PEROU : de Chachapoyas à la frontière équatorienne du 31 octobre au 9 novembre 2017

Nous descendons de vallées en vallées plutôt propres, aux montagnes toujours couvertes de cactus et agaves, dans une végétation tropicale le long de torrents qui iront rejoindre l’Amazone.

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Des quantités de cascades, dont celle de Gocta (771m), une des plus hautes du monde font le charme de cette région. Mais à cette époque, beaucoup sont taries exceptée celle à l’odeur sulfureuse près de laquelle nous déjeunons.DSCN5561

Les nombreuses rizières aux récoltes décalées nous enchantent par leurs couleurs contrastées.

Mais il fait de plus en plus chaud, et la nuitée aux thermes d’Almendral avec bain privatif d’eau ferrugineuse (38°), ne nous soulage pas vraiment.P1120009

La source d’eau sulfureuse à plus de 50° ne nous tente pas vraiment.DSCN5623

Ce n’est qu’après avoir retrouvé verdure et douceur depuis le col de Porcuya (2136m) qu’on revit. Pourtant l’arrivée sur le nord- ouest avec son désert d’épineux n’a rien d’idyllique.

Ayant entendu dire que le nord Pérou n’est pas très  » sécurit « , nous sommes soulagés de pouvoir faire une halte dans un camping à Piura. Il est particulièrement joli et agréable, et mériterait qu’on s’y attarde.

A Piura, le 1er Novembre, jour de La Toussaint, nous assistons à une belle tradition du nord du Pérou, celle d’aller fleurir les cimetières dont certains sont une immense pelouse plantée d’arbres et d’arbustes fleuris, parsemée de gros bouquets multicolores. Les gens allument une petite lumière sur chaque tombe pour toute la nuit, puis y viennent pique-niquer en famille le lendemain.

C’est une véritable fête sur le lieu même du cimetière que ne manquent pas les marchands ambulants.

La Panaméricaine entre Piura et la côte est dans état épouvantable, ce que personne ne nous avait signalé : trous profonds qu’on découvre au moment où on arrive dessus, déformations en tous genres, cahots. Chaque véhicule zigzague, si bien qu’il n’y a plus aucune règle de conduite. Le plus  » culotté  » passe à droite ou à gauche, ce qui une fois de plus entraîne une tension extrême de tous les instants.

La côte nord Pérou est réputée pour les passages de baleines et ses spots de nidification de tortues. Au petit port de Nuro..

..celles-ci viennent nombreuses dévorer les entrailles des thons et espadons que les pêcheurs leur offrent chaque jour, tandis que pélicans et frégates se disputent les restes.

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On peut même se mettre à l’eau pour nager avec elles, mais elle est trop trouble et nous y renonçons. Vraiment dommage !

En repartant nous longeons de nombreux puits de pétrole et de gaz fréquents dans cette région, preuve de la richesse du sous-sol péruvien.

La petite station balnéaire de Mancora que nous avions hâte de découvrir suite aux commentaires élogieux de Nat. et Jean, ces grands voyageurs que nous admirons, nous déçoit. Beaucoup de monde et d’étrangers dans des rues sales, bruyantes et poussiéreuses, avec un vent assez violent et des baleines …qui viennent tout juste de repartir vers le sud.

Le désert reste hostile ici aussi et les villages sont très sommaires.DSCN5776.jpg

C’est donc avec soulagement que, remontant plus au nord vers Tumbès, nous venons souffler au camping  » Swiss Wassi  » près de Zorritos. Nous sommes garés à 2m d’une plage de sable clair, plutôt propre, et entre des cocotiers. L’eau est chaude, enfin !…et nous sommes seuls une fois de plus…

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…avec les crabes oranges et un fou à pattes bleuesP1120103

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Seul petit problème, échoués sur la plage, des micro-organismes bleus ressemblant à des petites méduses, ce sont des voiles portuguaises ou Physalia physalis, nous inquiètent car ces charmantes bestioles peuvent être mortelles dans certains cas…Bruno se baigne avec attention.

Nous voyons aussi d’autres prédateurs…pauvre tortue!

 

La frontière avec l’Equateur n’est qu’à 2 heures de route.DSCN5806

 

Petit bilan péruvien :

Pays étonnant, changeant mais toujours renouvelé, le Pérou est assez peuplé et encore très rural. Il n’a manifestement pas conscience de ses possibilités, sans doute par manque d’éducation et peut-être en raison d’une nonchalance omniprésente qui n’incite pas de nombreux péruviens à prévoir l’avenir, ni même le lendemain.

Pourtant c’est un pays riche: en matières premières (pétrole, minerais et gaz),mais aussi

  • riche en produits agricoles (fruits tropicaux, maïs, riz, pommes de terre..)
  • riche en traditions et costumes colorés (dont des chapeaux magnifiques et variés)
  • riche dans la diversité de ses sites historiques ( dont certains sont vieux de 10000 ans). Il n’y a pas que le Machu Picchu, Cusco ou Nazca, car Choquequirao, Kuelap, pourraient devenir aussi renommés si la volonté politique s’intéressait à une bonne gestion de ce patrimoine unique.
  • riche en sites géographiques comme le merveilleux lac Titicaca, les canyons de Colca et del Pato, les montagnes aux 7 couleurs, les régions Amazoniennes, tout comme la majestueuse Cordillera Blanca

Nous avons rencontré des gens très accueillants et souriants, heureux de vivre, et curieux de nous rencontrer.

Le pays est très grand et on oublie que sa partie amazonienne est immense. La bande côtière, désertique en grande partie, nous a vraiment surpris, sans nous plaire vraiment. Hormis quelques sites historiques et la célèbre Nazca, nous en avons déploré les détritus omniprésents et la pauvreté latente.

