de style allemand. Et même UN, l’unique,  » château  » en bois du 19è avec sa ferme et son allée de tilleuls.

Les propriétés très cossues, sont entourées de domaines agricoles tellement européanisés qu’on en oublie que nous sommes au bord des Andes (mise à part les perroquets et les eucalyptus).

Nous faisons ensuite une halte blog devant la gendarmerie à Lago Ranco. Sa mise à jour relève souvent d’un véritable casse-tête pour trouver un réseau wifi qui ne coupe pas sans arrêt : d’où notre retard constant !

Les rives de ce lac aux eaux limpides sont aménagées pour la promenade et très agréablement fleuries. Il y règne aussi une douceur de vivre…peut-être aussi parce que les écoliers ont repris les cours…ce que nous apprécions pleinement. Les hortensias bleus à côté des mandariniers nous étonnent, comme toute la diversité de la flore à la fois australe, méditerranéenne et continentale…nous sommes séduits.

Hélas, le lendemain, les nuages nous incitent à partir et nous allons vers Valdivia à l’ouest, puis Niebla, tout petit port de pêche à l’embouchure du rio de Valdivia.

Au-delà, la côte tombe à pic dans le Pacifique. Quelques villages se sont établis dans des criques sablonneuses et tranquilles, mais difficilement atteignables en camping-car. Un énorme fog nous chasse de ce secteur .

Nous faisons la connaissance ,de camping-caristes colombiens croisés parfois dans le sud Judi , Heri et leur grand fils. Ils font un tour d’Amérique du sud. Nous espérons les retrouver plus tard à Medellin chez eux !

Revenus sur Valdivia, nous nous arrêtons dans une fabrique de bière allemande pour la dégustation d’un bon gros repas terminé par une glace ….à la bière…

Valdivia est entourée de rivières où des quantités de Chiliens pratiquent l’aviron. La présence allemande est encore très forte ici aussi.DSC03421

Notre route se poursuit vers le lac de Villarica où sont établis les gros bourgs du même nom et de Pucon, dominés par le volcan….Villarica, bien sûr. Il est l’attrait n°1 de cette région, et on nous a dit qu’il fumait, celui-là aussi, ce que nous ne verrons pas car il est caché dans les nuages. Villarica est une petite ville calme, dynamique, touristique et sportive.

Bonne halte reposante en camping-car, au bord d’un lac limpide regorgeant d’écrevisses qui font le bonheur des oiseaux. Pucon, ne nous a pas attirés. Si ce bourg est le paradis des amateurs de treks et des alpiniste grimpant à la caldéra du volcan, c’est aussi le royaume des chalets  » chicos  » à la mode suisse. Et comme un peu partout, les bords du lac sont une fois de plus privatisés, empêchant toute vue lorsqu’on le longe en voiture. Quel dommage !

Nous voici arrivés dans la région d’Araucanie – cité par Jules Verne – et dont le nom est d’origine Quetchua. Araucanien signifie  » guerrier brave « . De fait la capitale de région , Temuco, a été créée  sous la forme d’une forteresse par les envahisseurs espagnols en  1881 pour résister aux attaques des Mapuches qui s’étaient déjà heurtés aux envahisseurs incas, les faisant fuir.

En suivant une excellente route, nous découvrons avec bonheur les célèbres forêts        d’araucarias, sortes de sapins dinosaures puisqu’ils couvraient cette région il y a 225 millions d’années. Ils ont un port vraiment majestueux, un tronc qui ferait penser à un pied d’éléphant garni d’écailles de crocodile et des branches composées d’écailles piquantes… à chacun d’imaginer ! Ces forêts sont extraordinaires, protégées et uniques.

Quant à nous, à peine passée la douane argentine, nous retrouvons…..LA PISTE…

côté argentin

…et dormons dans des taillis, royaume des lapins, au pied du volcan Lanin (3776m) qui nous montre quelque temps son sommet avant de disparaître dans les nuages.

 

Petit bonus et grandes rencontres…