Nous avons été frappés par la densité incroyable de montagnes vertes, ocres, multicolores, sablonneuses dominées par les neiges éternelles de la Cordillère Blanche. Les routes en suivent les contours sur des kilomètres par des pentes parfois très périlleuses, le long d’à pics vertigineux. Que de roches prêtes à dégringoler à tout moment !

Tremblements de terre, avalanches de boue et inondations se produisent régulièrement, détruisant villages, moyens de communication, et…vies humaines.

Néanmoins ce pays nous a beaucoup plu et nous y avons fait quelques magnifiques et inoubliables rencontres.

 

 

 

PEROU : de Cajamarca à Chachapoyas du 26 au 31 octobre

Lors du mois d’Octobre, nous roulons beaucoup, empruntant souvent des tronçons de route soit en très très mauvais état, soit longs, étroits, sinueux, et parfois vertigineux. Autant dire qu’on ne compte pas en kilomètres, mais en temps passé à circuler.

C’est dire aussi que nos rencontres avec les locaux sont brèves et éphémères.

Certaines sont bien épineuses et spectaculaires.

Néanmoins, chaque jour nous amène son lot de bonheurs insoupçonnés, souvent simples mais inoubliables, et beaucoup de sourires échangés.

Ainsi nous faisons une halte à Cajamarca, dans le jardin-camping de Ricardo, père de 3 filles, bien sympathique et de bon conseil.DSCN5186.jpg

La ville n’est pas désagréable, mais même sa tradition de fabrication de fromages (pâte cuite) ne nous retient, pas plus que ses sucreries.DSCN5139 cajamarca

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C’est sur la place centrale de Cajamarca que le dernier Inca Atahualpa s’est fait prendre dans un guet-apens tendu par l’Espagnol Pizarro. Celui-ci malgré ses promesses et le versement d’une énorme rançon d’or et d’argent l’a fait exécuter par strangulation

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On aurait aimé visiter les environs de ce Pérou de moyenne montagne si différent, si vert et champêtre,…

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…avec ses nécropoles précolombiennes, son aqueduc taillé dans la pierre 1500 avant JC, mais la route qui nous attend est si longue et difficile qu’il nous faut partir.DSCN5246

En 2 jours nous nous rapprochons de l’Amazonie nord-Pérou. La chaleur cogne au sein des montagnes arides où poussent des bougainvilliers sauvages, des manguiers, cocotiers, et même cacaoyers.

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Cela nous surprend d’autant plus que , passé un col à 3600m, nous voici dans le  » Massif Central « , très vert, pluvieux, avec des prairies où paissent des vaches. Pérou incroyable, et si changeant !DSCN5357

Mais aussi quel bonheur d’être enfin dans un Pérou PROPRE aux jolies maisons.

Nous nous arrêtons à Leimabamba, …DSCN5362…où une panne de courant met tout le monde dehors, créant ainsi une sérieuse animation tardive dans le village. Les Péruviens savent faire la fête en toutes occasions, ce qui perturbe parfois nos nuits. Mieux vaut éviter de se garer sur la place de village, ce que nous faisons pourtant pour des questions de sécurité !DSCN5388

Le petit musée joliment fleuri…DSCN5384…a été conçu par les habitants du secteur. Il regroupe les découvertes faites sur la culture Chachapoya (  » guerriers des nuages  » du sud-est des Andes), ainsi que les objets et momies découverts dans une nécropole abritée sous des rochers inaccessibles, au-dessus du lac  » los condores « .P1110796

Ce peuple d’agriculteurs, d’artisans, d’artistes et d’herboristes, était relié aux autres régions par de nombreux chemins dont certains existent encore.DSCN5387

Le culte des morts fut sans doute le thème le plus important de leurs activités religieuses. Pour être momifiés, les corps étaient vidés de leurs entrailles, puis une fois secs, les squelettes étaient attachés en position foetale, et placés dans un carcan de planches ou de toile, où un visage stylisé était peint. Les animaux y passaient aussi.

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L’ensemble était rangé dans des sortes de maisons adossées à des abris rocheux, très souvent déjà occupés pendant la préhistoire comme en témoignent les peintures rupestres des parois.

Ces morts étaient entourés de céramiques, instruments de musique, colliers, masques en bois, petits sacs tricotés et autres objets de leur quotidien terrestre.

D’autres villages plaçaient leurs morts dans de drôles de sarcophages verticaux peints, de 2,50m de haut, faits de bambous, terre et bois.

De loin, on dirait un peu les statues de l’île de Pâques.DSCN5825

D’autres statuettes nous rappellent quelque chose…hein mon vieux Milou?P1110726

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C’est sous la pluie, chose assez rare dans ce voyage, que nous nous enfilons dans la vallée encaissée, dont les arbres sont recouverts de broméliacées et d’orchidées violettes.

Notre seule crainte reste le risque d’éboulement de ces montagnes totalement instables. Nous restons vigilant, au cas où…, et sommes impatients d’arriver à la fameuse forteresse de Kuelap, but de cette grosse boucle de plusieurs jours que nous avons entreprise. Pas de chance pour nous, le téléphérique tout neuf qui traverse une vallée pour rejoindre ce site d’altitude (3000m), est en maintenance…les lundis !DSCN5427

Cela nous oblige à faire un long détour par une piste constellée de trous et parfois bien étroite.

Nous mettons plus de trois heures quand le guide du routard n’en annonce qu’une ! Bruno ne sait même plus où faire passer ses pneus, et le pauvre camping-car en voit une fois de plus de toutes les couleurs. C’est très éprouvant, demandant une vigilance constante pour la conduite et mobilisant notre attention à tous les deux (comme d’habitude). Heureusement on n’y croise peu de camions et de 4×4.

Kuelap (500 à 1570 après JC), ville fortifiée Chachapoya, située en haut d’une montagne verdoyante, mesure environ 600m sur 100m et se prolonge par une enceinte non dégagée d’un kilomètre.DSCN5513

Le mur de la citadelle atteint 20m de haut par endroits, et est percée de 3 portes d’entrée étroites, d’où partent de  hauts escaliers très raides.

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Les remparts s’achèvent par une tour de guet.P1110878

S’il est à regretter que les travaux de restauration soient quasi arrêtés par manque de moyens financiers, il est certains que cette forteresse mériterait d’être aussi bien remise en valeur que l’a été le Machu Picchu. Elle est encore envahie de végétation.P1110892

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Les maisons en pierres de 5m de diamètre avaient une forme circulaire recouverte d’un toit de roseaux pointu, afin de mieux lutter contre le vent et la pluie. Au nombre de 400 pour la ville basse, elles devaient former un ensemble spectaculaire.P1110836

Bâties toutes sur le même modèle, on peut observer un coin surélevé pour la nuit, et à l’opposé, une grosse pierre pour écraser les grains, une sorte de canal en pierres pour garder les  » cuyes », et dans le sol, un trou maçonné pour stocker les aliments, qui plus tard servira de tombe après la fin de cette civilisation.DSCN5481

 

Les maisons des guerriers sont beaucoup plus spartiates et ne disposent pas des aménagements pour la vie quotidienne. On les trouve aux extrémités de la citadelle.

Seules les maisons des élites, en partie haute, bénéficient de décorations symbolisant le serpent…

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…ou l’homme (bâton en pierre au centre du losange hi hi…) et la femme ( à côté bien sûr!).DSCN5475

Le temple (il y en avait deux à cette époque), est un monument tout à fait exceptionnel : il mesure 5m de haut et 13,50m de diamètre et il est appelé  » tintero « (encrier), sans doute en raison de sa forme, car la base est plus étroite que la partie supérieure, et qu’il contient une structure creuse en son centre accessible exclusivement par le haut et où étaient disposées les offrandes. On y a même retrouvé des ossements humains.

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Les Chachapoyas ont été envahis par les Incas parce que leur territoire donnait accès à d’importants produits pour leurs usages rituels (plumes, coton, coca, etc…). Aussi ont-ils fait alliance avec les Espagnols pour se libérer des Incas. Pourtant leur civilisation a fini par disparaître, à la suite d’une politique de déplacement des populations imposée d’abord par les Incas, puis par les Espagnols. Tout compte fait, cette visite commentée par une femme du village qui se dit  » guide  » nous déçoit un peu en raison de ses faibles explications, et de l’état actuel du site à demi en chantier.

Bien restauré, ce pourrait être fantastique avec en prime la spectaculaire montée en téléphérique ( sauf les lundis, bien sûr !).

Toute la région, aux fleurs si variées, est truffée de villages et mausolées ( « chullpas ») Chachapoyas – installés dans des cavités rocheuses quasi inaccessibles -, mais qui méritent le détour.

Hélas les pistes d’accès sont si mauvaises (aucun Péruvien n’aurait l’idée de combler tous les trous devant chez lui), que, dégoutés, fatigués, nous repartons rapidement vers l’ouest, sans même monter voir les sarcophages de Karajia accrochés à flanc de falaise. On aurait pu prendre un taxi, mais faute d’endroit sécurisé, nous ne voulions pas prendre le risque de retrouver notre véhicule cambriolé, ce qui est arrivé à d’autres.

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Une petite halte rapide dans la ville de Chachapoyas (2335m), nous permet tout de même de visiter un intéressant petit musée,…

…de goûter à son animation..P1110999

… et d’y faire des rencontres!

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PEROU : sur la côte, de Trujillo à Chiclayo, les sites archéologiques Moches du 21 au 25 octobre 2017

Si les longues plages de sable et de galets, alternant avec des falaises sablonneuses, ont peu d’intérêt, c’est parce qu’elles sont couvertes d’ordures et/ou de gravas, comme presque partout le long de la Panaméricaine et dans les villages côtiers.

Néanmoins, la station balnéaire de Huanchaco, paradis des surfeurs, échappe à ce désastre.

Ici les pêcheurs utilisent des barques en  » totoras « , sortes de kayaks de 5m de long, fabriqués en roseaux. Construits en 3 heures, ils sont périmés en un mois car imbibés d’eau de mer. Ces barques existaient déjà du temps des  » Moches  » qui en avaient même de 10m de long.

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Trujillo …DSCN4838…fait office de grosse oasis dans le désert côtier et son centre ville colonial conserve des maisons colorées aux grilles en fer forgé, ainsi qu’une cathédrale jaune mangue, bien flashy, qui a été repeinte à neuf pour la prochaine visite du pape.

 

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Aux abords de Trujillo, la  » Huaca de la luna  » est un temple religieux et funéraire au pied d’une montagne sacrée, le Cerro Blanco.DSCN4918.jpg

C’est une ancienne pyramide datant de la période  » Moche  » (2è au 8è s. après JC).

Elle fait face à la  » Huaca del sol « , centre politico-administratif qui ne se visite pas n’ayant pas été fouillée faute d’argent.

Entre les deux pyramides était établi le village où vivaient les artisans les plus renommés.DSCN4867

Cette  » Huaca de la luna  »  construite sur 5 niveaux entièrement en briques( dont chacune était signée par la famille qui les avait fournies)…

…présente de superbes bas-reliefs polychromes de divinités, d’animaux et de figures géométriques. Le thème de la mer est constant avec des vagues , des poissons et des méduses. On y voit des poissons- chat jaunes aux yeux blancs, une tête humaine avec des dents de félin, entourée de vagues et de 4 raies, l’ensemble constituant la représentation d’un dieu de la montagne.DSCN4841

C’est très surprenant car tout est fabriqué en briques, sauf les nez en relief, qui sont armés d’un os de fémur.

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La place cérémoniale très colorée montre des danseurs et des musiciens, des guerriers, des prisonniers nus, des araignées, des serpents…P1110409DSCN4890

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Selon un calendrier cérémoniel particulier, à chaque changement de chef, les  » Moches  » rajoutaient un niveau ainsi qu’une paroi supplémentaire, ce qui enterrait totalement et définitivement le précédent. C’est pourquoi ces bas-reliefs ainsi que les tombes et les objets qui y étaient déposés, ont été si bien conservés, échappant en partie aux pilleurs.

La société Mochica était sophistiquée et très organisée. Le pouvoir politique était étroitement lié à la religion et à l’administration des ressources. Les prêtres, leaders de la société organisaient la vie dans la ville et le travail des artisans, très considérés car reconnus pour la finesse et la qualité de leur travail. Les prêtres contrôlaient architectes, ingénieurs, peintres, potiers, métallurgistes et orfèvres.

Cette société n’avait rien à envier aux Incas qui les ont suivis. Pour asseoir leur pourvoir, les prêtres ingéraient des substances leur permettant d’entrer en transe et de se dire en contact avec le monde supérieur et celui des morts.

Ils organisaient également des combats en choisissant dans les familles, de jeunes hommes de 18 à 30 ans. Ces joutes avaient pour objet de faire tomber d’un coup de massue le casque de   » l’ennemi « . Le vainqueur déshabillait alors totalement le vaincu, s’emparant de ses effets. Ce dernier était ensuite encordé au cou et parqué dans une pièces spéciale. Après lui avoir fait ingurgiter une décoction de cactus  » san pedro  » (au double effet hallucinogène et…petite pilule bleue !), il était conduit avec les autres vaincus devant le grand prêtre (  » sacerdote  » ), lors d’une grande cérémonie. C’est là que ce dernier lui tranchait la tête avec un simple couteau de cuivre arrondi, mais bien affûté, versant le sang dans une coupe pour, parfois le boire, ou plus généralement l’offrir aux dieux : le sang versé étant le symbole de la fertilité humaine à l’instar de l’eau au profit des cultures. Les ennemis des  » Moches  » subissaient bien sûr le même sort.P1110392P1110379

L’université de Trujillo qui gère le chantier a construit un musée exposant des quantités de céramiques toutes plus réalistes les unes que les autres, et d’une qualité exceptionnelle.

 

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Les  » Moches « , n’ayant pas d’écriture, comme les Incas, celles-ci avaient un rôle éducatif en raison des dessins contant les scènes de batailles ou de la vie courante. Qu’elles soient si bien conservées ou restaurées est tout à fait remarquable.P1120147

Nous sommes conquis par ces peuples guerriers mais aussi cultivés, qui échangeaient des marchandises avec le Chili et l’Equateur et qui étaient capables de réaliser des bijoux d’une très grande finesse comme ces boucles d’oreille ou encore cet « Atuendo », vêtement d’apparat.

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La côte recèle de très nombreuses pyramides dont beaucoup ne sont plus que des monticules de terre, hélas profanés de longue date. Mais les pillards ne peuvent parvenir au coeur des plus importantes qui restent donc inexplorées ( plus de 200 nous a-t-on dit).

 » El Brujo « , proche de la mer, se présente comme la  » Huaca de la luna « , mais avec des frises moins restaurées, mais non moins belles.

On y compte 7 niveaux et c’est à cet endroit que des archéologues ont trouvé la momie de la  » Dame de Cao  » dont les membres sont couverts de tatouages d’araignées et de serpents sans qu’ils en comprennent l’explication.P1110549

Agée de 20 à 25 ans, elle est morte en accouchant. Des experts anthropologues ont recréé son visage en cire à partir de son crâne.

De superbes objets ont été trouvés sur elle et dans sa tombe, prouvant son rang social élevé.

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Environ 200 km plus haut, au nord de Chiclayo, une ville aux rues sales et défoncées…DSCN5064.jpg… qui nous évoque l’horrible Juliaca du sud, nous trouvons avec difficulté, le musée pourtant réputé de  » las tumbas reales de Sipan  » à Lambayeque. Bien sûr, il n’y a ni noms de rues, ni panneaux indicateurs.

Ce musée est consacré au site funéraire pyramidal situé non loin à Sipan. Il s’agit des tombes du  » seigneur de Sipan  » , d’un  » Sacerdote  » (grand prêtre), et du « vieux seigneur  » (père ou grand père). Le contenu est d’une richesse incroyable et les archéologues ont réussi à restaurer une grande partie des objets destinés à accompagner ces morts prestigieux dans l’au-delà. Hélas le pauvre  » seigneur de Sipan  » gît désormais  » nu « , les os en petits morceaux dans un cercueil de verre !P1120218

Quel destin !!

Les  » Moches  » portaient d’imposantes boucles d’oreilles après avoir troué largement leurs lobes.

Et chose curieuse,  ils portaient des pinces à nez décoratives, sûrement peu pratiques pour se moucher !

Nous découvrons aussi l’utilisation de pinces à épiler…la barbe….P1110637

…de gros colliers en or, tous plus originaux, gros et raffinés les uns que les autres…

Les artisans  » Moches  » savaient fabriquer des visages en or creux, parfois avec des dents de félin et de coquillages incrustés d’une finesse inimaginable, des masques, des étendards…

 

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Les hommes portaient des pectoraux et des bracelets en fines perles de corail et/ou d’or et d’argent, de turquoises…

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Une seule perle fait 2mm de diamètre:

et des plaques en or pour protéger reins, hanches et coccyx.

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Nous n’en finissons pas d’admirer des objets magnifiques, de nouvelles céramiques,..

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… et la reconstitution grandeur nature des tombes ou de scènes de la vie quotidienne.P1120200.jpg

Le seul problème c’est l’interdiction de prendre des photos, c’est pourquoi nous achetons des livres illustrés à défaut de mieux, subjugués après plus de 3 heures de visite.

Un dernier musée nous conduit plus au nord à Ferrenafe, petit bourg aux rues aussi impraticables que les autres villes du secteur. Nous sommes seuls dans ce musée dédié à la civilisation Sican plus récente, du 8è au 14è s. après JC, et située vers Lambayeque.

Ici sont présentées des reconstitutions de la vie quotidienne, du travail des métallurgistes, des potiers et orfèvres et surtout des tombes qui se trouvaient dans des pyramides situées non loin…P1110645

Si les poteries sont moins raffinées que celles des  » Moches « , cette civilisation a disposé d’une bonne technologie en métallurgie, économie, agriculture et irrigation permettant de développer les cultures des vallées côtières déjà arides à cette époque, car  » el nino  » était déjà actif. Les scientifiques ont d’ailleurs démontré que pendant cette période avaient eu lieu d’importantes hausses de températures accompagnées de sécheresse, et là, on ne peut accuser la production de CO2 de nos usines et véhicules…P1110556.jpg

Les vitrines montrent aussi le riche contenu des tombes, mais le manque de moyens financiers  a limité les restaurations. Pourtant il y a de belles pièces comme ce  » gran tocado ceremonial « ,magnifique masque de cérémonie orné de 80 plumes d’or…

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…ou ces objets en or.

Pour remplacer le cuivre, ils ont inventé le bronze arsenical développant ainsi l’âge du bronze sur la côte nord du Pérou.

Leur civilisation a connu son apogée entre 900 et 1100 après JC, mais ils ont disparu à partir de 1375, conquis par les  » Chimus  » (12è-15ès). Ceux-ci étaient des techniciens hydrauliques expérimentés, et d’excellents cultivateurs. Leur capitale était Chan Chan à côté de Trujillo. (que nous n’avons pas pu visiter en raison de l’heure tardive de notre arrivée). Comme les autres peuples de ces régions, ils ont été conquis par les Incas avant que les Espagnols ne s’imposent au 16ès.

La tête remplie de toutes ces magnifiques images, nous repartons vers le sud, mais pour obliquer en direction des montagnes vers Cajamarca et Chachapoyas (région Amazonas).

 

 

 

PEROU : de Paracas à Huaraz du 6 au 10 octobre 2017

C’est le jour même de l’anniversaire de notre fille Caroline, que nous reprenons la Panaméricaine, bon présage.

La côte est surprenante, souvent très sale, et peu attirante en fait.DSCN3572 10-06 port paracas Si les embouchures de quelques rios sont cultivées – artichauts, asperges, maïs, fraises et canne à sucre notamment -, ce ne sont que des collines parfaitement pelées qui, comme à Paracas, ressemblent à des dunes de sable.

Sur le sol plutôt dur, de petites cabanes sont posées là, on ne sait comment, on ne sait pourquoi. Certaines habitées, d’autres abandonnées.DSCN3580.jpg

Quelques panneaux indiquent  » comunidad de … ». Sans doute y a-t-il eu un effort pour favoriser les plantations sur les dunes.DSCN3603.jpg

Mais le résultat n’y est pas.Hormis les quelques villages de vacances gardés, et verts,( y compris parfois avec des golfs !), tout est très très pauvre.

Dans ce désert, on longe d’immenses élevages de poulets en batterie, sous bâches. C’est très surprenant.DSCN3598 10 07 fermes avicoles.jpg

Au sud de Lima une immense dune abrupte borde la Panam’.c’est là que se vendent vins ( pas terribles ) et Piscos de la région. Bruno teste !DSCN3574 10-06 nord chincha alta.jpg

Nous faisons une halte d’un soir à Cerro Azul, village de surfeurs et bodybordeurs où des bandes de dauphins viennent parfois jouer avec eux.

C’est tranquille à cette saison, mais pas l’ombre d’un dauphin.

La brume tristounette et tenace a remplacé le chaud soleil de Paracas. Lima et sa région y baignent et, après 3 heures d’embouteillages et une vision réduite de cette capitale où l’on compte quelques tours modernes …

…et un Christ sur une dune en pleine ville,DSCN3605  10-07 christo et cimetière militaire.jpg

nous fuyons ces immenses zones urbaines, et sa banlieue polluée au plomb !

Quelques petites villes au nord de Lima ne sont pas en reste avec leurs plages poubelles DSCN3635 10-08 plage huacho halte petit dejalors nous quittons la côte au beau milieu des champs de canne à sucre…

…et après une zone encore désertique et pauvre…

…nous nous dirigeons vers la Cordillera Blanca en remontant une riante vallée couverte de cultures de manguiers, avocatiers, pêchers et pacayers (grosses gousses vertes).DSCN3660.jpg

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Comme toujours, la route monte imperceptiblement pour rejoindre un Altiplano frais, jaune et sauvage où se dessine la laguna Conococha sur fond de …nuages noirs !

Le temps est à l’orage et on a bien l’impression d’avancer dans la gueule du loup.DSCN3667  10-08 même endroit.jpg

Mais tournant en direction de Chavin, nous passons au travers, sans voir la moindre Cordillera Blanca. Cette route excellente monte à 4474m. Un tunnel nous conduit sur l’autre versant et la longue descente se transforme en piste alternant avec du vieux macadam plus ou moins roulant.DSCN3721.jpg

CHAVIN, remarquable sanctuaire datant de 1200 à 300 avant JC, mérite le détour. Il nous faut d’abord patienter une journée avant la visite,car le lundi, c’est fermé ! Nous faisons alors un aller-retour jusqu’à Huari plus à l’est, espérant y apercevoir les blancs sommets de plus près.

Mais cette route si pentue et parsemée de dos d’âne se poursuit par une si mauvaise piste que, découragés, nous faisons demi -tour. DSCN3683.jpgD’ailleurs les innombrables  » bumps  » ont raison de notre filtre à huile, qui, mal serré se met à fuir. Heureusement, Bruno,   » Monsieur Bricolage  » a  » la  » clé pour le resserrer, et cela nous évite de passer l’après-midi chez le petit mécano bouiboui du village ( ! ).

Chavin est un sanctuaire où les indiens venaient consulter les prêtres et  apporter des offrandes. Ce site a été choisi parce qu’il est exactement au confluent des rios  » Wacheqsa  » et   » Mosna « , et à un noeud stratégique des chemins d’échanges entre côte, montagnes, et selva amazonienne.Aujourd’hui, plusieurs chantiers de fouilles sont en cours car le site est très loin d’avoir révélé tous ses secrets.P1100604

Il s’agit d’un imposant  » castillo  » dont les murs mesurent 14m de haut. Antisismique, il est constitué de grosses pierres polies à la base surmontées de plus petites.

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Sur la façade une porte encadrée de deux colonnes circulaires. Sur chacune d’elles  un aigle est gravé, l’un avec des attributs masculins, l’autre, féminins. D’un côté les pierres sont claires, de l’autre foncées (le bien et le mal ).

Une très grande place destinée à l’accueil des indiens apportant leurs offrandes et servant aussi pour les banquets, fait face à ce  » castillo  » ainsi qu’une plus petite en hauteur.P1100629

Sur le côté, un peu plus haut, une place circulaire bordée de pierres gravées d’animaux, était destinée aux sacrifices et accessibles aux seuls initiés.P1100641

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Il semblerait que les archéologues aient retrouvé des ossements humains calcinés et/ou bouillis (beurk… !). Les Chavins auraient été  » canibales  » dans certaines circonstances.

L’un des intérêts majeur du site réside dans son réseau incroyable de galeries souterraines sous le   » Castillo « , conçues de manière très ordonnée et géométrique, utilisées pour la méditation des prêtres qui s’y éclairaient avec des pierres fluorescentes.Des escaliers menaient à ces pièces qui étaient dotées de longs couloirs d’aération.

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Des canaux souterrains de circulation d’eau venues de la montagne traversaient totalement le site avant de rejoindre le torrent.

Tout était pensé et conçu dans le but d’effrayer ou d’impressionner les indiens. Ainsi, une pierre gravée de 5m de haut en forme de poignard, était installée au point central de plusieurs galeries souterraines. C’est le  » Lanzon « . La mise en scène est stupéfiante.P1100643

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Ainsi également, les gros  » spondilus « , coquillages venus du nord du Pérou et de l’Equateur, gravés et utilisés comme trompettes.P1100746

Ainsi encore, des ouvertures à l’air libre pratiquées dans les canaux pentus, afin que le sifflement de l’eau y dévalant impressionne les indiens.P1100631

Tant que les prêtres ont été craints, le sanctuaire a bénéficié d’une grande renommée dans toute la région. Ceux-ci se droguaient avec du cactus  » san pedro  » (poussant dans la montagne ) ou des graines de  » willka « , psychotropes, leur permettant d’entrer en transe, sans oublier la chicha (alcool de maïs), et la coca. Dans cet état, ils prédisaient l’avenir, et  consultaient les astres grâce à une pierre creusée de plusieurs trous remplis d’eau, dans lesquels se reflétaient certaines constellations comme Orion.

Ils pratiquaient des sacrifices d’animaux, et plus rarement d’être humains, semble-t-il.

La muraille du gros  » Castillo « , admirablement bâti, était ornée d’une centaine de  » pierres-clés  » représentant des têtes humaines se transformant progressivement en animaux mythiques.P1100613

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Le but était d’éloigner les personnes à l’esprit mauvais nous dit notre excellent guide. On retrouve une bonne quantité des ces têtes dans le musée passionnant consacré au sanctuaire.P1100696

Y sont aussi présentées des poteries et des bijoux raffinés trouvés dans les fouilles, de gros coquillages sculptés…

 

…et un certain nombre de pierres gravées d’aigles, pumas, caïmans, anacondas, toutes  » divinités  » vénérées dans la culture Chavin.

Nous sommes ravis d’être venus visiter ce site extrêmement intéressant, conçu de manière très intelligente, et bien antérieur à la culture Inca.

Il a malheureusement périclité lorsque les prêtres ont perdu de leur prestige, et que les tremblements de terre l’ont ébranlé. Une grosse coulée de boue ancienne le submerge toujours en grande partie.

Sur la route du retour nous traversons de magnifiques paysages comme la laguna Querococha…DSCN3713 10-10.jpg

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…et le massif du Pongos (5680m).DSCN3737 10-10 ss doute pongos 5680.jpg

Mais c’est sur l’Altiplano  en direction de la vallée de Huaraz, plus grosse ville de la Cordillère Blanche, que nous apercevons subitement dans le rétroviseur l’insoupçonnable : la montagne du générique des films  » Paramount « , en personne  !!!!!!! si, si !!!! Nous restons scotchés…

…dans la brume pluvieuse qui l’entoure, il nous semble féérique et irréel.DSCN3740.jpg

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A l’aller, les montagnes étaient invisibles en raison des gros nuages noirs d’orage. Ce mont magique, choisi par la  » Paramount  » se nomme Shaqsha (5703m), bien que d’aucun pensent qu’il s’agit du Artesonraju ou même d’une montagne américaine. Mais nous pouvons tout à fait nous tromper.

On ne s’attendait pas à un tel spectacle.

Si Huaraz, la nouvelle, n’a plus d’intérêt historique à la suite de sa destruction par le tremblement de terre de 1970,

nous sommes fascinés par cette  » Cordillère Blanche   » de 180km que nous nous promettons d’explorer.DSCN3760 10-11 chaine huantsan

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PEROU : Cusco – Machu Pichu – Titicaca avec Guillaume et Aurélie du 10 au 22 septembre

Cusco est une ville ancienne qui bouge beaucoup et vit à fond la carte du tourisme. Nous en arpentons le centre à maintes reprises.

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Les week-end venté d’août, les familles viennent faire voler leur cerf-volant autour du Christo Blanco qui domine la ville. Il a été offert à la ville par des réfugiés européens de la dernière guerre, reconnaissants.

Mais c’est avec Guillaume et Aurélie venus nous rejoindre pour 12 jours, que nous en visitons l’essentiel autour de la  » Plaza de Armas « .DSCN1627 place des armes

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Chanceux, ils ont pu trouver une chambre dans l’hacienda jouxtant notre camping face à un pré où paissent lamas et alpagas.

Cusco,  » nombril  » en quechua, est le centre des quatre grandes provinces de l’Empire inca et en fut donc la capitale.Elle conserve énormément de fondations de cette époque, il y a 500 ans , sur lesquelles les Espagnoles sont venus construire leurs propres édifices. En somme, Cusco est un mélange impressionnant de murs aux énormes pierres lisses parfaitement emboitées, et d’élégantes maisons à colonnades pourvues de balcons en bois sculpté. L’ensemble est à la fois intéressant, harmonieux, aéré,… et très couru par les touristes.

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Mais la police veille, et il n’y a pas de problèmes.

On sent que les Péruviens sont très attachés à leurs racines Incas et Pré-Incas : honneur à la Pachamama…et à la coca !

Pourtant de nombreux couvents et églises sont répartis un peu partout. Néanmoins leur côté surchargé d’or, d’argent, de tableaux, de statues habillées de vêtements brodés d’or et de pierreries nous sature un peu. Trop c’est trop, surtout dans l’immense cathédrale.

Les Espagnols ont eu le toupet de construire leurs monuments religieux en lieu et place même des temples incas considérés comme impies, et ont donc beaucoup détruit.

Un musée nous plaît beaucoup, celui des arts pré-colombiens où l’on y trouve de magnifiques poteries, des bijoux en coquillages, en or, en argent… Bref une magnifique vitrine du savoir- faire des tribus Mochica, Chimus, Nazca (entre autres) qui ont précédé les Incas vers 1250 avant JC avant d’être plus tard conquis par eux.

Cette sobriété raffinée est extraordinaire.

Nous déambulons dans les rues animées avec grand intérêt, nous offrant quelques très bons diners au restaurant. Nous n’omettons pas non plus le Musée du Pisco, bar où cet alcool  typique du Pérou (région d’Ica, sud Lima), est présenté sous forme de coktails très variés.Le Pisco Sour (Pisco, sucre, citron et blanc d’oeuf) reste à notre avis un des meilleurs.

Voulant bien sûr aller au Machu Picchu, nous partons d’abrd dans la Vallée Sacrée en camping-car. Nous visitons Chinchero (3760m). Première approche de ces sites aux terrasses impeccables et harmonieuses. Nous descendons les 200 marches pour bénéficier d’une vue d’ensemble du site : petit entraînement pour le Machu Picchu.

L’église du 16è construite sur la place inca recèle des trésors…

…gardés par 4 personnes qui s’y relaient chaque nuit en dormant sur la tribune !P1080435

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Plus loin, nous descendons par une piste jusqu’au village de Maras, dont nous admirons les jolis linteaux de portes.

Les fameuses salines de Maras comptent plus de 3000 bassins alimentés par des petites rigoles d’eau salée. Elles ont été construites à flanc de montagne avant même l’époque Inca. On s’en servait notamment pour le processus de momification des corps. De nos jours, on y rencontre un secteur  » fleur de sel « , un autre  » sel rose  » et un troisième  » sel médicinal « . La vue d’ensemble est vraiment surprenante. On voit des hommes y travailler portant de gros sacs de sel sur leur dos et raclant les bassins.

Reprenant la piste nous allons voir 4 observatoires agronomiques très particuliers à Moray. Ce sont des terrasses circulaires épousant parfaitement le relief de la montagne. Au fond, les Incas y faisaient pousser du maïs (pleine chaleur et présence d’eau), à mi pente, des pommes de terre, et en haut, de la quinoa, le tout à titre expérimental. Ils testaient également des variétés d’arbres et de plantes d’Amazonie aujourd’hui disparus pour la plupart.P1080512

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Très ingénieux !

Nous passons la nuit à Ollantaytambo d’où part le confortable train de 6h pour le Machu Picchu, ce célèbre site redécouvert par l’ Américain H. Bingham en 1911.

Il s’enfonce lentement le long d’un rio dans une vallée profonde dont la végétation devient de plus en plus luxuriante. C’est à Aguas Calientes que nous descendons pour prendre un bus pour lequel il y a bien sûr la queue.

En une demi-heure, ce dernier nous monte au fameux site…envahi de touristes bien évidemment. Le guide réservé par notre agence, ne se présentant pas, nous filons innocemment grimper sur la plus haute montagne,  » la Montania « .

Les – parait-il – 2160 marches !!! bien hautes et irrégulières nous épuisent. C’est au bout d’une heure et demi à 3060m, que nous parvenons enfin, rouges et trempés, sur la corniche mirador d’où le Machu Picchu nous apparaît tout petit, perdu au milieu des montagnes avoisinantes.P1080551

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C’est un véritable exploit pour nos pauvres genoux, mais nous constatons avec fierté que des jeunes de 20 à 30 ans sont encore plus exténués que nous (euh, pas Guillaume et Aurélie). La descente est plus facile heureusement et nous visitons donc, sans guide, l’ensemble des ruines qui couvrent la montagne, avec des terrasses parfaites qui descendent dans la vallée.

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Ici devaient habiter environ 1200 personnes au temps de la splendeur du Machu Picchu. Tout était organisé pour vivre en autonomie, avec des canalisations pour récupérer l’eau des  pluies et arroser les multiples terrasses cultivées. Et pourtant c ‘est une ville inachevée, peut-être au profit de Choquequirao, qui signifie  » berceau de l’or « , une des rares cités à n’avoir jamais été découverte par les envahisseurs. Cette autre cité, dont les accès avaient alors été détruits par les Incas pour la préserver des envahisseurs, ne s’atteint aujourd’hui qu’à pied ou à dos de mule…un futur Machu Picchu  dit-on.

Le Machu Picchu se mérite et il faut du temps, même sans guide, pour en faire le tour, d’escalier en escalier et de ruelles en ruelles.

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Une seule porte d’enceinte…P1080585                                   …et trois places centrales.P1080588 Autour, différents temples, un tombeau royal en forme de fer à cheval, une maison dite  » de l’Inca « , des petites fontaines, et des maisons pour les activités artisanales et domestiques.

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A l’écart, le quartier des agriculteurs.DSCN2428

Les temples et, comme d’habitude, les maisons des notables, étaient particulièrement soignées : grosses pierres poncées, parfaitement jointives, tout à fait conforme au style inca.

 

Nous sommes émerveillés de découvrir un tel travail de la pierre, et surtout dans des lieux aussi hostiles sujets aux séismes.P1080612

Nous parcourons cette ville étonnante, découvrons l’intérieur de ces petites maisons dotées de niches en pierre, et bien sûr son temple du soleil dont les  » fenêtres  » sont orientées vers les solstices d’été et d’hiver, et la pierre à sacrifice.

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Puis, bien fatigués, refaisons une heure de queue pour redescendre en bus à la gare où le train  » Vistadom « , dans lequel les employés nous font un ridicule mais amusant défilé de mode, nous ramène à Ollantaytambo.

De là nous gagnons Urubamba en camping-car, suite de la Vallée des Incas.

La Vallée Sacrée est une boucle où les sites incas de plus ou moins grande taille se succèdent. Elle part de Cusco et remonte vers le nord.

Nous visitons Pisac (2800m) avec un guide érudit et intéressant.

Ici, outre toutes les terrasses habituelles, on y découvre une nécropole de 3000 corps enfouis dans une paroi de montagne en position foetale face au lever du soleil. Bien des tombes ont bien sûr été pillées, ce qui explique l’interdiction actuelle de s’en approcher.

Notre guide nous fait sentir des herbes médicinales et en particulier de la  » munia « , un mélange d’odeur de thym, d’eucalyptus, de camphre et de menthe, excellente notamment pour soigner les céphalées et les problèmes respiratoires. Elle servait aussi à boucher oreilles, nez et bouches des défunts pendant la momification afin d’éloigner les insectes. Ce site de Pisac était une place forte importante et très étendue tout autour d’une montagne, avec une zone agricole, des entrepôts, un temple du soleil et son calendrier solaire, et des zones d’habitations.

A quelques kilomètres, un petit zoo privé abrite des animaux rescapés d’accidents ou de maltraitance. Guillaume et Aurélie côtoient ainsi de près lamas aux yeux bleus, alpagas, vigognes, condors, pumas, ours à lunettes, ainsi qu’un chat sauvage et un chien péruvien dénué de poils, sans oublier quelques singes et perroquets.

Il y a tant à voir dans les environs de Cusco qu’il faut faire des choix. Nous visitons le grandiose sanctuaire  » Sacsayhuaman  » qui domine la vieille ville.

Les fortifications en pierre sont gigantesques et construites en zigzags pour contrer les ondes sismiques. Ici tout n’était qu’argent et or, à l’instar des trois tours qui en étaient recouvertes et mesuraient environ 20m de haut.

Certaines pierres dont les formes évoquent des lamas, serpents, condors et « cuyes » étaient aussi plaquées d’or.

Ce lieu de culte devait étinceler en tous sens, et a du éblouir les espagnols. Ils l’ont pillé, fondant le tout en lingots, et finissant même par tuer le dernier Empereur inca après que celui-ci eut payé sa propre rançon en or !

C’est toute la montagne qui recèle un travail de la pierre titanesque, avec des tunnels,des pierres à sacrifices ou des observatoires. Aujourd’hui les habitants y font ..du toboggan.

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Bien des zones n’ont pas encore été mises à jour, certaines habitées par des familles qui à vrai dire ne s’en soucient guère. Il faudrait des fonds énormes ( et improbables) pour tout sortir de l’oubli.

Chaque année de grandes reconstitutions y sont organisées, comme celle du culte de la Pachamama à laquelle nous avons assisté, en quechua, dans le quartier San Blas avec force distribution de feuilles de coca.